jeudi 16 octobre 2014

Suspendre

Suspendre : l'attacher de telle sorte qu'il ne porte sur rien (source : les internets)

La sensation étrange de vouloir tout suspendre, le temps, les objets, les êtres. Faire une indigestion de ce temps là, qui termine sa course, tout doucement.
Se remémorer chaque miette, chaque petite poussière des moments passés et se rendre compte qu'on ne tient déjà plus rien.

L'ambivalence perpétuelle, accepter de dire adieu à cette vie là, pour sauter dans une nouvelle. Aussi jolie, aussi remplie mais aussi différente que celle qui s'échappe déjà. Alors sur mon tapis roulant, qui lui avance quoi que je décide, j'essaye de tout attraper, mes bras sont trop petits, choisir m'est impossible.

La seule solution est d'accepter, me résigner, de ne pas tout garder, d'oublier certains souvenirs, certaines odeurs, certains moments. De faire du vide pour le prochain grand saut. Et j'ai hâte !

mercredi 1 octobre 2014

Journée mondiale de la contraception

Journée mondiale de la contraception : le 26 septembre on ne fête pas que les Damien, on parle aussi contraception. (source : le calendrier, pardi !)

Pourquoi faire une journée mondiale de la contraception ? Peut-être pour répondre à ce chiffre mondial: 42 millions d'IVG pratiqués dans le monde en 2003 (d'après Wikipédia) - et encore je suis loin d'être certaine d'avoir les chiffres exacts, l'info n'est pas facile à trouver.
Sur ces 42 millions et plus d'IVG, un bon nombre est pratiqué dans des conditions désastreuses qui dans le pire des cas, conduiront à la mort de ces femmes.
Alors même si l'IVG est un acquis (fragile) en France, une chance qu'il faut continuer à protéger, je ne souhaite à aucune femme, aucun couple, de ne pas pouvoir choisir. Et la meilleure façon de choisir, c'est encore de choisir sa contraception (c'est beau ce que je dis, hein ?).


sages-femme journée mondial de la contraception



À l'occasion de la journée mondiale de la contraception, j'ai été invitée à rencontrer les élus de l'Ordre des sages-femmes.
Autour d'un petit-déjeuner très convivial et intimiste, j'ai pu échanger avec chaque professionnel sur la pratique du métier de sage-femme mais aussi des parcours de chacunet de leurs visions du métier. Autant vous dire que je suis à deux doigts (et sans vilain jeu de mot) d'embarquer mon bac L en première année de médecine pour faire une école de sage-femme.

Avant de me lancer dans un petit retour sur cette 1ère édition des Matinées Santé, un petit point Julien Lepers. L'ordre des sages-femmes c'est ? Un organisme privé qui veille aux conditions d'exercice de la profession, dont la mission essentielle est de garantir la qualité des soins aux femmes et aux nouveau-nés. Autant vous dire qu'ils ne sont pas là pour rigoler hein !

*****

Au même titre qu'un gynécologue ou un médecin généraliste, une sage-femme peut accompagner une femme en bonne santé, tout au long de sa vie.
Que ce soit dans le suivi gynécologique, de sa contraception, de sa grossesse, de son accouchement, de la préparation de l'accouchement, des actes d'échographie, de la surveillance médicale des suites de couches (après la naissance), de l'allaitement, de la rééducation périnéo-sphinctérienne (non ne partez pas tout de suite, je sais que ça fait peur) et enfin de participer aux activités de la procréation médicalement assistée.

Et ben mes enfants, avec tout ça on est gâté, mieux qu'un couteau-suisse !

Dans tous les échanges qui ont eu lieu ce matin,  deux choses ressortent : le RESPECT et l'ÉCOUTE.
Des mots bateaux, des mots derrière lesquels on met une tonne de choses. Mais des mots qui manquent cruellement de sens pour beaucoup de professionnels de la santé, hélas.
Le respect c'est avant tout de regarder le patient comme un humain, avant qu'il ne soit qu'un bout d'utérus ou la résultante d'hormones très complexes. Le respect, c'est de ne pas ordonner  à une femme, après un vague "bonjour", de se mettre littéralement nue sur une table froide, les pieds dans des étriers et en avant cocotte que je m'occupe de réparer ta chaudière.

En parlant de respect et d'écoute, Agnès Ledig, sage-femme et écrivain, au sourire radieux, a évoqué le terme BERCER.

Bienvenue
Écoute
Renseignements
Choix éclairé
Explication
Retour

Un terme tout doux, qui en dit long sur l'intention d'une sage-femme pour sa patiente. Pour elle, un rendez-vous de suivi de contraception ou de suivi gynécologique ne peut pas durer 10 minutes, il faut un minimum de 30 minutes. C'est par la douceur, l'écoute et le respect que la sage-femme va gagner la confiance de la femme et lui laisser le choix de sa contraception, la rendre responsable. La relation de sage-femme à femme c'est une ouverture sur son intime, ses confidences, sa vie. Agnès Ledig dit très joliment "c'est un accompagnement global de la féminité".

Pour Marianne Bennoit Truong Canh, vice présidente de l'Ordre des sages-femme, la sage-femme est celle qui coordonne, permet la cohésion du système, la sage-femme va réagir, prévenir, aiguiller en cas de problème, avec les différents professionnels de la santé comme par exemple les gynécologues. C'est un travail d'équipe, une synergie !

Une sage-femme peut faire un suivi pour une patiente en bonne santé, ou aiguiller vers un gynécologue en cas de pathologie. Elle peut aussi, par exemple, en complément, suivre une femme pour des douleurs suite à une endométriose et la soulager par l'acupuncture si elle a fait une formation reconnue. Pour Christine Morin, sage-femme acupuncteur, c'est un métier qui pousse à la formation en continue, la remise en question, l'humilité, rien n'est acquis. Christine Morin a d'ailleurs fait une formation en gynécologie, psychologie et a passé un DIU d'acupuncture, je reste assez admirative par cette dynamique de l'apprentissage et du savoir !

Et les hommes  ?

Pendant cette matinale très féminine, un homme était de la partie, Alain Piquet, secrétaire général adjoint de l'Ordre des sages-femmes mais aussi un des premiers hommes à pousser la porte de l'école de sage-femme de Caen. À ma plus grande surprise, j'ai découvert que la formation de sage-femme a été ouverte aux hommes, seulement, en 1982 !

Alain Piquet est sage-femme depuis plus de 30 ans, il a travaillé et travaille encore sur tous les fronts, le suivi des femmes en bonne santé dans un centre périnatal, sage-femme dans une petite maternité de niveau 2 qui lui permet d'être en suivi de grossesse, en salle de naissance, en suite de couches mais aussi en consultation post-partum. Alors forcément une des questions évoquée était sur sa perception d'homme dans un milieu très féminin.
Pour lui les relations sont forcément différentes, et même s'il trouve ça injuste, on donne plus la confiance à un homme qu'à une femme. Que ce soit de la part de sa hiérarchie ou des couples. Même si d'après lui "la qualité d'une sage-femme c'est sa sensibilité, c'est pas une question de sexe".
Il faut être à l'écoute, dans une relation de confiance et dans un suivi de contraception on ne choisit pas à la place de la patiente ou du couple. C'est du conseil, on en revient au choix éclairé de notre BERCER.
C'est un métier où on donne beaucoup de soi, une passion et comme dit Alain Piquet "ça m'arrive de verser ma petite larme 30 ans après".

Mais le métier de sage-femme c'est aussi un manque de reconnaissance pour beaucoup de responsabilités, un discrédit de la profession bref pour certains c'est un sacerdoce et une lute permanente pour remettre la femme au centre de ce métier !

J'ai envie de conclure cette très belle rencontre avec les mots de Marie Josée Keller, présidente de l'Ordre des sages-femmes "Les barrières tombent et nous sommes témoins d'une intimité extraordinaire !".

Si vous cherchez des infos sur les différentes contraceptions hop, un site très bien fait  :
http://www.choisirsacontraception.fr/

Pour en savoir plus sur l'Ordre des sages-femmes : http://www.ordre-sages-femmes.fr

vendredi 8 août 2014

Ici

Ici : Il ne se passe rien (source : la météo locale)




J'avais absolument envie de faire un article pour informer le reste du monde qu'il ne se passe absolument rien dans ma vie.
Je ne peux absolument pas teaser sur ma vie (et pas tiser non plus d'ailleurs) ah si peut être vous dire qu'il m'arrive un truc de déglingo genre : je dois rappeler le 19 août pour faire un dossier d'inscription en crèche.
Mais je me rends compte que c'est foutu comme teasing parce que maintenant vous savez ce qu'il va se passer le 19 août dans ma vie.

J'ai aucune photos de pieds velus à poster sur Instagram. Je n'ai pas de piscine non plus. J'ai pas non plus de jolis objets décoratifs à vous montrer. Parfois je mange des trucs bons, mais par principe de vie normale, je me refuse de prendre ma bouffe en photo, sauf quand il reste plus rien dedans et que c'est moche.

Je pourrais bien vous faire partager mes lectures, mais alors ce sont des lectures tellement niaises avec un degré zéro de QI. Par exemple je viens de lire sur un machin de grossesse : "Pensez à bien vous laver les dents". Ah ba oui au cas où on deviendrait tellement conne enceinte qu'on penserait qu'une brosse à dents sert à se nettoyer le trou de bal. Heureusement qu'on vient de me rappeler de me laver les dents, ça fait 6 mois que j'avais pas fait.
Alors si quand même, y'a bien un livre qui vaut le coup dans tout ça, c'est un peu mon doudou "Pour une naissance heureuse" d'Isabelle Brabant.
En revanche j'ai pas du tout envie de vous faire un résumer. Mais si jamais vous pensez que vous avez oublié votre brosse à dents dans votre anus, comme moi, pensez à l'acheter, et n'ayez pas peur des illustrations poilues, ça vous fera du bien ce livre.

Bref, je n'ai absolument rien à partager avec le reste du monde, et d'ailleurs j'en ai absolument rien à fiche du reste du monde aussi. Je suis devenue un être qui n'aime plus personne, je vis enfermée chez moi, j'y suis tellement bien. J'ai appelé mon dernier enfant Sims, Orlando-Boom ReineDesNeige, et sincèrement je me suis jamais sentie aussi bien dans ma vie que maintenant.




Comme quoi pas besoin de s'inventer une vie, on sait qu'elle est pourrie.

Je vous embrasse bien fort.

Aubergine, divine aigrie.


dimanche 13 juillet 2014

Avoir la main verte

Avoir la main verte : Expression courante signifiant : savoir s'occuper d'une plante.  Au Quebec on dit avoir le pouce vert. (Source : les internets).


Je sais plus comment on en est venu à parler des cheveux longs d'Edward.

Peut être, parce que je venais de raconter mon épisode capillaire marocain. Avec le mec qui faisait pipi à un mètre de moi, pendant que sont copain, pris d'une violente inspiration artistique, m'a coupé les cheveux, comme on taille un arbuste.
J'ai d'ailleurs l'image du film d'Edward aux mains d'argent qui me vient. C'était vraiment ça, manquait plus que le sécateur.
"Vous voulez un brushing Madame ?"

OH BA NON JE VOUDRAIS PAS ABUSER DE VOTRE INSPIRATION CRÉATRICE.

Du coup j'avais un bel arbuste taillé comme une oeuvre d'art contemporaine sur la tête. La coiffeur qui a rattrapé ça, a bien rigolé : "Oh mais tu as un escalier dans les cheveux ! J'avais un sapin magique dans les cheveux, l'odeur de la vanille de chiotte en moins.

Bref, toujours est-il qu'on revenait de la plage, et qu'on a parlé des longs cheveux blonds d'Edward. Mais peut être parce que ma fille était en train de nous faire une thèse sur les vernis à ongles, qui sont que pour les filles. Je sais plus vraiment.

Edward c'était notre voisin. Mais alors essayez d'imaginer deux minutes la situation. Imaginez un village du sud de la Provence, composé de 30 habitants. Bon, imaginez maintenant, que ces habitants sont issus, pour la majorité, de deux familles. Deux familles qui se répartissent le village. Deux familles qui se font la guerre. Roméo et Juliette à côté c'est de la merde.
Donc chaque famille habite d'un côté de la rue du village, ils règlent leurs problèmes à la chasse ou à coups de fusil. Et ici t'avises pas de mettre ta poubelle à un mètre de son emplacement prévu. C'est un peu notre Ok Corral à nous, avec le shérif et tout et tout.

Et maintenant imaginez Edward, un homme d'1m90, anglais, fin comme un haricot vert, aux cheveux longs, blonds. Il met des paréos pour aller à la plage. Se met du vernis sur les pieds et les mains. Porte des chaussures à talon de temps en temps. Mais c'est un homme.

L'ovni du village, plus personne ne dit rien, tout le monde le regarde, en chuchotant chez soi toutes sortes de trucs sur lui.

Et moi dans tout ça je dois avoir 10 ans. Et je vois cet homme extravagant s'installer dans la petite maison qui donne sur notre jardin. D'ailleurs il faudra pas longtemps avant que ma mère décide d'installer une échelle dans le jardin, pour qu'on puisse chacun aller chez l'autre. C'est devenu le copain de la famille.
Il met des bouts de laine dans ses cheveux, des jupes, des talons, et du vernis. Mais c'est pas une femme. C'est totalement un homme, il a sa petite barbe blonde, ses muscles, il se cache pas derrière quelque chose. C'est un homme qui aime le vernis. D'ailleurs il a une petite copine. Elle est belle sa petite copine. Elle m'a prêté sa robe de toutes les couleurs pour aller au collège. Mais les garçons du collège ont tous dit que j'avais mis mon hamac.
Ils sont cons. Mais tellement cons. Du coup j'ose plus la mettre la robe. Et même si elle a fini par m'appartenir, je l'ai plus jamais remise.
J'avais pas envie qu'on se moque. C'est con.

Edward c'était notre copain de jeu, il était toujours content de nous voir frapper à sa fenêtre depuis notre échelle.
Même qu'une fois j'avais décidé de faire un reportage mode, avec une interview exclusive, il s'était prêté au jeu. Il avait mis des fleurs dans ses cheveux. Et je l'avait fait posé devant un arbuste, avec son vernis assorti aux fleurs dans ses cheveux, pour qu'on les voit bien Je dois toujours avoir ces photos quelque part.
On l'a aussi retrouvé à Londres, puis dans une maison perdue des Pyrénées. C'était le voisin extravagant. C'est devenu l'ami de la famille.

Je sais pas pourquoi je raconte tout ça. Peut être parce qu'en rencontrant Edward, j'ai découvert que le vernis sur les hommes ça pouvait être super viril.
Ou peut être qu'en me remémorant ce souvenir de jeunesse avec mon petit frère, qui se souvenait bien de lui, j'ai eu un petit brin de nostalgie.
Ou peut être que l'ouverture sur l'autre, ça peut même venir dans un petit village paumée du sud de la France. On croirait pas hein ?
Ou peut être parce qu'hier j'ai offert des rosiers pour un anniversaire.

Chai plus bien, j'ai jamais eu la main verte t'façon.

Bon je vous laisse, j'ai mon 4x4 qui m'attend pour aller au magasin 5 minutes avant la fermeture. J'aime bien faire chier.

mardi 20 mai 2014

Calme

Calme : douceur





Et si juste l'air de rien, comme ça, avec quelques mots de passage, je disais que tout va bien.
Que je trouve le temps avec les miens tout doux, tout chaud, tout beau.

J'avais oublié, un peu, que profiter de ce qu'on a, c'est déjà avoir un petit bout de paradis avec soi.
J'ai les sourires et les coins museaux du matin pour les croquettes.

Bisou.






mercredi 30 avril 2014

Courir

Courir : "On y arrivera plus vite en courant" source : Imagine For Margo



©Imagine For Margo



Il y a des personnes qui ont un don pour m'émerveiller et me laisser sans voix. C'est le cas de Mathilde.
Mathilde, elle porte un joli prénom, celui de mon arrière grand-mère, et c'est aussi un peu le mien.
Mathilde c'est un soleil vous savez, elle est toujours enthousiaste et prête à tout, surtout à déplacer des montagnes.

Aujourd'hui Mathilde déplace une belle montagne, celui du cancer. Le cancer des enfants, ou devrais-je dire, les soixante cancers différents qui déchiquettent en petits morceaux l'existence de ces enfants.
Alors Mathilde va courir le 28 septembre 2014 au parc de Saint-Cloud : http://imagineformargo.org/
Pour cela, elle a besoin de remplir sa cagnotte qui se trouve  ici 
Et pour que cette cagnotte dépasse tous les records, Mathilde organise une vente dans son joli jardin, elle a fait appel aux talents de ses amis. Pendant cette vente il y aura surtout des bijoux pour tous les goûts, des t-shirt customisés, des petites choses cousues pour les enfants, des petits gâteaux à des prix vraiment doux et beaucoup de sourires partagés.

- Si vous êtes intéressés pour venir à la vente qui aura lieu en région parisienne le dimanche 1er juin 2014, laissez-moi un commentaire avec votre mail pour vous donnez toutes les infos.

- Si jamais vous ne pouvez pas être présents mais que vous aimeriez bien acheter un petit bijou ou une petite bricole, n'hésitez pas à laisser aussi votre mail, on s'engage à vous les envoyer par la poste.

- Si vous souhaitez aider Mathilde, n'hésitez pas à faire tourner cet article et a en parler autour de vous !

- Et enfin si vous ne souhaitez pas acheter quelque chose mais vous aimeriez faire un don il y la cagnotte : ICI 


Mathilde va courir, courir pour Maylis, Félix, Zoé, Margo et Pascal. Et nous, nous la soutiendrons jusqu'à son dernier mètre, alors on a besoin de vous <3, les enfants aussi !

Merci <3

Voici un petit aperçu de toutes les petites mains qui ont travaillé pour Imagine For Margo









jeudi 20 mars 2014

Errer

Errer : Rêver.

L'existence a ce quelque chose de drôle, qu'elle t'oblige toujours à prendre des détours imprévus.
C'était il y a quelques semaines, dans un restaurant, au détour (oui que des détours je vous dis) d'une conversation, avec une personne que je côtoie depuis 3 ans, j'apprends qu'elle pratique le Bouddhisme depuis plus de 20 ans.
C'est toujours étonnant d'apprendre des choses incongrues sur les gens qu'on connait. Puis le Bouddhisme autant vous le dire, je n'y connais rien du tout. Mais je suis d'une nature curieuse alors après tout : pourquoi pas ?

Le thème de la réunion où j'ai été invitée, était  : Ne jamais abandonner ses rêves !

J'ai trouvé ce thème très beau et surtout, j'ai eu cette sensation étrange de ne pas être arrivée là par hasard. Nous en sommes où de nos rêves ?

Je dois reconnaître aussi que j'étais terrifiée pendant toute la séance. Je n'arrivais pas à remettre la main sur mes rêves.
Après cette réunion, j'ai laissé les jours s'écouler tranquillement, et j'ai beaucoup pensé à tout ça. Ces échanges, cette philosophie, cette sensation...
J'ai compris quelque chose d'assez fou : j'ai honte de mes rêves. Enfin plus précisément, j'ai honte de m'avouer mes rêves.

Je les cache au fond de moi, car j'ai honte d'avoir des rêves, j'ai honte de croire en moi, je me sens en permanence comme une usurpatrice de ma vie. Comme si les gens se trompaient sur moi. Comme si je me trompais sur moi-même. Et j'ai réalisé une chose, je suis fatiguée de ça, fatiguée d'être admirative de la hauteur des autres, fatiguée de me sentir toute petite, comme si c'était la place qui m'était destinée. Et surtout que je me suis destinée toute seule.

Souffler un grand coup et me mettre au boulot,. Un rêve pour qu'il se réalise, c'est beau de l'espérer, mais il faut surtout le créer et arrêter de se sentir obligée de se justifier en permanence d'être ici ou là, de faire-ci et pas plutôt ça.

Aujourd'hui j'ai un peu plus envie d'être là. La où je dois être, et laisser glisser sur moi les pensées des autres. Mes rêves sont à moi, il ne m'appartient qu'à moi de les réaliser.