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vendredi 12 juin 2015

Pirouette

Pirouette : cacahuète (j'espère que vous l'avez en tête maintenant)



C'est agréable quand on fait sa sortie de l'hiver en fanfare. Où tout semble aller dans le bon sens, enfin. On peut souffler un grand coup.

La fierté aussi, celle d'avoir réussi. Comme je dis toujours il y a le facteur chance, mais pour avoir de la chance il faut déjà la créer. Bon après parfois on essaye de tout faire pour avoir l'icône en trèfle à 4 feuilles comme dans les Sims mais c'est pas d'une grande efficacité.
Tout ça pour vous dire, que je suis fière car je retourne à l'école en septembre. J'ai peur aussi un peu, c'est vrai.

Pirouette.

À 25 ans il est peut être temps de poser ses valises pour un vrai métier, c'est bien joli de butiner partout. Mais que voulez-vous j'ai besoin de me tromper pour savoir où je vais. Et ces derniers temps j'étais occupée à construire une famille. Et une famille mine de rien, ça remet tout à zéro, tout à plat, ça donne de nouvelles perspectives. Maintenant je peux le dire un peu plus fort : je sais où je vais.

Pirouette.

J'aime bien cet article emmêlé, en re-lisant d'autres billets, je me rends compte à quel point je change, je grandis, je progresse et mine de rien c'est rassurant. Rassurant de savoir que rien n'est figé et que si on veut on peut retourner à l'école, pour 3 ans. J'avais la possibilité d'y aller seulement pour 10 mois. Mais un peu de challenge que diable ! J'ai envie de sortir de ma zone de confort. J'ai envie de réviser, d'écrire, d'apprendre, d'avoir le cerveau en ébullition, d'être fatiguée, de douter, de regretter, d'hésiter, d'y retourner et d'y parvenir. J'ai envie de prendre ma revanche sur l'élève, la collégienne, la lycéenne, l'étudiante moyenne que j'ai toujours été. J'ai envie d'avoir des 20 et d'être une fayote.

Pirouette.

Je vais pouvoir acheter une nouvelle trottinette pour aller plus vite. Des stylos jolis. Des cahiers. Mais surtout, surtout je suis fière de moi comme vous ne pouvez l'imaginer. Mes 25 ans m'auront apporté de la fierté et c'est ça dont j'ai envie de me souvenir, et de me l'étaler sur le front en gros : FIERTÉ.

Pirouette.

lundi 3 octobre 2011

Case

Case : Habitation rudimentaire (source : http://atilf.atilf.fr/)


L'enfant n'est pas que.
L'enfant ne se réduit pas à une propriété, l'enfant ne se réduit pas à des termes pédiatriques, l'enfant ne se réduit pas à des adjectifs, l'enfant ne se réduit pas à de l'amour, l'enfant ne se réduit pas à des paires de baffes.


Quand je lis les billets que j'ai en charge dans le cadre des Vendredis Intellos, je constate qu'on réduit l'enfant à une simple case. Evidemment il est difficile de vivre sans case, comme il est difficile de vivre sans identité, sans toit, sans tout. Bien trop souvent, hélas, on ne lui laisse pas le choix d'être dans une case que nous, parents, adultes, médecins, instituteurs, animateurs, amis (liste non exhausitive) lui avons attribué d'office. C'est d'ailleurs ce que nous fait part MamanSioux dans son article sur l'éducation non violente et elle-même affirme très justement :  "Je me dis que je devrais prendre garde à ne pas enfermer mon fils dans un rôle d’enfant énergique et exigeant voire impatient. Il réagit comme il réagit, il s’agit d’un instant T, peut-être même d’une période de plusieurs mois mais il est important que je ne le réduise pas à ça, que je lui laisse le droit de changer si cela doit arriver. "


Mais en quoi peut-il être nocif d'enfermer son enfant dans une case, même dans une volonté de bien-faire ? Tout simplement parce qu'on ne lui laisse pas le choix d'être, on ne lui laisse pas le choix d'être un Homme en devenir. On l'enferme, contre sa volonté dans une identité qui ne lui appartient pas et lui-même se retrouve dans l'impossibilité de changer, de faire sa résilience. Et parfois la mort est le seul destin de ces enfants.
Bien sûr, on peut le faire inconsciemment ou culturellement comme pour ces petites filles à qui on prend le droit de vie ou de mort. On tue ces petites filles car elles sont nées filles ou alors sont en chemin pour le devenir et sont donc considérées avant tout comme un poids matériel c'est ce qu'on peut lire dans le triste état des lieux du billet de Glam'mam. 
Que dire de ces enfants qui passent à l'acte et prennent la décision de mettre fin à leurs jours. Que penser de cette souffrance dans laquelle ils sont, d'où vient-elle ? la dessus je ne me permettrai aucun "classement" car je me sens incapable  de dire si nous sommes responsables de ce passage à l'acte, je pense que oui. Est-ce une forme de pression de notre part qui pousse l'enfant à penser à la mort ? certainement. Mais ce n'est que mon point de vu. Je remercie Val1603 d'avoir fait vaciller à ce point ma conscience et ma pensée avec son article sur le suicide des enfants.


Mais cette fameuse case peut avoir un sens différent, un sens impalpable, un sens d'idéaux, c'est ce dont j'ai ressenti à la lecture de l'extrait de Lettre à la jeunesse d'Emile Zola qu'a posté Kiara. Aux travers des mots d'Emile Zola j'ai eu l'impression que cette jeunesse n'avait d'autre choix qu'accepter l'héritage des anciens et perpétrer en quelques sortes leurs idées, mêmes les plus viles. J'ai ressenti encore une fois cette sensation désagréable d'être prisonnier de soi par à cause d'un autre. Parce que vous nous avez donné la vie, la liberté alors on vous fera honneur. J'ai trouvé le parallèle très juste avec le Cid, ce fatum qui nourrit les tragédies classiques. (Je tiens à rassurer Kiara j'ai beaucoup apprécié son article).


Elever un enfant, littéralement, d'après http://atilf.atilf.fr/ c'est (La notion dominante est celle d'une hauteur bien en vue ou d'un accroissement de valeur) faire monter quelque chose, ou plus rarement quelqu'un, d'un niveau à un autre situé plus haut, de manière qu'elle soit bien ou mieux en vue ou qu'elle acquière une valeur supérieure. 
Je crois alors qu'il est nécessaire de mettre en pratique cette magnifique définition et de sortir l'enfant de cette habitation rudimentaire, d'accepter que l'enfant ne soit pas le prolongement de notre ego, de notre héritage, de notre pensée, de notre culture. D'accepter que l'enfant ne soit pas seulement notre désire psychique, mais une réalité à part entière.



Hop et voilà le troisième débriefing de Mme Déjantée qui se termine.

Bisous

Aubergine



mercredi 21 septembre 2011

Transmettre

Transmettre :  Trans-  "Au-delà" et Mittere "envoyer". Du latin transmittere, envoyer par-delà, transporter, faire passer. (source : cnrtl.fr)

En recherchant la définition et l'étymologie du verbe transmettre, on s'aperçoit  qu'il y a une part métaphysique voir spirituelle. Transmettre n'est pas forcément le simple fait d'envoyer un message à quelqu'un. Transmettre c'est aussi apporter un savoir-être et un savoir-faire à une personne.

Mais alors que transmettons-nous aux enfants?

Et d'ailleurs qui sont les personnes qui transmettent aux enfants ? Un professeur ? Un ami ou ce qui nous vient en tout premier : Les parents. On se dit que c'est à eux de tenir ce rôle de transmetteur (à tort ou à raison). Mais pas seulement, comme le dit Dark Gally où il est question de ce fameux petit garçon, peint par Roald Dahl (La potion magique de Geroges Bouillon), qui aimerait tant trouver une potion magique pour transformer sa grand-mère en gentille grand-mère. Parce qu'une grand-mère c'est essentielle, c'est elle "la plus vieille" qui détient encore l'histoire de la famille, de nos ancêtres, c'est elle qui sait le mieux nous dire d'où nous venons. C'est elle qui peut, encore, nous transmettre l'histoire. Mais si le lien entre un enfant et un aïeul est essentiel, il a besoin, à mes yeux, d'être encouragé par les parents (nous sommes d'accord, qu'on part du postulat que les grands-parents ne sont pas d'immondes pervers qui portent sur leurs épaules les crimes de l'humanité) et c'est aux parents, ensuite, de s'éclipser de ce lien pour qu'il se construise sans eux !

Que peut-on transmettre aux enfants ? des connaissances, la vie, des maladies mais aussi (et peut être avant tout) des valeurs. C'est ce que nous dit Mamma Loup en contredisant la citation d'Edwige Antier, qui assure (Edwige Antier) qu'un enfant qui ne croit pas au Père-Noël sera plus pessimiste et d'une façon aura plus de difficulté à affronter la vie. Je trouve cette idée très réductrice et surtout erronée. Heureusement,  Mamma Loup est de mon avis (ouf !) et assure très justement qu'on peut croire au Père-Noël mais avant tout, croire à l'esprit l'esprit de Noël : La générosité, l'esprit de famille et la solidarité.
Les valeurs que nous transmettons à nos enfants sont-elles toujours dénuées d'intérêts pour nous adultes? Je crois que certaines choses transmises peuvent avoir un effet nocif pour l'enfant et l'adulte en devenir. Comme le souligne si bien Kiara et son extrait du Cid de Corneille. Dans ce passage il est question de l'honneur d'un fils pour son père. Don Rodrigue doit choisir entre l'honneur qu'il a pour son père et l'amour qu'il porte pour Chimène. Le père peut être fière ce fils qu'il a façonné à son image, mais ce fils ne lui appartient pas. Ce père peut avoir transmis le meilleur, son fils ne lui est et ne lui en sera jamais redevable. Nous ne transmettons pas par intérêt et ce que nous transmettons ne nous donne pas le droit de propriété sur la personne à qui nous transmettons ! Transmettre n'est pas un dû mais un don !

Il arrive parfois, qu'on transmette des choses à notre insu, comme par exemple un sentiment comme la joie ou la peur. D'ailleurs Kiki The Mum nous fait un très bon listing des peurs de nos enfants et du devoir que nous avons de les écouter. Dans toutes ces peurs, on retrouve la peur des insectes et des animaux, qu'on appelle phobie. Et devinez quoi ? Ce sont les parents (évidemment) qui transmettent cette peur (vilains que nous sommes). Et puis il y a ces petites choses que nos enfants se mettent à faire, on a pourtant l'impression de n'y être pas pour grand choses. C'est ce que découvre Miss Brownie avec les petits mensonges de son TiBiscuit. Comme si parfois, la transmission se faisait d'elle même, comme par magie, et pas forcément pour notre plus grand bonheur !

Pour ma part, j'ai transmis à ma fille le sens du 
rangement


Et voilà que ce termine mon deuxième débriefing des Vendredis Intellos de Mme Déjantée (le premier est ici)