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vendredi 17 juin 2016

Pudeur

Pudeur : la pudeur est une prédisposition de l'Homme à exprimer une retenue morale ou physique à l'égard de ce qui est considéré comme indécent. (Source : le Journal des Femmes)

Les femmes en revanche, elles vont se la mettre au cul leur pudeur.  Oui ce blog n'est pas mort. Jamais vous m'entendez. Bonjour !

J'ai laissé ce blog paralysé. Enfin, il ouvre un oeil voire deux. Et fait même quelques effets de roulade des yeux.

Je termine cette année scolaire, oui je vis encore et toujours au rythme de l'école. J'y partirai jamais je crois bien.
Cette année prend fin avec les Youhouhou ! D'ailleurs je participe de façon obligatoire à des cours d'écriture, et je trouve cette discipline merveilleuse vous savez. J'avez envie de vous partager mes pépites, je pense que le recueil c'est pour bientôt.


L'Acrostiche. Tout le monde connait le principe, un mot en vertical, des rimes, et les vers doivent être en rapport avec le mot en vertical.

Notion oubliée des gens apaisés, pourtant
Incontournable quand le coeur est battant
Quoique parfois utilisé amicalement
Une fois dit comme ça de temps en temps
Et puis ce n'est qu'un mot finalement

Tant pis à celui qui le reçoit, cependant
Attention au retour du bâton méchant

Maugréer de telle sorte peut être alléchant
Et donner des ailes au râlant,
Ricanant bonhomme et son regard menaçant
Enfin attention au coup du droit sanglant

Je vous recommande chaudement ça fait un bien fou, la consigne c'était pas forcément une mot vilain mais j'avais trop envie. L'acrostiche d'injures, à votre tour !

Le Sonnet. Deux quatrains, deux tercets et laissez vous bercer. Attention à la chute.

Assise dans le silence absolu
Attendant que ce dilemme soit résolu
Jamais je ne serais ici à nouveau, jamais plus
Il n'y aura plus jamais ce superflu

Ma vie se résumera à la simplicité
À trop s'encombrer de l'absurdité
Du monde, à trop vouloir de l'activité
Puis tout s'arrête, dans l'atrocité

Cette attente infinie, cette brutalité dans la solitude
Donne une saveur cruelle à notre finitude
Pourtant au fond c'est de la gratitude

L'offrir à cette attente de jurons
Vient enfin dans la douleurs, la garde baissée du fanfaron
Le cri, celui du coeur, le silence. Le regard posé sur cet étron.

L'Alexandrin avec des mots imposés (vers de 12 syllabes)

Sous le soleil de Miami, les chihuahuas
Glissant  au calme sur des skate board.
Les blondes au string ficelle iront danser,
Remuant leur seins siliconés et chanter.

Sinon j'ai des milliers d'autres exercices d'écritures très drôles. Genre tu prends une phrase assez longue. Et chaque mot de cette phrase doit être le début d'une phrase de ton texte. Tu peux aussi prendre le son du dernier mot d'une phrase et le faire commencer à la phrase qui suit. Si tu me suis plus. Rassure toi c'est le point final.




dimanche 13 juillet 2014

Avoir la main verte

Avoir la main verte : Expression courante signifiant : savoir s'occuper d'une plante.  Au Quebec on dit avoir le pouce vert. (Source : les internets).


Je sais plus comment on en est venu à parler des cheveux longs d'Edward.

Peut être, parce que je venais de raconter mon épisode capillaire marocain. Avec le mec qui faisait pipi à un mètre de moi, pendant que sont copain, pris d'une violente inspiration artistique, m'a coupé les cheveux, comme on taille un arbuste.
J'ai d'ailleurs l'image du film d'Edward aux mains d'argent qui me vient. C'était vraiment ça, manquait plus que le sécateur.
"Vous voulez un brushing Madame ?"

OH BA NON JE VOUDRAIS PAS ABUSER DE VOTRE INSPIRATION CRÉATRICE.

Du coup j'avais un bel arbuste taillé comme une oeuvre d'art contemporaine sur la tête. La coiffeur qui a rattrapé ça, a bien rigolé : "Oh mais tu as un escalier dans les cheveux ! J'avais un sapin magique dans les cheveux, l'odeur de la vanille de chiotte en moins.

Bref, toujours est-il qu'on revenait de la plage, et qu'on a parlé des longs cheveux blonds d'Edward. Mais peut être parce que ma fille était en train de nous faire une thèse sur les vernis à ongles, qui sont que pour les filles. Je sais plus vraiment.

Edward c'était notre voisin. Mais alors essayez d'imaginer deux minutes la situation. Imaginez un village du sud de la Provence, composé de 30 habitants. Bon, imaginez maintenant, que ces habitants sont issus, pour la majorité, de deux familles. Deux familles qui se répartissent le village. Deux familles qui se font la guerre. Roméo et Juliette à côté c'est de la merde.
Donc chaque famille habite d'un côté de la rue du village, ils règlent leurs problèmes à la chasse ou à coups de fusil. Et ici t'avises pas de mettre ta poubelle à un mètre de son emplacement prévu. C'est un peu notre Ok Corral à nous, avec le shérif et tout et tout.

Et maintenant imaginez Edward, un homme d'1m90, anglais, fin comme un haricot vert, aux cheveux longs, blonds. Il met des paréos pour aller à la plage. Se met du vernis sur les pieds et les mains. Porte des chaussures à talon de temps en temps. Mais c'est un homme.

L'ovni du village, plus personne ne dit rien, tout le monde le regarde, en chuchotant chez soi toutes sortes de trucs sur lui.

Et moi dans tout ça je dois avoir 10 ans. Et je vois cet homme extravagant s'installer dans la petite maison qui donne sur notre jardin. D'ailleurs il faudra pas longtemps avant que ma mère décide d'installer une échelle dans le jardin, pour qu'on puisse chacun aller chez l'autre. C'est devenu le copain de la famille.
Il met des bouts de laine dans ses cheveux, des jupes, des talons, et du vernis. Mais c'est pas une femme. C'est totalement un homme, il a sa petite barbe blonde, ses muscles, il se cache pas derrière quelque chose. C'est un homme qui aime le vernis. D'ailleurs il a une petite copine. Elle est belle sa petite copine. Elle m'a prêté sa robe de toutes les couleurs pour aller au collège. Mais les garçons du collège ont tous dit que j'avais mis mon hamac.
Ils sont cons. Mais tellement cons. Du coup j'ose plus la mettre la robe. Et même si elle a fini par m'appartenir, je l'ai plus jamais remise.
J'avais pas envie qu'on se moque. C'est con.

Edward c'était notre copain de jeu, il était toujours content de nous voir frapper à sa fenêtre depuis notre échelle.
Même qu'une fois j'avais décidé de faire un reportage mode, avec une interview exclusive, il s'était prêté au jeu. Il avait mis des fleurs dans ses cheveux. Et je l'avait fait posé devant un arbuste, avec son vernis assorti aux fleurs dans ses cheveux, pour qu'on les voit bien Je dois toujours avoir ces photos quelque part.
On l'a aussi retrouvé à Londres, puis dans une maison perdue des Pyrénées. C'était le voisin extravagant. C'est devenu l'ami de la famille.

Je sais pas pourquoi je raconte tout ça. Peut être parce qu'en rencontrant Edward, j'ai découvert que le vernis sur les hommes ça pouvait être super viril.
Ou peut être qu'en me remémorant ce souvenir de jeunesse avec mon petit frère, qui se souvenait bien de lui, j'ai eu un petit brin de nostalgie.
Ou peut être que l'ouverture sur l'autre, ça peut même venir dans un petit village paumée du sud de la France. On croirait pas hein ?
Ou peut être parce qu'hier j'ai offert des rosiers pour un anniversaire.

Chai plus bien, j'ai jamais eu la main verte t'façon.

Bon je vous laisse, j'ai mon 4x4 qui m'attend pour aller au magasin 5 minutes avant la fermeture. J'aime bien faire chier.

mercredi 1 août 2012

Le Videur maudit

Le Videur maudit : Le nouveau livre de Marco Lévy, vendeur de beignet, garagiste et écrivain. A lire sur la plage  un jour d'interdiction de baignade pour cause de pollution ou d'attaque de requins.


Ceci est un anneau gastrique


C'était un jour de juillet, un jour de semaine, peut être de fin de semaine, ou début de semaine. Finalement la date n'avait peut être pas d'importance.
Il ne faisait pas très chaud, mais pas trop froid non plus. On aurait pu s'attendre à une météo plus clémente pour une saison estivale. Je ne me souviens plus si des oiseaux chantaient, ou si le bruit entêtant de la chasse d'eau avait surgit.
Je devais porter une culotte délavée, je me souviens que mes oursins saluaient le public. Un t-shirt, qui avait du être porté pendant ma période balaineuse, ornait mes épaules et mes seins.
Une sensualité qu'on aurait pu définir de normale, à tel point, que ce cher François, aurait pu me l'envier (cette normalité j'entends) (bien que la sensualité aussi, finalement).
J'étais allongée, tranquillement (à base de tranquilade) sur ce canapé clic-clac moelleux, acheté lors d'une sortie dominicale chez Ikéa. Un canapé qu'on qualifierait de moche. Je ne compte plus le nombre de fois où j'avais pensé le changer.
Mon partenaire domestique avait fait irruption dans le salon, tel un enfant de dix ans à qui on avait acheté un malabar. Il était habillé à la mode hollandaise dirons-nous : Normalement.
Il avait sorti de son sac moche, le graal. Ses yeux brillaient à la lueur de cette boite blanche. C'était une boite en plastique blanche, vous savez comme ces boites où on range les appareils dentaires de nuits. Oui ces boites qui puent le rat mort.
J'avais ouvert cette boite, j'avais d'abord cru à une bague rose Barbie. Elle paraissait cependant assez large et bien moelle pour mon doigt. Elle semblait mieux convenir à l'unique doigt situé au milieu du buste, de mon compagnon. Appelons-le "Super Finger" (LE doigt de mon mari bien entendu)
Je ne vous parle même pas du diamant étrange qui enveloppait la bague. Des petits pics mous terminaient d'officier cette étrange monture. (Bien que je ne pense pas qu'officier convienne ici)
Non ce n'était pas une bague pour greluche écervelée. C'était un anneau vibrant à trois vitesses. (Ouais les gars trois vitesses)
Quelques temps plus tard, après avoir été utilisé pour toutes sortes d'occupations, dans mes souvenirs je ne crois pas l'avoir utilisé pour le ménage. Après avoir usé encore et encore de Super Finger, mon partenaire et moi-même avions rangé cet étrange objet dans notre boite à secrets, ou plutôt le débarras à côté de notre lit. Vous savez ces débarras où on trouve aussi bien du PQ, que du spray pour la gorge, des livres oubliés et même parfois quelques chaussettes célibataires.
Une nuit, alors que nous dormions du sommeil du juste. Entre quelques gaz et quelques ronflements, mon partenaire s'était soudain levé et était revenu quelques minutes plus tard.
Je me souviens que dans un mélange d'haleine digne d'un homme des cavernes et de quelques grognements j'avais demandé à mon cher et tendre :

-" Mais où étais tu donc passé ?" (peut être que ça ressemblait plus à quelque chose du genre : Qu'est ce que tu foutais bordel de merde ?)
Sa réponse ne tarda pas à sortir de sa délicate bouche.
-" T'entends pas ce Bruit Horrible ? ça m'a réveillé, du coup j'en ai profité pour faire caca"

J'étais trop ensommeillée pour me rendre compte de ce qu'il disait, j'avais juste eu le temps d'intercepter le caca avant de retournée dans les bras de Morphée.
Mais c'était trop beau. Le Bruit Horrible commença à perturber mon sommeil. Il m'était impossible de retrouver le chemin de la nuit.
Mon partenaire domestique finit par s'énerver, pestant contre le voisin. C'était un bruit étrange, entêtant (pire que la chasse d'eau). Un bourdonnement assez fort, qui empêchait le sommeil.
Quelques crottes d'oeil enlevées, plus tard, je me résolu à trouver d'où venait ce Bruit Horrible. Mon investigation pris fin dans la fameuse boite à débarras, et j'en sorti, glorieuse, la petite boite en plastique blanc qui vibrait de toutes ses forces. Un peu comme si elle était possédée. (Vous savait un peu comme cet épisode de Père Castor où une gamine se fait réveiller par un Bruit Horrible qui provient d'une boite)
Je la donna à mon compagnon, pour qu'il appuie sur le bouton stop de l'anneau vibrant. En vain.
Une phrase fusa de sa délicate bouche.

- " Bon, je crois qu'on va devoir l'utiliser, maintenant tout de suite"
- "Gromelots" (un mélange d'insultes et de contrariété à l'idée de devoir utiliser ce machin en plein milieu de la nuit au lieu de dormir)

L'anneau se s'arrêtait pas, il vibrait de toutes ses forces, rien ne l'arrêtait. Peut-être était-il vraiment possédé.
L'homme de la situation (non pas Super Finger) décida qu'il était temps de mettre fin à la vibration de cet anneau diabolique. Il sentit en lui toute la force nécessaire, autant qu'il en avait fallu à Frodon Sacquet, des millions d'années plutôt, pour mettre fin à la malédiction de l'anneau. Il jeta l'anneau contre le mur pour l'arrêter. Ce fut inefficace. Il le déposa sur le canapé clic-clac moelleux, en attendant de trouver une solution. Mais il eu peur que notre chat puisse s'amuser, de quelconques façons, avec.
Résigné et résolu (oui on peut être résigné et résolu en même temps) à se débarrasser du Mal, il le jeta dans la poubelle, pris soin de l'emmitoufler pour apaiser les vibrations. Et s'en alla retrouver son lit.
Au petit matin, l'anneau avait rendu l'âme. Et ce n'est pas sans surprise, que je vis, mon partenaire particulier (cherche partenaire particulière) visser l'anneau maudit sur un nouvel appareillage... Oh Mon Dieu !

La prochaine fois, peut être que je vous raconterais l'histoire du gode qui se prenait pour un philosophe.

Je dédicace ce livre à Fesse-Fouillie et La Défraîchie amateuses de sensations fortes.

Marco Lévy

dimanche 5 février 2012

Section 22

Section 22 : Arrivée.





L'autre jour j'ai eu un coup de téléphone de J. Avoir un coup de téléphone de J. c'est un peu comme avoir de la neige au mois d'août. C'est rare.
Quand j'ai vu son nom apparaître avec sa jolie photo, je me suis doutée de la raison de son appel. Je savais.
Il était tout excité au téléphone, lui qui n'aime pas parler, et encore moins avec un téléphone; il ne s'arrêtait plus, je le sentais vibrer de joie et d'inquiétude.
Il avait plein de chose à préparer, il avait été prévenu au dernier moment, c'était un coup du hasard. Même si dans la vie y'a pas de hasard, y'a que des coïncidences.
Je lui ai parlé des publicités que j'avais vu sur le sujet dans les couloirs puants du métro. Je pensais à lui souvent finalement.
J. c'est le plus ours de tous, il est bande à part, on prend souvent ça pour de la négligence et du manque d'amour mais je crois bien que c'est pour se protéger qu'il fait ça. C'est pas un pro des relations humaines. Il a d'autres qualités. Il sait réparer un ordinateur.
Je le vois une fois par an et ça me chiffonne, il connaît peu de choses de ma vie et ça me rend triste. Mais c'est J. c'est comme ça.
Ca fait deux ans qu'il fait couler de nombreuses minutes téléphoniques. Inquiétude, énervement. Deux ans et un coup de fil plus tard, tout s'est envolé. Il s'en va pour de bon.

- "Mais tu sais ce dont tu m'as parlé Aubergine ?"
- "Ouais, c'est pour 2013 et je compte toujours sur toi"
- "Moi aussi"
- "Tu seras avec ton uniforme j'espère"

Il s'est mis à rire. Et moi j'avais envie de chialer.

J'aime pas la Bretagne. J'ai jamais aimé cet endroit. Ca pu l'air iodé. Y'a des traces de vers quand c'est marrée basse.
Mais aujourd'hui ça me fera une destination de vacances en plus. J'ai hâte.
Aujourd'hui il a enfilé son uniforme de marin de la section 22. Sa vie prend le plus beau des tournants. Je sais pas trop quand je le reverrai, parce qu'on est pas des pros de la relation fraternelle tous les deux. Peut être que ce sera en 2013 dans ma robe blanche. En attendant, je suis pleine de fierté.

Je vous laisse. Il neige et on est pas au mois d'août.

Aubergine

jeudi 6 octobre 2011

Tenue


Trouver quelque chose à dire, un simple mot. Tout lui parait si impossible à présent. La claque. Elle emmerde son monde, elle est en colère ! La haine. Elle aime ce mot, elle pourrait le cracher à la gueule du premier venu. Envoyer sa merde verbale sur le premier venu, quelle jouissance !


« I need to sleep »

Putain, mais je m’en branle que tu veuilles pioncer. Et puis parle-moi en français bordel de merde.

« Ici on parle  français. »
« Je veux dormir, my honey »

Oui c’est bon j’ai compris, et bien dors !

Et la revoilà partie dans sa colère, silencieuse. Impossible d’extraire le moindre mot de sa bouche. Sa diarrhée verbale peine à sortir. Aucune larme. C’est une colère silencieuse qui la bouffe et la fait rire. Rire ! Incroyable mais vrai, elle se marre pour étouffer sa rage.  Dans un fou rire, elle se lève et allume sa clope.
Si seulement, je l’avais fait…

« Honey, il est vraiment tard, viens dormir ! Mais tu fais quoi, what is craap ? Tu fumes ?! »

Mais c’est pas possible, il veut pas me lacher, me laisser penser tranquille…

« C’est bon je l’éteins, va te coucher, j’arrive. »

Elle rit, elle pleure.

« Honey, tu ris ou tu pleures ? »
« Les deux chéri, mais ça va. Dors j’te dis. »

Elle s’allonge. Le calme reprend. Si seulement je l’avais fait.

« Tu veux pas me dire ce qui t’arrive honey ? »
« Mais rien ! C’est pas un drame de rire et de pleurer, ça t’arrive jamais peut être ? »
« Pas comme ça non ! Tu l’éteins cette lumière ?! »
« Oui. Dors bien. »

La pièce est sombre, comme cette ruelle. Les yeux grands ouverts, elle suffoque.

« Tu sais honey, je t’aime. Tu es mon unique. »

Tu es unique. On dit, tu es unique. Putain.

« Je t’aime. »

Le calme revient. Va-t-elle enfin pouvoir suivre le fil de sa pensée ? Elle transpire. Elle ferme les yeux. Un cri étouffé parcourt la pièce.

« Honey ? Tout va bien ? My God, qu’est ce qui ce passe. Tu es transpirante. »
« Ca doit être le chauffage. J’ai du faire un cauchemar. »
« Oh my darling. Tu veux quelque chose ? »

Mais putain je veux qu’on me foute la paix.

« Non chéri, ça va aller. T'éteins la lumière ? !»
« Oui, dors bien. »

Le silence reprend. Ses yeux s’habituent à l’obscurité. Elle sent ses mains. Son haleine qui pue. Elle voudrait supprimer cette image qui la terrorise. Comme dans un film en mode marche arrière. Elle se revoit parcourir cette journée à l’envers. Etait-il là depuis longtemps ? L’observait t-il depuis longtemps ? A quel moment a-t-il remarqué sa présence. Etait- ce la première fois qu'il la voyait ? Comment a-t-elle pu ne rien voir venir ?

« Honey, je te trouve étrange. Es-tu sûre que tout va bien ? »
« Oui. Mais j’ai du mal à trouver le sommeil. »
« Tu veux un somnifère ? »

Je vais l’assommer. Je vais lui clouer la bouche. Pour quoi je ne peux pas penser tranquillement ?!

« Non chéri, vraiment, tout va bien. Tu vas être crevé pour le boulot demain. Dors ! »
« Ok my lovely. Tu sais que je t’aime. »
« Moi aussi. »

Elle retrouve ses pensées. Elle se souvient. Elle portait un jeans moulant avec un chemisier vert. Elle déteste ce chemisier. Mais le matin même elle avait du se précipiter pour partir. Pas le temps de faire le choix. Pourquoi se fixer sur sa tenue vestimentaire. Elle était en retard et elle déteste ça.

« Honey ? Tu dors ? »
« Non chéri, j'dors pas. »
« Je m’disais… »
« mmh ? »
« Non, laisse tomber. On est fatigué. Faut qu’on dorme. »
« Oui. Bonne nuit alors. »
« Bonne nuit. »

Elle l’avait embrassé. Claqué la porte. Il faisait très froid ce matin là. Direction le boulot. Trajet habituel. Les mêmes choses chaque matin. Les journées qui défilent. Et ce putain de chemisier vert qu’elle avait mis. Mais pourquoi cette horreur de chemisier aujourd’hui ?
Elle avait bossé plus tard que prévu, des paperasses de merde à terminer. Et ce machin vert qu’elle ne supportait pas qui lui collait à la peau, lui laissant des auréoles sous les bras.
A 23h00 tapante elle avait enfin fini sa journée de labeur.

«  En fait j’me disais, j’ai envie d’avoir un enfant »

Elle somnolait dans un état de trans, dans un état second. Des flashs lui revenaient. Ses yeux noirs, ses mains râpeuses sous ce tissu vert immonde. Et cette parole si affreuse « Tu vas aimer ça »
Elle était sortie du boulot tard. Elle était la dernière. Elle aimait bien, pourtant, rester au bureau quand tous les combattants avaient désertés.

«  Tu dors, tu ne m’entends pas, mais j’ai envie de ce bébé avec toi »

Non je ne dors pas pauvre con. Mais vois- tu ?! Je pense bordel. Je pense à ce truc vert et à cette journée de merde
La place était déserte. Plein mois de décembre avec un froid glacial. Qui pouvait bien trainer ici ? mis appart cette sombre merde. Il l’attendait. Sale monstre
Elle avait pris la première rue. Scénario classique. Il la suit, elle ne remarque rien. Première rue un peu sombre, il se jette sur elle. Pas le temps de pousser une gueulante. Surprise. Elle sent sa main puante et moite sur sa bouche. Elle fait un geste et s’en est finit pour elle. Dans l'autre main elle voit une lame.

«  Tu es la femme de ma vie, tu comprends ça ? »

J’men fous. Je ne suis plus une femme ce soir. Je suis ce putain de chemisier vert que je déteste.
Sentir les remous de son corps, cette espèce de chose gluante pénétrer son vagin, son ventre.  Et voilà en prime qu'il se permet de jouir. Elle reste de marbre. Se sentant absente de ce qu’elle subie. Elle est droguée, anesthésiée. Sa vie s’arrête aujourd’hui. Elle fixe son chemisier vert, dans la nuit il est noir, comme le chaos dans lequel elle se trouve à cet instant. Tout ça c’est à cause de ce foutu chemisier vert.

« Je veux pouvoir te rendre heureuse… »

« Tu aimes ça, hein ? Sale chienne !! »
Je n’aime plus rien. Cette odeur qui s’échappe de lui. Elle veut gerber. Elle veut se vider de ses entrailles. Lui vomir sa haine à la gueule.
Le voilà qui vide son purin de semence sur son chemisier. Il rit.  Une phrase s’échappe de sa bouche : « putain de chemisier. »
Il lui crache à la gueule. Se rhabille. Et se taille.
Elle se relève. Réajuste son chemisier et son pantalon. Elle se recoiffe. Continue son chemin. Elle marche, elle ne s'arrête plus, elle ne sais plus où elle est. Y'a une lumière, elle entre c'est un tabac, elle achète des clopes  et s’engouffre dans la bouche de métro.

« Honey, I want to married you. »

D’un bond, elle se redresse, prends son coussin  et l’enfonce dans le visage de son fiancé. Il n'a pas le temps de s'opposer. Elle appuie si fort. Après quelques soubresauts comme une éjaculation, il ne bouge plus.
Enfin ! Elle peut penser dans le silence. « Si seulement j’avais changé de chemisier »
Ses yeux se ferment. Elle s’endort comme assommé par tant de plaisir, elle a retrouvé son calme.

Mathilde Laetitia, le 26 avril 2009.