jeudi 20 mars 2014

Errer

Errer : Rêver.

L'existence a ce quelque chose de drôle, qu'elle t'oblige toujours à prendre des détours imprévus.
C'était il y a quelques semaines, dans un restaurant, au détour (oui que des détours je vous dis) d'une conversation, avec une personne que je côtoie depuis 3 ans, j'apprends qu'elle pratique le Bouddhisme depuis plus de 20 ans.
C'est toujours étonnant d'apprendre des choses incongrues sur les gens qu'on connait. Puis le Bouddhisme autant vous le dire, je n'y connais rien du tout. Mais je suis d'une nature curieuse alors après tout : pourquoi pas ?

Le thème de la réunion où j'ai été invitée, était  : Ne jamais abandonner ses rêves !

J'ai trouvé ce thème très beau et surtout, j'ai eu cette sensation étrange de ne pas être arrivée là par hasard. Nous en sommes où de nos rêves ?

Je dois reconnaître aussi que j'étais terrifiée pendant toute la séance. Je n'arrivais pas à remettre la main sur mes rêves.
Après cette réunion, j'ai laissé les jours s'écouler tranquillement, et j'ai beaucoup pensé à tout ça. Ces échanges, cette philosophie, cette sensation...
J'ai compris quelque chose d'assez fou : j'ai honte de mes rêves. Enfin plus précisément, j'ai honte de m'avouer mes rêves.

Je les cache au fond de moi, car j'ai honte d'avoir des rêves, j'ai honte de croire en moi, je me sens en permanence comme une usurpatrice de ma vie. Comme si les gens se trompaient sur moi. Comme si je me trompais sur moi-même. Et j'ai réalisé une chose, je suis fatiguée de ça, fatiguée d'être admirative de la hauteur des autres, fatiguée de me sentir toute petite, comme si c'était la place qui m'était destinée. Et surtout que je me suis destinée toute seule.

Souffler un grand coup et me mettre au boulot,. Un rêve pour qu'il se réalise, c'est beau de l'espérer, mais il faut surtout le créer et arrêter de se sentir obligée de se justifier en permanence d'être ici ou là, de faire-ci et pas plutôt ça.

Aujourd'hui j'ai un peu plus envie d'être là. La où je dois être, et laisser glisser sur moi les pensées des autres. Mes rêves sont à moi, il ne m'appartient qu'à moi de les réaliser.



mardi 25 février 2014

Licorne

Licorne : tremblez les vilains, je suis blogueuse mode.


Comme j'ai fait chialer les internets la semaine dernière, je me devais de rattraper cet affront avec une bonne couillerie. Et vous annoncer également mon idylle avec Jon Snow (chialez bande de connasses, il est avec moi et encore moi).

Oh, mon Dieu j'ai RDV avec Jon !



Sinon, fallait que je vous dise aussi : mes boobs vont biens. Évidemment y'a toujours une couille qui pousse dans mon sein, mais c'est à force de dire le mot "bite" le bon Dieu a pris ça pour une prière de changement de sexe.
Il devait être bourré quand il a entendu mes prières le bon Dieu.


Je comprends pas ce qu'il fout, c'est bien à la cascade magique notre RDV


Je pense qu'à cet instant vous jalousez complètement ma transformation de Licorne, vous pouvez toujours faire les malins avec vos make-up et vos billets modes : JE VOUS SURPASSE.


Bon je vais muscler mes fesses en l'attendant...


Je souhaite aussi m'excuser auprès des gros qui mettent le point (les graphistes quoi) présents sur ce blog, pour ce détourage affreusement dégueulasse (mais alors détourer les pieds c'est vraiment pire qu'une séance d'acupuncture avec des fourchettes rouillées).


Dis donc Jon, tu m'avais pas dit que t'avais un plus gros bazar ?


Allez bisous les enfants, je m'en vais me faire chevaucher par Jon <3

PS : et pour les gens qui veulent détourer des photos en mode cra-cra comme moi, filez vite sur ce site : http://clippingmagic.com/


mardi 18 février 2014

Instagris

Instagris : l'arc-en-ciel 2.0 (presque-association loi 1901)


Ce matin en parcourant frénétiquement mon smartphone au réveil (oui cette chose est vraiment une saloperie, je me rassure en me disant que j'ai des périodes loin de ce truc) (vous saviez d'ailleurs que la relation qu'on entretient avec son smartphone est la même que la relation amoureuse, enfin pour le cerveau ce sont les mêmes zones qui s'éclairent quand on l'a à côté de soi ou justement quand on l'a oublié quelque part et que tout son monde est des peupliers)


*Comme dirait très justement Soprovincious  : Rollmops©


Donc ce matin, en parcourant les photos d'inconnus, de gens connus, des photos moches, des photos jolies, des photos sans intérêt aucun, j'ai lu un commentaire sous une photo "Comme j'aimerais avoir ta vie".

Comme j'aimerais avoir ta vie. Si c'est pas terrorisant de lire ça de bon matin.

C'est étrange mais je vivrais pas ça très bien d'avoir quelqu'un qui écrit ça sous une de mes photos. Être responsable, en partie, du désoeuvrement d'une personne c'est violent.
Ça me fait sacrement réfléchir tout ça, le rôle qu'internet joue dans nos vies. La façon dont ça façonne nos pensées, nos choix, nos tristesses, nos joies...
Comme toujours internet n'est qu'un outil et comme toujours il y a des humains derrière. Des gens avec des vies pourries, des vies chouettes, des vies normales, des gens qui ont tout à prouver, des gens très seuls, des gens heureux, tristes, des gens cons. Internet n'est que la somme de nos utilisations finalement. Il dépend de nous.

J'aime beaucoup internet, enfin j'aime beaucoup l'internet que je me suis créée. Les gens que j'y fréquente pour le boulot, le plaisir, l'échange, les blagues. Je dis toujours très justement "Les Internets", car il y a autant d'internet qu'il y a de personnes cachées derrière un pseudo, une photo, un mot.

Mais sans s'en rendre compte, souvent on creuse un peu plus fort les fossés qui existent déjà dans la vraie vie. Internet c'est quand même un générateur de dépression, suicide, folie et de cons.
Oui y'a des choses chouettes aussi. Mais c'est comme le chocolat hein, y'a du magnésium dedans c'est bon pour notre corps, mais y'a aussi un sacré paquet de saloperies absolument dégueulasses pour notre organisme. Alors un moment faut prendre en compte tout ça et se responsabiliser la bite.

On voudrait nous faire croire aux paillettes et aux licornes, mais internet c'est la réalité (ouais désolay pour la grosse révélation), et parfois sous derrière de jolies photos Instagram, la réalité est très moche. On a tous à un moment donné des vies très pourries. Oui même toi, et toi et encore toi et moi aussi.

Alors, avant qu'on finisse tout par pleurer, je vous propose de nous aimer tous et d'arrêter de prendre la vie du voisin pour un conte de fées idyllique avec des poissons chats qui viennent lui caresser les pieds en lui servant des churros au Nutella.

Et si jamais c'est pas encore fait, je vous invite fortement à voir cette excellente série : Black Mirror (*cf la photo qui illustre mon article). C'est ma deuxième série préférée après Six Feet Under, et Dieu sait qu'il m'en faut avant que j'apprécie une série...

Allez, salut !

vendredi 7 février 2014

Parenthèse

Parenthèse : du grec, action de mettre à coté.


Ces jours où on se sent un peu petit, un peu vulnérable, on aimerait qu'une main chaude et rassurante nous attrape et qu'elle nous dise simplement "Chut, ça ira".
Ces jours où on est lasse de regarder le verre à moitié plein. Parce qu'on trouve que le vide de ce verre est un peu trop douloureux.
Ces jours-là, ces jours où on se cogne un peu trop fort à notre existence.

Chaque année, à la même période, ces jours-là débordent un peu trop. Le manque de soleil qu'ils disent. Mais moi je sais que c'est le mal de mère qui surgit. On a beau faire des thérapies, grandir, accepter, c'est toujours douloureux de faire le deuil d'une relation qu'on aura plus jamais. Que je n'aurai plus jamais.
Devoir composer sa vie en permanence avec des manques et des absences, parfois c'est trop loup à porter seule.
Alors on attend, parce qu'on sait bien que ça passe. Tout passe avec le temps. Rien n'est grave.

Mais trois fois rien, c'est déjà beaucoup trop.

C'est toujours pire ailleurs, qu'ils disent. Mais ailleurs on s'en fiche, on est coincé là, avec nous-même. Et parfois c'est bien assez pour un chagrin. Alors on attend. Parce qu'on sait que bientôt c'est le printemps.

Et c'est déjà moins que rien.

mardi 28 janvier 2014

Interrogation partielle

Interrogation partielle : à la différence de l'interrogation totale

Mantes-Station. Avant dernier arrêt.
J'ai toujours entendu que Mantes-la-Jolie c'était la grande banlieue qui fait peur.
Mais comme j'aime bien me faire l'idée des choses moi-même, j'ai décidé d'aller voir ça de mes yeux.
Non je ne vais pas à Mantes-la-Jolie pour me balader, j'y vais pour travailler, parfois.
Il faut presque 2h porte à porte pour y aller, et beaucoup de minutes à courir pour attraper le train. Oui il faut prendre un train.

La première fois que j'ai pris ce train j'avais les chocottes. Je pensais que j'allais me faire violer et découper en morceaux, puis qu'on donnerait mon corps à manger à des caniches. Je vous ai déjà dit que j'aime pas beaucoup les chiens et que je déteste particulièrement les Caniches ? Enfin je crois que ce que je déteste le plus ce sont les Yorkshires.
Quand j'en vois dans la rue, j'ai envie de l'écraser, c'est viscéral.
Bon, j'ai survécu, personne ne m'a découpée en morceaux. Ni même parlé. Ni même regardée.

Je descends à Mantes-Station quand je viens de Paris. Quand je fais le retour je pars de Mantes-la-Jolie. La différence s'explique par le terme "train direct".
Il faut bien marcher 10 minutes pour arriver à destination. Je dois traverser un carrefour et marcher sur le même trottoir presque tout le long. À chaque fois que je suis sur ce trottoir je longe plusieurs commerces. la plupart de ces commerces sont des pompes funèbres.

À chaque fois je m'arrête devant pour regarder les vitrines. Je trouve les tombes très cheap. La dernière fois que je suis passée y'avait une tombe en marbre avec un banc minuscule sculpté dessus. Je me suis demandée qui pourrait bien s'assoir sur un tout petit banc, sur une tombe. Personnellement, quand j'étais petite et que j'allais au cimetière, je faisais très attention de ne pas marcher sur les tombes des gens morts. J'étais terrorisée à l'idée de les écraser et de les tuer une seconde fois.
Du coup je faisais très attention où je mettais mes pieds, alors je m'imagine pas une seconde marcher sur tombe pour m'assoir sur un tout petit banc.

En fait les pompes funèbres c'est comme les fleuristes. C'est lugubres, gris, tristes et ça ne donne pas envie de voir à l'intérieur. Notez que je peux comprendre la raison pour les pompes funèbres.
La dernière fois que je suis passée devant, j'ai eu envie de rentrer à l'intérieur. Parler de ma propre mort avec un expert dans le domaine.
J'ai d'ailleurs repensé à cette série si parfaite : Six Fee Under. Mais j'ai abandonné l'idée, je n'arrive pas à savoir si je voudrais qu'on m'enterre ou qu'on me brûle.
Je me sens pas prête à me faire bouffer pas les vers, et j'ai pas envie d'être brûlée non plus. L'idée qu'on disperse mes cendres avec plein d'inconnus ça me fait le même effet que rester une heure dans le métro collé serré avec des inconnus qui puent.
Du coup je suis pas très avancée sur la façon dont j'aimerais qu'on s'occupe de moi après ma vie. En même temps je trouve ça affreux de laisser cette lourde tâche aux vivants.

En attendant de prendre une décision : les vers, les inconnus ou les Caniches. J'ai passé un accord avec moi-même. Ne pas mourir tout de suite et revenir plus souvent à Mantes-la-Jolie.




mercredi 22 janvier 2014

Exercice d'écriture #2

Exercice d'écriture #2

Consigne trouvé sur ce site :
Le Patronyme
Alain André, Babel heureuse, p.117 : écrire sur son patronyme, en suivant l’histoire de sa relation intime avec lui (surnoms, déformations, acceptation ou refus).
NB: J'ai un peu modifié la consigne sans le vouloir, j'ai oublié dans l'instant où j'ai écrit mon texte que le patronyme c'est le nom de famille...



Je m'appelle Garance.
Ça fait 24 ans 97 jours et 8h que je m'appelle Garance.

Peut être que je me suis toujours appelée Garance, bien avant même que l'idée de ma venue soit décidée.
De mon prénom, on me raconte que c'est un accord commun silencieux. Sans même s'être concertés, mes parents voulaient m'appeler ainsi.
Je ne suis pas quelqu'un qui aurait pu s'appeler autrement. Pour tous mes frères et soeurs ça a été une longue bataille. Pour moi il n'en n'était rien.
Je n'ai même pas un prénom de "si j'avais été un garçon".
Ma mère me racontait qu'elle avait vu un film magnifique avec une Garance. Elle me racontait aussi que c'était une très belle couleur rouge vif. Qu'elle avait été la couleur des soldats français.

J'ai toujours été la seule Garance de ma vie, j'ai toujours été habituée à répéter mon prénom. Clémence ? Non, Garance ! Ah ! Constance.
J'ai toujours entendu dire : "Quel beau prénom !".

J'ai d'autres prénoms, mais ils ont toujours été prévus comme prénoms d'accompagnement. Ce sont des prénoms qui ne sont pas là par hasard. Ce sont les prénoms qui accompagnent mon histoire.
Quand j'ai fait savoir à ma future mère que j'étais là, elle apprenait en même temps que son fils ainé entrait dans la maladie. Ou que la maladie entrait en lui.
Elle m'a souvent répété qu'elle était très heureuse de ma venue, j'étais son troisième enfant et sa première fille, je me plais à croire que j'ai apporté une vague d'espoir et de joie, malgré tout. Elle m'a alors donné en second prénom le choix de mon frère ainé. En troisième c'est celui de mon arrière grand-mère.

J'aime beaucoup mon prénom. Son seul ennui c'est que c'est pas un prénom pour les gens discrets.
Je me souviens qu'à chaque rentrée scolaire j'étais la première élève dont les professeurs retenaient le prénom.
Il faut aimer qu'on se souvienne de vous.

Pendant un temps j'ai rêvé de m'appeler comme ma petite soeur. Dès que je pouvais lui dérober son prénom, dans un jeu, sur internet en pseudo, je le faisais.
Elle a un prénom magnifique, que j'aime beaucoup. Il signifie "Source de joie", elle n'aurait pas pu s'appeler autrement. Elle est une source de joie inépuisable. Enfin, elle est surtout ma source de joie à moi. C'est ma seule soeur.

Mon prénom n'offre pas vraiment de diminutif. Tout le monde a essayé de me coller un diminutif. Mais j'ai toujours trouvé ça étrange de vivre avec un diminutif, je n'aime pas être diminuée d'ailleurs.
Le seul qui est resté c'est Gaga, c'est un diminutif un peu surnom. Il faut avoir une place particulière pour m'appeler ainsi. Il me semble que 3/4 personnes m'appellent comme ça.

J'ai découvert qu'il y avait une autre Garance, qui avait également le même nom de famille que moi. On doit être le deux seules. J'aime bien.
Aujourd'hui, il m'arrive souvent de rencontrer des toutes petites Garance. Elles sont toujours étonnées de rencontrer une "vieille" Garance.

J'ai découvert que mon prénom avait une équivalence en japonais. D'ailleurs au Japon c'est un prénom mixte, Akane on l'écrit comme ça 茜. On peut aussi le trouver écrit comme ça 愛茜 mais celui là c'est "la garance adorée".

Peut-être qu'un jour je serais au Japon, enfin je veux dire quand la vie de cette Garance là sera terminée.

***


Si vous avez envie de participer c'est avec plaisir. C'est plus sympa à plusieurs hein, comme la partouze. Vous pouvez reprendre la consigne ou une autre et faire sur votre blog, en commentaire, par mail me faire lire ou pas. C'est libre, c'est pour le plaisir.






vendredi 17 janvier 2014

Pourquoi le piano c'est de la merde

Pourquoi le piano c'est de la merde : Titre très provocateur, je m'excuse d'avance auprès des ayatollahs de la musique et des oreilles absolues.

Si y'a bien une chose que je ne sais pas faire : me battre.
Je n'ai jamais su cogner et me protéger, et vous ne pouvez pas savoir comme ça m'a manqué. Vous pouvez très bien me dire : c'est jamais trop tard pour apprendre à coller des raclées ?

Vous avez bien raison MAIS je n'aime pas la violence. Si il y a une chose que j'ai, c'est la joute verbale, j'ai toujours su me défendre avec ma bouche (non je ne roulais pas de pelles hein) et ça m'a sauvée de bien des situations. J'ai réussi à me faire plus au moins respecter grâce à ma capacité à envoyer chier violemment quelqu'un ou alors à lui clouer le bec. J'étais une sale petite peste au mauvais caractère quand j'étais petite.

En primaire, je me souviens d'une fois où un petit garçon n'arrêtait pas de m'emmerder pour une histoire d'amour non réciproque. À cette époque j'avais une copine que j'aimais très fort qui n'avait pas froid aux yeux, à 9 ans elle m'avait expliqué que pour faire des cicatrices à quelque qu'un fallait utiliser du sel et du citron. Elle n'avait peur de rien je vous dis. Je lui avais parlé de ce garçon, et vous savez c'était l'époque des billes et des gros mammouths qu'on portait dans nos bananes. Bref, on est allé voir ce garçon, elle lui a dit d'arrêter de me chercher des noises, il l'a poussée et elle a répondu assez violemment. Elle lui a mis une grosse pêche avec sa banane de billes qu'elle portait sur l'épaule. Autant vous dire qu'il ne m'a plus jamais fait chié et qu'il avait un joli bleu au visage. Ce n'est pas allé plus loin. On ne l'a jamais dit aux instituteurs, t'façon ils en avaient rien à faire de nos histoires, à l'époque ils fumaient des clopes dans la cours en papotant entre eux.

Le deuxième évènement marquant c'était au collège, j'avais 12 ans, c'était en voyage scolaire. Y'avait un mec très racaille qui faisait bien deux têtes de plus que moi et qui pour une raison obscure (on s'était jamais parlé) m'avait bien gonflé ce jour là, on était en train de s'engueuler il me menaçait de m'en coller une et d'un seule coup d'un seul sans prévenir, il s'est pris une grosse baffe de ma part. Tout le monde avait fait des "Oh" des "Han" lui il avait été aussi étonné que moi. C'était un peu la racaille des HLM tout le monde avait peur. Il m'a aboyé dessus qu'il allait faire venir tous ses frères de Marseille et me défoncer. Autant vous dire que les mois qui ont passé je me suis faite toute petite. Après il est parti au CFA. Et plus rien.
Jusqu'au jour où j'attendais ma mère, toujours en retard,  assise sur un banc. Il est apparu avec sa bande de potes (pas de Marseille). En le voyant arriver, j'ai pas bougé de mon banc et j'ai commencé mon testament, résigné à me faire défigurer la tronche. Il s'est assis à côté de moi, seul. Il m'a parlé de la gifle en me disant "on a un petit truc à régler tous les deux". Je pense que j'aurais pu me faire pipi dessus. Effrontée que je suis j'ai répondu "oui c'est vrai, mais sache que je suis désolée de t'avoir mis une claque" et là comme si le Dieu des ennuis avait intercepté mes prières le mec a répondu, toute ma vie ça restera gravé dans ma mémoire, "Ok, on en reste là c'est oublié".

Et puis y'a eu le 1m87 contre mon 1m63, je m'en suis sortie pas trop mal même si j'ai morflé plus que lui. Même si aujourd'hui dans nos vies, c'est lui qui morfle et pas moi.
L'après lycée aussi, l'agression dans ma cuisine un beau matin, j'étais seule contre 4. J'ai fait ce que j'ai pu mais je m'en suis sortie avec quelques bleus, un cou sous minerve et une bonne douleur dans le dos. En grandissant, les ennuis grandissent, les punitions aussi. Hop direction le tribunal correctionnel fini les instituteurs.
Six ans après ça m'arrive de rêver de ces scènes, de rêver que j'arrive à coller une raclée phénoménale et même dans mon rêve, souvent, y'a une force invisible qui retient mon coup et ça ne part pas, j'arrive pas à exploser ma colère contre son visage. Et parfois je me réveille le matin avec un sentiment de haine.

Aujourd'hui je fuis la violence, je suis contre, je refuse toutes formes de violence même une fessée oui. Même une claque sur la main. Toute violence même si elle se veut "positive" me donne la gerbe, car elle fait sentir à l'autre la peur et ce sentiment d'infériorité.  Et pourtant je sais que ce n'est pas parce que je refuse cette violence qu'elle ne viendra pas un jour m'exploser, à nouveau, au visage ou au visage de ma fille. Et si ce jour-là arrive je veux être capable d'y répondre.

Pourquoi je parle de tout ça ? Parce que ce matin j'ai appris un truc pas grave, un truc qui concerne ma fille. Un truc qui fait chier. J'ai pas envie de le détailler ici car ça lui appartient. Mais ça m'a renvoyé à une colère. Celle où bien souvent y'a quelqu'un qui nous fait chier. Et bien souvent on a peur. On se sent trop petit. Cette colère où j'ai été impuissante bien trop souvent.
Alors je repense à cette conversation  avec ma fille où on parlait de musique et de l'inscrire à un cours de musique l'année prochaine.

Ma fille, la musique tu l'apprendra mais avant tout, tu vas apprendre à flanquer des roustes et à ne pas avoir peur de celui qui essaye de de déstabiliser.
Et tu seras une femme, ma fille.