dimanche 13 juillet 2014

Avoir la main verte

Avoir la main verte : Expression courante signifiant : savoir s'occuper d'une plante.  Au Quebec on dit avoir le pouce vert. (Source : les internets).


Je sais plus comment on en est venu à parler des cheveux longs d'Edward.

Peut être, parce que je venais de raconter mon épisode capillaire marocain. Avec le mec qui faisait pipi à un mètre de moi, pendant que sont copain, pris d'une violente inspiration artistique, m'a coupé les cheveux, comme on taille un arbuste.
J'ai d'ailleurs l'image du film d'Edward aux mains d'argent qui me vient. C'était vraiment ça, manquait plus que le sécateur.
"Vous voulez un brushing Madame ?"

OH BA NON JE VOUDRAIS PAS ABUSER DE VOTRE INSPIRATION CRÉATRICE.

Du coup j'avais un bel arbuste taillé comme une oeuvre d'art contemporaine sur la tête. La coiffeur qui a rattrapé ça, a bien rigolé : "Oh mais tu as un escalier dans les cheveux ! J'avais un sapin magique dans les cheveux, l'odeur de la vanille de chiotte en moins.

Bref, toujours est-il qu'on revenait de la plage, et qu'on a parlé des longs cheveux blonds d'Edward. Mais peut être parce que ma fille était en train de nous faire une thèse sur les vernis à ongles, qui sont que pour les filles. Je sais plus vraiment.

Edward c'était notre voisin. Mais alors essayez d'imaginer deux minutes la situation. Imaginez un village du sud de la Provence, composé de 30 habitants. Bon, imaginez maintenant, que ces habitants sont issus, pour la majorité, de deux familles. Deux familles qui se répartissent le village. Deux familles qui se font la guerre. Roméo et Juliette à côté c'est de la merde.
Donc chaque famille habite d'un côté de la rue du village, ils règlent leurs problèmes à la chasse ou à coups de fusil. Et ici t'avises pas de mettre ta poubelle à un mètre de son emplacement prévu. C'est un peu notre Ok Corral à nous, avec le shérif et tout et tout.

Et maintenant imaginez Edward, un homme d'1m90, anglais, fin comme un haricot vert, aux cheveux longs, blonds. Il met des paréos pour aller à la plage. Se met du vernis sur les pieds et les mains. Porte des chaussures à talon de temps en temps. Mais c'est un homme.

L'ovni du village, plus personne ne dit rien, tout le monde le regarde, en chuchotant chez soi toutes sortes de trucs sur lui.

Et moi dans tout ça je dois avoir 10 ans. Et je vois cet homme extravagant s'installer dans la petite maison qui donne sur notre jardin. D'ailleurs il faudra pas longtemps avant que ma mère décide d'installer une échelle dans le jardin, pour qu'on puisse chacun aller chez l'autre. C'est devenu le copain de la famille.
Il met des bouts de laine dans ses cheveux, des jupes, des talons, et du vernis. Mais c'est pas une femme. C'est totalement un homme, il a sa petite barbe blonde, ses muscles, il se cache pas derrière quelque chose. C'est un homme qui aime le vernis. D'ailleurs il a une petite copine. Elle est belle sa petite copine. Elle m'a prêté sa robe de toutes les couleurs pour aller au collège. Mais les garçons du collège ont tous dit que j'avais mis mon hamac.
Ils sont cons. Mais tellement cons. Du coup j'ose plus la mettre la robe. Et même si elle a fini par m'appartenir, je l'ai plus jamais remise.
J'avais pas envie qu'on se moque. C'est con.

Edward c'était notre copain de jeu, il était toujours content de nous voir frapper à sa fenêtre depuis notre échelle.
Même qu'une fois j'avais décidé de faire un reportage mode, avec une interview exclusive, il s'était prêté au jeu. Il avait mis des fleurs dans ses cheveux. Et je l'avait fait posé devant un arbuste, avec son vernis assorti aux fleurs dans ses cheveux, pour qu'on les voit bien Je dois toujours avoir ces photos quelque part.
On l'a aussi retrouvé à Londres, puis dans une maison perdue des Pyrénées. C'était le voisin extravagant. C'est devenu l'ami de la famille.

Je sais pas pourquoi je raconte tout ça. Peut être parce qu'en rencontrant Edward, j'ai découvert que le vernis sur les hommes ça pouvait être super viril.
Ou peut être qu'en me remémorant ce souvenir de jeunesse avec mon petit frère, qui se souvenait bien de lui, j'ai eu un petit brin de nostalgie.
Ou peut être que l'ouverture sur l'autre, ça peut même venir dans un petit village paumée du sud de la France. On croirait pas hein ?
Ou peut être parce qu'hier j'ai offert des rosiers pour un anniversaire.

Chai plus bien, j'ai jamais eu la main verte t'façon.

Bon je vous laisse, j'ai mon 4x4 qui m'attend pour aller au magasin 5 minutes avant la fermeture. J'aime bien faire chier.

mardi 20 mai 2014

Calme

Calme : douceur





Et si juste l'air de rien, comme ça, avec quelques mots de passage, je disais que tout va bien.
Que je trouve le temps avec les miens tout doux, tout chaud, tout beau.

J'avais oublié, un peu, que profiter de ce qu'on a, c'est déjà avoir un petit bout de paradis avec soi.
J'ai les sourires et les coins museaux du matin pour les croquettes.

Bisou.






mercredi 30 avril 2014

Courir

Courir : "On y arrivera plus vite en courant" source : Imagine For Margo



©Imagine For Margo



Il y a des personnes qui ont un don pour m'émerveiller et me laisser sans voix. C'est le cas de Mathilde.
Mathilde, elle porte un joli prénom, celui de mon arrière grand-mère, et c'est aussi un peu le mien.
Mathilde c'est un soleil vous savez, elle est toujours enthousiaste et prête à tout, surtout à déplacer des montagnes.

Aujourd'hui Mathilde déplace une belle montagne, celui du cancer. Le cancer des enfants, ou devrais-je dire, les soixante cancers différents qui déchiquettent en petits morceaux l'existence de ces enfants.
Alors Mathilde va courir le 28 septembre 2014 au parc de Saint-Cloud : http://imagineformargo.org/
Pour cela, elle a besoin de remplir sa cagnotte qui se trouve  ici 
Et pour que cette cagnotte dépasse tous les records, Mathilde organise une vente dans son joli jardin, elle a fait appel aux talents de ses amis. Pendant cette vente il y aura surtout des bijoux pour tous les goûts, des t-shirt customisés, des petites choses cousues pour les enfants, des petits gâteaux à des prix vraiment doux et beaucoup de sourires partagés.

- Si vous êtes intéressés pour venir à la vente qui aura lieu en région parisienne le dimanche 1er juin 2014, laissez-moi un commentaire avec votre mail pour vous donnez toutes les infos.

- Si jamais vous ne pouvez pas être présents mais que vous aimeriez bien acheter un petit bijou ou une petite bricole, n'hésitez pas à laisser aussi votre mail, on s'engage à vous les envoyer par la poste.

- Si vous souhaitez aider Mathilde, n'hésitez pas à faire tourner cet article et a en parler autour de vous !

- Et enfin si vous ne souhaitez pas acheter quelque chose mais vous aimeriez faire un don il y la cagnotte : ICI 


Mathilde va courir, courir pour Maylis, Félix, Zoé, Margo et Pascal. Et nous, nous la soutiendrons jusqu'à son dernier mètre, alors on a besoin de vous <3, les enfants aussi !

Merci <3

Voici un petit aperçu de toutes les petites mains qui ont travaillé pour Imagine For Margo









jeudi 20 mars 2014

Errer

Errer : Rêver.

L'existence a ce quelque chose de drôle, qu'elle t'oblige toujours à prendre des détours imprévus.
C'était il y a quelques semaines, dans un restaurant, au détour (oui que des détours je vous dis) d'une conversation, avec une personne que je côtoie depuis 3 ans, j'apprends qu'elle pratique le Bouddhisme depuis plus de 20 ans.
C'est toujours étonnant d'apprendre des choses incongrues sur les gens qu'on connait. Puis le Bouddhisme autant vous le dire, je n'y connais rien du tout. Mais je suis d'une nature curieuse alors après tout : pourquoi pas ?

Le thème de la réunion où j'ai été invitée, était  : Ne jamais abandonner ses rêves !

J'ai trouvé ce thème très beau et surtout, j'ai eu cette sensation étrange de ne pas être arrivée là par hasard. Nous en sommes où de nos rêves ?

Je dois reconnaître aussi que j'étais terrifiée pendant toute la séance. Je n'arrivais pas à remettre la main sur mes rêves.
Après cette réunion, j'ai laissé les jours s'écouler tranquillement, et j'ai beaucoup pensé à tout ça. Ces échanges, cette philosophie, cette sensation...
J'ai compris quelque chose d'assez fou : j'ai honte de mes rêves. Enfin plus précisément, j'ai honte de m'avouer mes rêves.

Je les cache au fond de moi, car j'ai honte d'avoir des rêves, j'ai honte de croire en moi, je me sens en permanence comme une usurpatrice de ma vie. Comme si les gens se trompaient sur moi. Comme si je me trompais sur moi-même. Et j'ai réalisé une chose, je suis fatiguée de ça, fatiguée d'être admirative de la hauteur des autres, fatiguée de me sentir toute petite, comme si c'était la place qui m'était destinée. Et surtout que je me suis destinée toute seule.

Souffler un grand coup et me mettre au boulot,. Un rêve pour qu'il se réalise, c'est beau de l'espérer, mais il faut surtout le créer et arrêter de se sentir obligée de se justifier en permanence d'être ici ou là, de faire-ci et pas plutôt ça.

Aujourd'hui j'ai un peu plus envie d'être là. La où je dois être, et laisser glisser sur moi les pensées des autres. Mes rêves sont à moi, il ne m'appartient qu'à moi de les réaliser.



mardi 25 février 2014

Licorne

Licorne : tremblez les vilains, je suis blogueuse mode.


Comme j'ai fait chialer les internets la semaine dernière, je me devais de rattraper cet affront avec une bonne couillerie. Et vous annoncer également mon idylle avec Jon Snow (chialez bande de connasses, il est avec moi et encore moi).

Oh, mon Dieu j'ai RDV avec Jon !



Sinon, fallait que je vous dise aussi : mes boobs vont biens. Évidemment y'a toujours une couille qui pousse dans mon sein, mais c'est à force de dire le mot "bite" le bon Dieu a pris ça pour une prière de changement de sexe.
Il devait être bourré quand il a entendu mes prières le bon Dieu.


Je comprends pas ce qu'il fout, c'est bien à la cascade magique notre RDV


Je pense qu'à cet instant vous jalousez complètement ma transformation de Licorne, vous pouvez toujours faire les malins avec vos make-up et vos billets modes : JE VOUS SURPASSE.


Bon je vais muscler mes fesses en l'attendant...


Je souhaite aussi m'excuser auprès des gros qui mettent le point (les graphistes quoi) présents sur ce blog, pour ce détourage affreusement dégueulasse (mais alors détourer les pieds c'est vraiment pire qu'une séance d'acupuncture avec des fourchettes rouillées).


Dis donc Jon, tu m'avais pas dit que t'avais un plus gros bazar ?


Allez bisous les enfants, je m'en vais me faire chevaucher par Jon <3

PS : et pour les gens qui veulent détourer des photos en mode cra-cra comme moi, filez vite sur ce site : http://clippingmagic.com/


mardi 18 février 2014

Instagris

Instagris : l'arc-en-ciel 2.0 (presque-association loi 1901)


Ce matin en parcourant frénétiquement mon smartphone au réveil (oui cette chose est vraiment une saloperie, je me rassure en me disant que j'ai des périodes loin de ce truc) (vous saviez d'ailleurs que la relation qu'on entretient avec son smartphone est la même que la relation amoureuse, enfin pour le cerveau ce sont les mêmes zones qui s'éclairent quand on l'a à côté de soi ou justement quand on l'a oublié quelque part et que tout son monde est des peupliers)


*Comme dirait très justement Soprovincious  : Rollmops©


Donc ce matin, en parcourant les photos d'inconnus, de gens connus, des photos moches, des photos jolies, des photos sans intérêt aucun, j'ai lu un commentaire sous une photo "Comme j'aimerais avoir ta vie".

Comme j'aimerais avoir ta vie. Si c'est pas terrorisant de lire ça de bon matin.

C'est étrange mais je vivrais pas ça très bien d'avoir quelqu'un qui écrit ça sous une de mes photos. Être responsable, en partie, du désoeuvrement d'une personne c'est violent.
Ça me fait sacrement réfléchir tout ça, le rôle qu'internet joue dans nos vies. La façon dont ça façonne nos pensées, nos choix, nos tristesses, nos joies...
Comme toujours internet n'est qu'un outil et comme toujours il y a des humains derrière. Des gens avec des vies pourries, des vies chouettes, des vies normales, des gens qui ont tout à prouver, des gens très seuls, des gens heureux, tristes, des gens cons. Internet n'est que la somme de nos utilisations finalement. Il dépend de nous.

J'aime beaucoup internet, enfin j'aime beaucoup l'internet que je me suis créée. Les gens que j'y fréquente pour le boulot, le plaisir, l'échange, les blagues. Je dis toujours très justement "Les Internets", car il y a autant d'internet qu'il y a de personnes cachées derrière un pseudo, une photo, un mot.

Mais sans s'en rendre compte, souvent on creuse un peu plus fort les fossés qui existent déjà dans la vraie vie. Internet c'est quand même un générateur de dépression, suicide, folie et de cons.
Oui y'a des choses chouettes aussi. Mais c'est comme le chocolat hein, y'a du magnésium dedans c'est bon pour notre corps, mais y'a aussi un sacré paquet de saloperies absolument dégueulasses pour notre organisme. Alors un moment faut prendre en compte tout ça et se responsabiliser la bite.

On voudrait nous faire croire aux paillettes et aux licornes, mais internet c'est la réalité (ouais désolay pour la grosse révélation), et parfois sous derrière de jolies photos Instagram, la réalité est très moche. On a tous à un moment donné des vies très pourries. Oui même toi, et toi et encore toi et moi aussi.

Alors, avant qu'on finisse tout par pleurer, je vous propose de nous aimer tous et d'arrêter de prendre la vie du voisin pour un conte de fées idyllique avec des poissons chats qui viennent lui caresser les pieds en lui servant des churros au Nutella.

Et si jamais c'est pas encore fait, je vous invite fortement à voir cette excellente série : Black Mirror (*cf la photo qui illustre mon article). C'est ma deuxième série préférée après Six Feet Under, et Dieu sait qu'il m'en faut avant que j'apprécie une série...

Allez, salut !

vendredi 7 février 2014

Parenthèse

Parenthèse : du grec, action de mettre à coté.


Ces jours où on se sent un peu petit, un peu vulnérable, on aimerait qu'une main chaude et rassurante nous attrape et qu'elle nous dise simplement "Chut, ça ira".
Ces jours où on est lasse de regarder le verre à moitié plein. Parce qu'on trouve que le vide de ce verre est un peu trop douloureux.
Ces jours-là, ces jours où on se cogne un peu trop fort à notre existence.

Chaque année, à la même période, ces jours-là débordent un peu trop. Le manque de soleil qu'ils disent. Mais moi je sais que c'est le mal de mère qui surgit. On a beau faire des thérapies, grandir, accepter, c'est toujours douloureux de faire le deuil d'une relation qu'on aura plus jamais. Que je n'aurai plus jamais.
Devoir composer sa vie en permanence avec des manques et des absences, parfois c'est trop loup à porter seule.
Alors on attend, parce qu'on sait bien que ça passe. Tout passe avec le temps. Rien n'est grave.

Mais trois fois rien, c'est déjà beaucoup trop.

C'est toujours pire ailleurs, qu'ils disent. Mais ailleurs on s'en fiche, on est coincé là, avec nous-même. Et parfois c'est bien assez pour un chagrin. Alors on attend. Parce qu'on sait que bientôt c'est le printemps.

Et c'est déjà moins que rien.