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jeudi 30 octobre 2014

Carafe

Carafe : dans un groupe il est fréquent que la gourde ou la cruche reste en carafe, surtout si en plus, elle traine des casseroles. (source : http://www.expressio.fr/)


Un belle bande de gagnants (photo The New York Times)


Ah ! Les vacances scolaires, ce moment formidable pour remplir sa jauge de parent parfait (enfin si t'as la chance d'être en vacances aussi). Les dernières vacances en tête à tête avec ma fille pour ma part, l'occasion de mettre le paquet.
Genre "viens on traverse Paris pour aller voir Peter Pan" "Tiens une glace" "Viens on construit une maison de poupée" "D'accord on joue à la 50ème partie de Mistigris".
Et puis dans tous ces moments, on discute beaucoup, c'est chouette un enfant de 4 ans, ça a beaucoup de conversation, ça pose pleins de questions, c'est toujours d'accord pour faire pleins de corvées aussi, mais ça c'est une autre histoire.
La dernière fois pendant le repas en tête à tête, on parlait du bébé à venir, elle posait plein de questions, les histoires de graines cul-cul toussa toussa. Evidemment, moi gonflée à bloque, genre c'est trop facile d'expliquer la vie à une môme de 4 ans, je vois pas en quoi y'a besoin d'en faire tout un flan et de rameuter les pedopsy machins. J'ai juste eu le temps de terminer cette pensée que la question qui tue est sortie, j'ai failli m'étouffer avec mes flageolets : "Mais maman la graine, papa il l'a mise comment ?"
J'ai regardé ma fille qui soutenait mon regard du genre "on sortira pas des flageolets tant que tu me répondras pas maman".
J'ai perdu tout mon aplomb, j'ai eu envie d'appeler Claude Halmos sur le champs, j'ai couru dans la chambre de la môme pour trouver des livres qui causent de la vie.
J'avais envie de pleurer, dans les deux livres que j'ai, aucun n'explique au gosse comment la graine elle est venue. On explique surtout ce qu'elle devient cette foutue graine.
Et toujours le regard interrogateur de ton môme qui se demande pourquoi c'est si difficile d'expliquer comment papa il a mis la graine. Après avoir bredouillé dans tous les sens je me suis lancée dans la véritable explication, adieu la graine, le jardinage et les papillons.

"Tu vois papa et maman ils ont fait un câlin spécial, et papa il a mis le kiki dans la zezette de maman et la graine s'est déposée dans le jardin de maman"

Finalement s'est pas si terrible, m'enfin là j'étais pas au bout de mes peines les gars.

"Mais maman moi aussi j'avais envie d'être avec vous pour faire un câlin, et je voulais voir papa mettre la graine" (là à ce moment là, tu te sens très seule, tu sais plus quoi faire, tu voudrais que quelqu'un vienne te sauver, genre Super Zizi)

"Ah oui ma chérie, mais alors c'est un câlin très spécial qui se fait qu'entre maman et papa vois-tu, personne peut être là, c'est un moment juste entre papa et maman (et le chat aussi qui vient toujours se rincer l'oeil à cet instant, mais je lui ai pas dit, faut pas déconner)"

"Ah mais c'est nul, et puis cette graine maman, c'est quoi au juste ?"

"Un spermatozoïde, tu finis tes flageolets ma puce ?"

Après on a fini les flageolets, elle a changé de sujet, je pense qu'elle avait ses réponses mais en fait c'est pire que les films avec 3000 suites cette histoire...

... quelques jours plus tard dans le bus bondé elle me demande, avec la discrétion légendaire d'un enfant de 4 ans "MAMAN TU VEUX BIEN M'EXPLIQUER ENCORE LE CÂLIN SPÉCIAL DE PAPA ET LA GRAINE".

Allo ? Le centre aéré ? Il vous reste de la place pour les vacances ?!



dimanche 13 juillet 2014

Avoir la main verte

Avoir la main verte : Expression courante signifiant : savoir s'occuper d'une plante.  Au Quebec on dit avoir le pouce vert. (Source : les internets).


Je sais plus comment on en est venu à parler des cheveux longs d'Edward.

Peut être, parce que je venais de raconter mon épisode capillaire marocain. Avec le mec qui faisait pipi à un mètre de moi, pendant que sont copain, pris d'une violente inspiration artistique, m'a coupé les cheveux, comme on taille un arbuste.
J'ai d'ailleurs l'image du film d'Edward aux mains d'argent qui me vient. C'était vraiment ça, manquait plus que le sécateur.
"Vous voulez un brushing Madame ?"

OH BA NON JE VOUDRAIS PAS ABUSER DE VOTRE INSPIRATION CRÉATRICE.

Du coup j'avais un bel arbuste taillé comme une oeuvre d'art contemporaine sur la tête. La coiffeur qui a rattrapé ça, a bien rigolé : "Oh mais tu as un escalier dans les cheveux ! J'avais un sapin magique dans les cheveux, l'odeur de la vanille de chiotte en moins.

Bref, toujours est-il qu'on revenait de la plage, et qu'on a parlé des longs cheveux blonds d'Edward. Mais peut être parce que ma fille était en train de nous faire une thèse sur les vernis à ongles, qui sont que pour les filles. Je sais plus vraiment.

Edward c'était notre voisin. Mais alors essayez d'imaginer deux minutes la situation. Imaginez un village du sud de la Provence, composé de 30 habitants. Bon, imaginez maintenant, que ces habitants sont issus, pour la majorité, de deux familles. Deux familles qui se répartissent le village. Deux familles qui se font la guerre. Roméo et Juliette à côté c'est de la merde.
Donc chaque famille habite d'un côté de la rue du village, ils règlent leurs problèmes à la chasse ou à coups de fusil. Et ici t'avises pas de mettre ta poubelle à un mètre de son emplacement prévu. C'est un peu notre Ok Corral à nous, avec le shérif et tout et tout.

Et maintenant imaginez Edward, un homme d'1m90, anglais, fin comme un haricot vert, aux cheveux longs, blonds. Il met des paréos pour aller à la plage. Se met du vernis sur les pieds et les mains. Porte des chaussures à talon de temps en temps. Mais c'est un homme.

L'ovni du village, plus personne ne dit rien, tout le monde le regarde, en chuchotant chez soi toutes sortes de trucs sur lui.

Et moi dans tout ça je dois avoir 10 ans. Et je vois cet homme extravagant s'installer dans la petite maison qui donne sur notre jardin. D'ailleurs il faudra pas longtemps avant que ma mère décide d'installer une échelle dans le jardin, pour qu'on puisse chacun aller chez l'autre. C'est devenu le copain de la famille.
Il met des bouts de laine dans ses cheveux, des jupes, des talons, et du vernis. Mais c'est pas une femme. C'est totalement un homme, il a sa petite barbe blonde, ses muscles, il se cache pas derrière quelque chose. C'est un homme qui aime le vernis. D'ailleurs il a une petite copine. Elle est belle sa petite copine. Elle m'a prêté sa robe de toutes les couleurs pour aller au collège. Mais les garçons du collège ont tous dit que j'avais mis mon hamac.
Ils sont cons. Mais tellement cons. Du coup j'ose plus la mettre la robe. Et même si elle a fini par m'appartenir, je l'ai plus jamais remise.
J'avais pas envie qu'on se moque. C'est con.

Edward c'était notre copain de jeu, il était toujours content de nous voir frapper à sa fenêtre depuis notre échelle.
Même qu'une fois j'avais décidé de faire un reportage mode, avec une interview exclusive, il s'était prêté au jeu. Il avait mis des fleurs dans ses cheveux. Et je l'avait fait posé devant un arbuste, avec son vernis assorti aux fleurs dans ses cheveux, pour qu'on les voit bien Je dois toujours avoir ces photos quelque part.
On l'a aussi retrouvé à Londres, puis dans une maison perdue des Pyrénées. C'était le voisin extravagant. C'est devenu l'ami de la famille.

Je sais pas pourquoi je raconte tout ça. Peut être parce qu'en rencontrant Edward, j'ai découvert que le vernis sur les hommes ça pouvait être super viril.
Ou peut être qu'en me remémorant ce souvenir de jeunesse avec mon petit frère, qui se souvenait bien de lui, j'ai eu un petit brin de nostalgie.
Ou peut être que l'ouverture sur l'autre, ça peut même venir dans un petit village paumée du sud de la France. On croirait pas hein ?
Ou peut être parce qu'hier j'ai offert des rosiers pour un anniversaire.

Chai plus bien, j'ai jamais eu la main verte t'façon.

Bon je vous laisse, j'ai mon 4x4 qui m'attend pour aller au magasin 5 minutes avant la fermeture. J'aime bien faire chier.

samedi 30 novembre 2013

Exercice d'écriture #1

Exercice d'écriture #1

Consigne trouvée sur ce site :
François Bon, Tous les mots sont adultes, p.27
Choisir une chambre parmi toutes celles qu’on a eues. Celle que les élèves ont maintenant, ou, de préférence, « celle où une fois ils ont eu plus de bonheur », ou une chambre inventée.
Inventorier « toutes les différentes manières qu’on peut avoir d’en parler. Ce qu’on voit de la fenêtre, quand on s’y est perdu au milieu de la nuit. Les cachettes qu’on s’y faisait. Les saisons. Les bruits, bruits de la journée quand on y est mais qu’on ne devrait pas y être, les bruits du dimanche, les bruits de la nuit. » (p.28)


La chambre où j'ai eue le plus de bonheur. 
En voilà un drôle de sujet d'écriture.

Parler de cette toute petite chambre, aux couleurs automnales, peinte au gant de toilette et au pinceau, avec tous les restes de peinture trouvaient dans la cave de la maison ?
Je me souviens que j'y trainais bien avant qu'elle soit désignée officiellement comme ma chambre. Elle était toute petite, c'était une ancienne cuisine provençale avec seulement deux petites fenêtres. Une qui donnait sur un toit. L'autre qui donnait sur la pièce noire et rouge.
On ne pouvait y voir qu'un petit bout de ciel et l'ombre des arbres bougeait quand il faisait nuit. Si jamais le mistral hurlait par la la cheminée, que j'avais pris soin de bloquer avec une planche en bois, on pouvait croire que des fantômes venaient me rendre visite. Parfois la planche se soulevait, me sortant de mon sommeil et m'obligeant à la replacer. 
C'était la seule chambre à coucher du bas. La chambre où on entend tous les bruits de la rue, la porte qui s'ouvre, la vie d'en haut, les pieds de mes soeurs qui tapent sur les tomettes provençales. Le bruit de la TV qui vient de la pièce noire et rouge. 
Dans cette chambre je pouvais entendre tous les bruits de ma vielle maison. Les bruits rassurants de la vie. Je ne suis pas seule.
Peut être que c'est pour cette raison que j'aime les immeubles aujourd'hui. Le bruit de la clé de la serrure de la voisine. Le bruit de l'ascenseur. Le bruit des voix de mes voisines, qui me rappelle qu'il est presque 18h30. 
Dans cette chambre minuscule, je me sentais comme dans l'eau. Flottante et bienheureuse. La tête de cheval en osier appartenant à ma mère, accrochée à l'autre fenêtre qui donnait dans la pièce noire et rouge. La pièce noire et rouge où s'échappait le bruit de la TV et les réactions des spectateurs. 
Je dormais sur un minuscule lit en futon, chargé d'histoire. J'avais une lumière tamisée. J'y passais des heures dans cette chambre, regardant le plafond et toutes les couleurs peintes par chacun de nous. Celle que j'aimais le plus c'était la couleur verte foncée peinte sur les petits carreaux du mur où un évier sans eau vomissait un nombre incalculable de choses que j'entassais. 
Dans mes souvenirs c'était un évier en terre cuite. 
Au dessus de ma cheminée à fantômes, je mettais les cartes reçues pour mes anniversaires. Je me souviens d'une en particulier, envoyée par mon père. Quand on l'ouvrait elle faisait un bruit d'alarme de voiture. Sur la carte, une Betty Boop faisait la moue, comme à son habitude, et touchait une voiture avec sont doigt. On pouvait lire dans la bulle de bande dessinée, au dessus de l'icône de mode : "Tu es ma star". À force d'ouvrir cette carte qui trônait sur cette cheminée, j'avais usé la pile. L'alarme de la carte suffoquait on sentait qu'elle arrivait au bout, et je l'obligeais à sonner encore, juste pour le plaisir de la voir s'éteindre petit à petit. 

Un matin d'été, aux aurores, je me suis faite réveillée par mon grand frère qui était passé par le toit pour toquer à ma fenêtre. 
Ma mère ayant oubliait de laisser la porte ouverte. 
Mon frère adorait faire des expéditions dans la garrigue la nuit. Bien souvent il était accompagné d'un régiment, c'est à dire nous.
On faisait des campements et nous y passions la nuit. Le plaisir de se faire peur avec les sangliers et autres bêtes qui rodaient autour de nos tentes. Plus tard, après de nombreux campements d'infortunes, on a construit une véritable cabane en bois. Mon frère avait même pris soin d'y faire un petit jardin. On avait également construit un pont pour s'y rendre plus facilement. Il me semble bien que mon frère avait installé une balançoire aussi. C'était notre maison de vacances perdue au milieu de la garrigue. Notre maison d'enfants. On avait toujours des idées incroyables, surtout mon frère. Il avait le don de nous entrainer dans ses folles aventures.
Bien entendu, c'était totalement interdit de faire quoi que ce soit de ce genre, en plein milieu de la garrigue. Mais nous étions réputés dans le village pour faire que des choses interdites, ou des choses qui dérangeaient particulièrement les vieux provençaux aux mentalités étroites. Ma mère passait un nombre d'heures incroyables à s'engueuler avec les voisins. 
Entre notre péage dans la rue, nos inventions bruyantes, nos jeux infinis qui nous poussaient à crier ou encore le bruit des moteurs de nos petites motos. Tout était prétexte pour qu'un voisin sonne à notre cloche de bateau et rappelle à ma mère à quel point nous étions bruyants. J'avais d'ailleurs un plaisir infini à voir la façon dont ma mère envoyait paître le voisin qui osait s'aventurer au-delà de la cloche à bateau. Une répartie cinglante. Aucune diplomatie. Pourtant après notre départ, j'ai su que nous avions laissé un grand vide dans ce village.

Ce matin là, je ne sais plus pour quelle raison je n'avais pas participé à l'expédition nocturne, toujours est-il que mon frère tambourinait à ma fenêtre. Heureusement, il avait le bras fin, car en plus d'être toute petite, ma fenêtre avait des barreaux. Cette fenêtre n'avait rien pour elle. Je m'étais levée pour voir qui osait me réveiller si tôt. Apercevant mon frère et pensant qu'il me faisait une blague, j'avais grogné des mots en retournant me coucher. Mon frère avait redoublé d'effort avec la fenêtre. J'avais fini par céder et sortir de mon sommeil pour leur ouvrir la porte d'entrée. 
Mes soeurs s'étaient précipitées les premières dans la maison, enroulées dans leurs couvertures, et mon frère avait suivi.

Dans cette chambre j'étais la gardienne de la maison. Quand nous sommes partis, j'ai été incapable de revenir dans ce village. Ni même dans cette maison, chargée de nos exploits d'enfants.

***

Comme j'ai du temps, j'avais envie de me mettre à l'exercice d'écriture, si vous avez envie de participer c'est avec plaisir. C'est plus sympa à plusieurs hein, comme la partouze. Alors vous pouvez reprendre la consigne et faire sur votre blog, en commentaire, par mail me faire lire ou pas. C'est libre, c'est pour le plaisir.

Bisous

Aubergine







jeudi 7 juin 2012

Autisme

Autisme : Etre dans notre monde à sa façon.

Vous devez me prendre pour une dingue (enfin si ce n'est pas déjà le cas) avec mes billets qui vont dans tous les sens, et mon blog toujours plus bordélique.
Je ne ferais donc pas défaut aujourd'hui (encore une fois) au bordel dans ce blog. On va parler sérieux.

J'ai envie de vous causer de l'autisme. Que les choses soient clairs : Je n'y connais rien. (juste quelques trucs que j'ai pu lire jusqu'à présent)



Dans mon travail, je suis entourée d'enfant. Je m'occupe avec toute une équipe, d'accueillir les enfants pendant les temps de loisir (c'est bon vous avez compris c'est quoi mon travail ?)
Je ne suis pas rattachée à une seule école, chaque semaine, on m'appelle pour m'indiquer dans quelle école  de ma commune je travaillerai . Et chaque semaine ça change, même si je finis par retourner dans les mêmes écoles.
Pour le suivi des enfants et de l'équipe c'est pas évident. Chaque école à son propre fonctionnement, ainsi que les équipes. L'avantage, quand même, de travailler de cette façon, c'est que tu as une vision extérieure sur la manière de fonctionner d'une équipe. Tu es en observation permanente. Tu n'es pas parasité par les problèmes internes d'une équipe d'animation (et que toutes équipes dans n'importe quel boulot peuvent rencontrer). C'est très formateur.
Bref, y'a quelques temps, on m'a parachutée dans une école dont je commence à plutôt bien piger le fonctionnement. Dans cette école il y a une petite fille autiste.
On m'en avait vaguement fait part la première fois que j'ai atterri par ici. Mais sans rentrer dans les détails. Et sans même me dire qui elle était. J'ai compris toute seule, assez rapidement, qui était cette petite fille différente de moi. Je l'ai beaucoup observée, c'est une petite fille très attachante, qui vit dans son propre monde, elle tourne sur elle-même pendant des heures, et frappe dans ses mains. Il lui arrive de pousser des petits cris. Elle suit le mouvement mais ne participe à aucune activité. Elle ne parle pas. Elle baragouine, dans son propre langage, des sons. Elle observe beaucoup les gens autour d'elle. La première fois qu'on s'est rencontrées, elle est restée assez distante vis à vis de moi.

Lors de notre deuxième rencontre, elle a pris mon visage dans ses petites mains froides et m'a souri. J'étais assise sur un petit siège d'enfant. J'avais les mains croisées, elle les a prises, les a détachées, et s'est assise sur moi. S'en est suivi d'une inspection très minutieuse de mon visage et enfin d'un câlin, comme pour me remercier de lui avoir, ouvert un peu de moi. Et la journée a continué normalement.
Pourtant, la dernière fois que je suis venue travailler dans cette école, la petite fille n'avait pas la forme. Elle a pleuré plusieurs fois dans la journée, comme ça d'un seul coup. Sans que je puisse en comprendre la raison. Elle paraissait pas dans son assiette. Aux dires de mes collègues ça fait quelques temps qu'elle est comme ça. Faudrait le dire à ses parents. Elle n'est plus bien avec nous.
J'étais pas vraiment d'accord avec eux. Si pour chaque enfant qui rencontre des difficultés, on doit en avertir les parents pour qu'ils retirent l'enfant en question, on n'aurait plus beaucoup d'enfants à s'occuper.
J'ai beau eu dire, qu'elle vivait peut être une période difficile chez elle, personne n'a entendu ma proposition. Y'a toujours un brouhaha incessant dans cette équipe. Un sérieux manque d'écoute et beaucoup de décibels.
J'en ai discuté avec la directrice en lui disant qu'elle avait peut être mal quelque part, elle se sentait peut être patraque. Mais même ça, c'était irrecevable parce qu'on ne pouvait pas savoir où elle avait mal, vu qu'elle ne parlait pas.
La discussion avec ma directrice a continué sur l'accueil des enfants handicapés. Depuis 2005 le gouvernement a mis en place une loi pour l'accueil des enfants handicapés dans les milieux scolaires ordinaires et au plus près de leur domicile. Sur le papier je trouve ça formidable. Mais dans la pratique c'est vraiment pas ça. Et pourquoi ?
Et bien tout simplement parce qu'aucune formation n'est proposée pour accueillir ces enfants dans les meilleures conditions. Personne ne m'a appris comment être et comment faire avec un enfant autiste. Alors bien entendu on fait marcher sa jugeote et on essaye. Mais si je faisais quelque chose de mal ? si ma façon d'être et de faire n'était pas la bonne ? et bien personne ne pourrait venir me le dire. Parce que personne n'a reçu de formations à ce niveau là sur mon lieu de travail.
Aucun professionnel n'est venu dans cette école pour proposer un meilleur accueil avec l'enfant, que ce soit dans les activités où dans la vie quotidienne. Je ne vous parle même pas des moyens financiers qu'on a pas.
Alors pour toutes ces raisons, je trouve qu'encore une fois c'est une loi pour faire bien dans les livres. Et encore une fois on laisse les professionnels de l'enfance se démerder avec la pratique et toujours au détriment de l'enfant.

En fin de mâtiné, la petite fille a eu un gros chagrin, pleine de frustration elle s'est assise pour déverser toute sa tristesse. Que faire ? comment réagir ?
La salle était bruyante. Elle devait s'ennuyer et la directrice s'était fâchée contre elle, parce qu'elle voulait mettre le bazar sur son bureau. Peut-être qu'elle était fatiguée ? Qu'elle avait faim ?
J'ai alors arrêté mon activité. J'ai laissé une vingtaine de gamins à ma directrice. J'ai pris la petite fille par la main et on est allées se promener. Elle a toute suite arrêté de pleurer. On s'est amusées toutes les deux dans la cours. Elle a regardé les oiseaux chanter. Elle a éclaté de rire toute seule. C'est alors que je me suis mise à sa hauteur, je l'ai regardé droit dans les yeux et je lui ai dit : Je te demande pardon, parce que je ne te comprends pas et ça doit être dur pour toi. Mais je te promets que j'essaye de faire le maximum pour que tu te sentes bien ici.
Je ne sais pas si elle m'a entendue, ou si elle a compris. Mais je sais que pendant quelque minutes elle se sentait mieux cette petite fille.




vendredi 23 décembre 2011

Jeunesse

Jeunesse : Cet instant qui s'échappe sans qu'on ait pu le saisir.



Je me souviens, de nos jeux sans fins, de nos constructions en kapla, de nos cabanes dans toute la maison, de nos jeux dans la garrigue, dans la cabane en bois que nous avions nous-même construite, de nos constructions de ponts-levis.

Je me souviens, de nos étés pieds-nus et du goudron qui nous brûlait la plante des pieds quand on partait en courant sur le chemin de la plage.

Je me souviens, de nos étés avec plein de glaces, du marché du jeudi. Des balades en carriole, des amis qui venaient de partout.

Je me souviens, de nos premières réalisation de films et de nos parodies d'émissions de télés. Je me souviens aussi de notre téléphérique où l'on y mettait nos chats et aussi M. Je me souviens de nos bains de minuit.

Je me souviens, de nos batailles d'eau. De nos anniversaires.

Je me souviens, de nos nuits blanches à partir en expéditions dans le village et finir par s'endormir sur le hamac du jardin. Je me souviens de nos spectacles, de nos déguisements. Je me souviens de nos courses dans l'escalier mortel. Je me souviens de nos jeux sur l'ordinateur. Je me souviens de nos balades en motos dans la garrigue. Je me souviens de nos piques-niques dans cette garrigue.

Je me souviens, de nos colères, de nos disputes et de nos claquements de portes.

Je me souviens de notre péage, je me souviens de nos courses à vélos, de nos expériences avec nos hamsters. Je me souviens de tous ces bébés chats qu'on a eu. Je me souviens de ces soirées sans fin à jouer aux cartes. Parfois sous la vigne. Parfois dans le jardin entouré de la glycine.
Je me souviens de nos séances télés, je me souviens de nos jeux de coiffeur. Je me souviens de nos fous-rire.

Je me souviens, de ce bruit de bonheur qui nourrit mon coeur, beaucoup plus que celui des chagrins.

Oui je me souviens aussi de nos chagrins. De ces casseroles que la vie nous a envoyé dans la figure. Mais je me souviens aussi de notre amour qui a su faire des pieds de nez à ces casseroles.

Aujourd'hui le temps à galoper plus vite que nos rires d'enfants. Aujourd'hui ces souvenirs sont avec nous. Alors un Joyeux Noël, à celui qui nous a quitté trop vite, à ceux qui ont suivi d'autres chemins, et à vous qui êtes à prés de moi aujourd'hui. Ma fratrie F. V. J. A. M. T. mais aussi B. Je vous garde au creux de ma main.

Aubergine sur les platines des doux souvenirs.

vendredi 16 septembre 2011

Chat

Chat : c'est toi qui y'est ! (source: je fais la geudine avec mes titres et mes définitions en ce moment)


Quel bordel cette photo
©AubergineDivine



J'ai l'occasion, dans mon travail, d'observer les enfants pendant qu'ils jouent et qu'ils mangent. Ce sont des moments intenses où je découvre les habitudes alimentaires pour certains et leur façon d'être pour d'autres. J'aime les enfants, je trouve que ce sont des êtres à part, des êtres en devenir. Ils sont entiers, tels quels, eux- mêmes. Ils sont pleins de surprises, de malices, de drôleries mais surtout ils sont attachants.
Je vous parle de ça car je remarque que la mode en ce moment (je trouve) est d'asexuer les petites filles et les petits garçons (rapport aux articles sur les "expériences" des parents pour élever leurs enfants "sans sexe" et même les écoles s'y mettent).
On est tous pareil, nions nos différences et le sexisme sera anéantis (je fais des raccourcis rapides je sais). Et bien, de ce que je vois tous les jours, je peux vous assurer que c'est une bien belle connerie que de vouloir nier les différences des deux sexes.
Une petite fille et un petit garçon sont différents, déjà morphologiquement mais aussi dans leur façon d'être. Dans la cours de récréation, les filles n'aiment pas jouer avec les balles en mousses. Elles aiment bien discuter, se coiffer entre elles, jouer à des jeux calmes ou se disputer. Les garçon, eux, adorent jouer avec les balles en mousses, les cartes avec des images dessus, et surtout le must du must, les garçons aiment se bagarrer et se faire pleurer. J'ai beau tout faire pour les en empêcher y'en a toujours un qui fini pas envoyer un coup de pied à son copain.

Les filles, elles, aiment bien venir me voir dans la cours de récréation, elles me posent des questions sur ma vie sur ce que je fais. Elles me tripotent les mains ou les habits. Elles sont un peu collantes et je dois souvent leur rappeler que la cours de récréation c'est fait pour jouer ensemble et pas coller l'animateur qui doit surveiller qu'on escalade pas le mur, qu'on ne se frappe pas avec des bâtons ou alors qu'on ne fasse pas du lape-dance avec le panier à basket.
Les filles ont tendance à avoir du répondant, à la limite de l'insolence. Les garçons eux ne répondent pas, ils baissent la tête et se mettent à pleurer quand j'annonce la punition. Mes punitions sont géniales, les gamins hurlent à l'idée d'y aller mais quand ils y sont, ils ne veulent plus décrocher. Ils taillent des crayons de couleurs, ils trient, ils classent aussi les feutres, les mettent dans de nouvelles boites. Bref ils font une activité calme, qui leur permet de se concentrer sur un objectif : trier ou tailler. Et chacun à sa façon trie ou range les crayons. Après ils se sentent super fière d'eux, et je crois qu'une punition qui permet de se calmer, et d'être fière de soi, ça vaut de l'or (croyez-moi).
Pour l'instant j'ai puni et soigner beaucoup plus de garçons que de filles, même à la cantine. En général c'est toujours les mêmes qui sont punis ou remis en place.

Un des rare jeu où garçons et filles jouent ensemble, c'est le fameux Trape-Trape ou Chat. Bien sûr quand, nous, les animateurs proposons des jeux, les équipes sont mélangées, filles et garçons jouent ensemble. Mais quand on organise rien (en ce moment c'est souvent car on est en sous-effectif d'animateurs donc les activités sont plutôt réduites) naturellement les filles vont avec les filles et les garçons avec les garçons. Il y a quelques groupes mixtes mais c'est pas la majorité.

Vous allez me répondre : C'est parce qu'on les élève différemment qu'ils sont différents ! C'est vrai. Mais je crois surtout que c'est l'inverse ! Naturellement,  un garçon et une fille sont différents et ont, alors, des aspirations et des attitudes différentes, on les élève, donc, de façons différentes. Chaque être est différent (phrase bateau) et même dans un fratrie, par exemple, on élève les enfants différemment (même si il n'y a que des garçons ou que des filles)

C'était ma (petite) participation aux Vendredis Intellos de Mme Déjantée

Bisou

Aubergine

mercredi 14 septembre 2011

NON !

Non : Avoir des enfants n'est pas compatible avec une vie professionnelle. Le premier qui me dit le contraire, il va faire un puzzle sur l'autoroute (©thotho) (source : ma certitude)


Souriez vous êtes parents
©AubergineDivine



J'ai entendu tellement d'histoires de parents qui cherchent un moyen de garde pour leurs enfants. De mères ou de pères qui, par choix ou par obligation, arrêtent leurs activités professionnelles. Ou alors choisissent une activité d'auto-entrepreneur pour réussir à gérer famille et boulot (ce n'est pas la majorité) ou encore se mettent en mi-temps ou à 80%. J'en ai entendu tellement de ces histoires, qu'en bonne conne que je suis, je pensais que MOI, Aubergine du nom, je n'aurai pas ce problème là.
Je ris très jaune là tout de suite.

Je suis tombée enceinte pendant mes études. J'apprenais le métier de comédien dans une école non reconnue par l'état. J'avais donc le droit à ma carte imaginaire et puis c'est tout. J'ai financé tout le reste de mon école en travaillant 70h par semaine et en jonglant sur trois boulots pendant les vacances et mon temps libre. Je travaillais comme serveuse ou barmaid le midi, à 16h30 je filais cherchais les
enfants que je gardais. Le soir je reprenais mon service jusqu'à 1h du matin et mon temps libre je le passais dans une agence immobilière à faire de la pige, des visites et répondre au téléphone. J'étais bien occupée et je dormais pas énormément. J'étais aussi riche que mon mec, c'était bien cette époque là.

L'année où j'étais en cours je travaillais comme baby sitter pour la sortie de l'école. J'avais mes devoirs le soir (apprentissage de texte, recherche de jeu...),  mes devoirs en groupe et ma grossesse à combiner. J'ai très bien réussie, même mon rôle d'assistante à la mise en scène et de préparation de notre représentation de fin d'année.

Ma fille a fini par naître, pour notre plus grand bonheur. La situation de mon compagnon et l'argent que j'avais mis de côté m'ont permis de prendre une année pour m'occuper de ma fille. Je n'ai touché ni congé maternité (étudiante) ni aide de la CAF. La  CAF calcul l'aide sur l'année d'avant comme pour les impôts et cette année là mon mec était célibataire la  trentaine avec un salaire convenable). Moi j'avais eu zéro revenue (sauf une pension de mes parents) ça nous a suffit pour dépasser le seuil.
Mon année de mère au foyer touchaient à sa fin (On peut changer de temps et utiliser le présent)

Ma fille à 11 mois, j'ai été très heureuse de m'occuper d'elle (avec des hauts et des bas). Aujourd'hui je ressens l'envie de reprendre une activité professionnelle qui me plait. Je ne me sens pas l'âme d'une vrai mère au foyer ni d'une Seinte (dans l'état où je suis j'ai le droit de troller). Avant quoi que ce soit, il faut que je pense à un mode de garde. On a pas le choix il n'y a que la halte-garderie. Hop le dossier est fait, on m'assure par téléphone une place en octobre. Je commence mon travail en septembre, je vais pouvoir trouver un autre mode de garde pendant 1 mois. J'explique la nature de mon travail et surtout mes horaires. Je travail de 11h à 14H tous les jours. Ça n'a pas l'air de poser problème. Tous est parfait, j'ai une place en halte garderie, un moyen de garde pour septembre, un boulot qui me plaît et des horaires parfaites. Le rêve !
Dans la réalité c'est jamais comme ça.
Le mois de septembre pointe son nez, pas de nouvelles de la halte garderie, c'est pas rassurant. Coup de téléphone, pour le mois d'octobre c'est foutu ce sera pour novembre ou décembre. On se reprend, c'est pas si grave on va trouver une solution. Je me déplace pour rencontrer la directrice et expliquer mon cas, elle m'assure l'adaptation pour novembre. Bonne nouvelle. Je pose des questions sur l'adaptation elle me re-demande mes horaires de travail.
"Ha mais non Madame Aubergine, si nous gardons votre fille à l'heure du repas de midi, ça compte pour une journée complète. Et nous n'avons plus de place pour les journées complètes" (c'est pas comme si vous connaissiez mes horaires en plus)

Cette phrase m'a achevée, elle signifie que je n'ai plus de solution pour garder ma fille à partir de novembre. Ma belle-mère ne va plus pouvoir faire le déplacement. Je refuse que ma fille soit garder au domicile de ma belle-mère pour des raisons personnelles et pratiques. Je ne peux pas prendre une assistante-maternelle car le prix va être plus élevé que mon salaire. Il me reste à trouver une maman qui veuille bien faire de l'échange de garde avec moi mais c'est pas évident.
Ou, je peux tout simplement, la mort dans l'âme, démissionner. Et remettre mes aspirations professionnelles à plus tard. Pour simplement, 4 petites heures de halte garderie entre midi et deux qui équivaut à une journée complète. Quelle règle stupide. J'ai l'impression de demander l’aumône à l'Etat. Moi qui demande rien depuis deux ans, j'ai l'impression de demander l'impossible.

Après tout, je n'ai qu'à avoir un boulot à 35H comme tout le monde et prendre une assistante-maternelle, comme tout le monde. Et je n'avais qu'à pas avoir d'enfant aussi jeune, comme tout le monde. Puis je n'avais qu'à devenir bonne-soeur ou lesbienne, jésuite ou aller assembler des iPhone 5 en Chine, comme tout le monde.
Après tout dans la vie on a toujours le choix.
Mais quel choix? Celui de ne pouvoir réussir à jongler entre vie professionnelle et vie familiale, comme on le souhaiterait. Et quand est-ce que les entreprises vont se mettre à financer des places en crèches privées pour leurs salariés? plutôt que financer des truc inutiles pour redorer leurs images d'entreprises "jeunes" . Il serait bon d'arrêter de toujours compter sur l'Etat qui "n'a plus d'argent" pour les crèches et autres.
En tous les cas, ne comptez plus sur moi pour repeupler notre France de vieux, je ne suis que colère et frustration.

Bisou

Aubergine

lundi 12 septembre 2011

Radioscopie

Radioscopie : Une imagerie médicale, une émission de radio ou le titre d'une chanson. A vous de choisir. (source : Mon humble avis)

C'est affreux, un mois que ce blog est ouvert et je peine à écrire. Même des choses futiles.
En parlant de futile, j'ai un assortiment poussette, cosi, habillage pluie, habillage hiver en bon état à donner. Oui donner, vous avez bien compris. Qui en veut ?


©AubergineDivine
Faut bien combler avec des belles images


Sinon pour ceux qui ont manqué mes tweets de dépressive, j'ai vu La Guerre est déclarée hier soir. Je viens de foutre mon moral en berne pour un bon moment.
C'est la deuxième baffe cinématographique que je prends (dans ma courte vie) la première c'était devant The Magdalene Sisters, j'ai chialé comme une madeleine (je m'aime moi et mes jeux de mots). Je devais avoir quinze ans. Ce jour là j'ai trouvé que l'humanité était désespérante.
Hier j'ai chialé ma race, j'ai même pensé à partir. A quoi bon se faire du mal en allant au cinéma?
Et puis tout à l'heure sur Twitter j'ai eu une drôle de question : Expliquez moi la claque svp :) Vous avez été impressionnées par quoi ? Le fait qu'ils tiennent ?



C'est vrai ça, qu'est ce qui m'a foutu dans un état pareil? pourquoi ce film m'a tant bouleversé. Pourquoi hier soir en essayant de m'endormir je pleurais encore?
J'ai trouvé que les acteurs sur-jouaient, qu'ils étaient une bulle de mensonge. Ce qu'ils ressentaient en apparence et au fond d'eux ne correspondaient pas à la réalité. 
Pourtant ça ne m'a pas empêché de pleurer. Ce film est très pudique, il est pudique car la maladie est suggestive. On devine beaucoup plus qu'on ne voit. Laisser place à l'imagination c'est beaucoup plus fort. J'ai alors imaginé la souffrance de ce bébé à qui on a opéré le cerveau, j'ai imaginé la souffrance de ce bébé à qui on enfile des traitement contre le cancer. J'ai imaginé ce bébé restant seul dans sa chambre stérile. J'ai imaginé cet enfant pleurant de douleur. Et tout ce que le film a pu me laisser imaginer, ça m'a broyé les tripes.
Cet enfant est seul. Il est seul face à sa maladie, comme dit si bien son père "c'est ta vie". C'est terrible bordel de merde. 
Mes larmes ont coulé car j'ai eu mal, mal pour cet enfant.


Mais alors quel intérêt pour les acteurs (qui jouent leurs propres rôles) de sur-jouer? Quel intérêt que ce film puisse nous faire rire (oui j'ai ri dans ma morve)
Ce film est un cadeau pour Gabriel. Cet enfant, qui, a été malade et qui a aujourd'hui 8 ans. En effet, ce film est adapté (aussi) pour un enfant. Alors il faut voir le voir avec des yeux d'un enfant de 8 ans à qui on raconte une histoire le soir. A qui on raconte une aventure, de Rois, de Reines, de monstres, de sorcières et d'ogres. Comme quand on raconte une histoire à un enfant on en fait des tonnes, on le fait rire, on lui fait peur et heureusement la fin se termine bien.


Ce film est un bijoux. C'est un bijoux parce que d'une histoire personnelle, la réalisatrice, a réussi à lui donner une tonalité universelle. Elle devient notre conteuse. A nous de choisir si nous voulons être de simples enfants où de simples adultes (qui ,comme moi, pleurent à s'en morver dans le foulard)


La vie est terriblement belle. Je m'en vais sinon je vais recommencer à pleurer, c'est désespérant.


Bisou


Aubergine


PS/ Pour ceux qui se demandent, c'est moi sur la photo. Quand j'étais jeune et fraîche.

lundi 5 septembre 2011

Merveille

Merveille : Chose qui cause une grande admiration. Il se dit quelquefois des personnes. (source : mediadico.com)




En continuant sur le petit chemin de terre on arrive au bord de cette plage
©AubergineDivine



Je me souviendrai encore longtemps, du jour de la rentrée des classes. J'ai toujours adoré ce premier jour de classe où l'on retrouve ses petits copains, on découvre sa classe, ses professeurs et son emploi du temps. J'ai toujours adoré ce fameux premier jour qui sonne la fin des grandes vacances.
Je me souviens, même, avoir fait ma rentrée des classes de CP toute seule. Je venais d'arriver dans ce joli village du sud de la France, dans ce petit hameau où il y avait cette belle maison en pierres et en sable, typique de la Provence. 

Je me souviens, que ce matin là, on avait longé ce petit chemin de terre qui conduisait à la mer. Ce petit chemin de terre que je finirai par tant aimé. Ou alors on avait pris cet autre chemin qui longeait la garrigue. Finalement je ne me souviens plus vraiment. 
Je sais qu'il y avait ce bus, c'était le bus bleu. Ma mère nous avait accompagné, mon frère et moi, jusqu'à l'arrêt du bus bleu. Peut être qu'il y avait mon petit frère aussi. Finalement je ne me souviens plus vraiment.
J'avais un joli cartable, je crois bien que c'était celui d'un de mes frères, j'étais toute fière mais assez inquiète de prendre ce bus. Je n'avais, jusqu'à présent, jamais pris de bus. Je crois bien, d'ailleurs, que, jamais, j'en avais vu un d'aussi proche. A cinq ans on peut avoir touché le cercueil en bois d'un enfant mais pas forcément avoir déjà vu un bus. C'est, hélas, la logique bien étrange de la vie.
Je m'étais installée, à côté de mon grand frère, tout devant, près du chauffeur. Les portes venaient de se fermer et je voyais déjà les beaux cheveux bouclés de ma mère se rapetisser. Il me semble que le chauffeur avait posé des drôles de questions, c'est vrai  que nous étions nouveaux dans ce village et en plus on prenait le bus bleu le premier jour de la rentrée des classes. Je me souviens avoir eu très peur de ce chauffeur aux questions infinies. On était tout seul dans ce bus. 
J'ai l'impression que nous sommes restés tout seul une éternité dans ce bus. Peut être allait-il nous ramener prés du cercueil en bois, la-bas dans ce village de montagne. 

Finalement il ne nous a jamais ramener la-bas, mais il nous a déposé devant une petite école de Provence comme on en rêve dans les cartes postales. Je crois bien que je suivais de près mon grand frère mais je ne devais certainement pas lui donner la main, il n'a jamais bien apprécié qu'on lui prenne la main ou qu'on lui fasse des bisous.
Je me souviens avoir vu un grand tableau à craies posté dans la cours de l'école. J'étais terrorisée par toute ces écritures sur ce grand panneau noir. J'étais terrorisée car je ne savais pas lire. Je ne connaissais personne et je ne savais pas où aller
Peut être que mon frère qui, lui rentrait au CE2, m'avait montré le chemin de ma classe. Finalement je ne me souviens plus vraiment.
Je regardais, abasourdie, le tableau vivant de cris, de rires et de pleurs de tous ces parents et ces enfants. Perdu dans ce gouffre de bruit, j'ai quand même fini par entendre un son qui ressemblait à mon prénom. Il s'est répété plusieurs fois. C'était bien ça, quelqu'un que je ne connaissais pas venait,enfin, de prononcer mon prénom : Mathilde.
Je savais enfin, que quelqu'un m'attendait. Je savais enfin que je n'avais pas fait d'erreur. C'était bien ici que je devais me trouver pour mon premier jour chez les CP. 

Seize années plus tard il n'y a plus de chauffeur aux questions infinies, il s'est suicidé. Seize année plus tard il n'y a plus cette jolie petite école dans ce village de Provence, elle a fermé. Mais il y a toujours ce cercueil sous la terre qui attend ma venue et il y a moi. Moi qui vient de passer le pas d'un portail d'une jolie petite école de ville. Il y'a moi qui a consolé une petite fille, fait rire des enfants, mangé avec le personnel d'une jolie petite école de ville et découvert qu'on pouvait s'appeler Merveille.

mardi 30 août 2011

Morceaux

Morceaux : Je ne trouve pas de titre "accrocheur" j'ai fait comme j'ai pu. Démerdez-vous avec. (source : Mon humble avis)

Je m'étais promise de ne pas tomber dans le style blog de mamans bons plans, mais y'a que les connes qui ne changent pas d'avis. Alors.

La dernière fois, en échangeant sur Twitter avec d'autres mamans, j'ai eu une étrange réclamation : Faire un article sur la diversification de ma fille. J'ai été étonné d'une telle requête mais j'ai réalisé, que peut être, un billet de la sorte pouvait aidé (plus ou moins) d'autres mamans et qu'elles pourraient, ensuite, piocher des bonnes idées.
Cependant, je vais mettre les choses au clair tout de suite, la façon dont j'ai procédé pour la diversification de ma fille est une façon comme une autre mais ce n'est pas LA façon. Je ne me désigne pas comme porte parole de la diversification chez les bébés (faut pas déconner). Si vous n'êtes pas d'accord avec mon procédé, c'est votre droit, mais je vous demande juste de rester cool dans les commentaires. Si jamais je vois que y'a une bataille de ptits pois, vous êtes prévenus, j'efface l'article et plus jamais je donne mes super bons plans de la mort qui tue. (vous avez encore la possibilité de partir, je vous préviens ça va déménager)
Si vous ne savez pas ce qu'est la diversification allez donc par ici 

Une carte postale qu'on m'a envoyé y'a longtemps. Pleine de vérité.  ©HultonGetty


J'ai commencé à diversifier ma fille à partir de ses 5 mois. 

Pourquoi ne pas attendre ses 6 mois? 
Tout simplement parce qu'elle a émis l'envie de goûter autre chose que son lait.
Comment l'ai-je remarqué? tout simplement parce qu'elle s'arrêtait de téter mon sein ou son biberon quand j'étais en train de manger. Et qu'elle essayait d'attraper ce que j'avais dans la main ou dans la bouche.

J'ai donc commencé à donner à ma fille des petits morceaux, de pomme ou de poire, pour qu'elle puisse les toucher et jouer avec (sans forcément les manger) et de façon irrégulière. J'ai préparé des purées maisons pour instaurer un petit repas solide le midi (en plus de son lait) je lui ai donné des légumes verts en premier (j'ai évité la carotte pour commencer, parce que la carotte a ,plutôt, un goût agréable et sucré à la différence du brocoli, par exemple). Je n'ai jamais utilisé de cuillères spéciales pour donner à manger à ma fille, c'est donc avec une cuillère à café en métal qu'elle a commencé à manger. 

Pourquoi n'ai-je pas utilisé une cuillère, en silicone ou autre, adapté pour les bébés? 
Parce que je me suis dit que si un jour je n'avais pas de cuillère spéciale bébé, je n'avais pas envie de connaître la misère pour donner à manger à ma fille.
Mais le métal ça conduit la chaleur ?! 
Et bien je n'ai jamais donné une compote ou une purée chaude à ma fille, parce qu'encore une fois je me suis dis que les moments où je n'aurai rien sous la main pour réchauffer son repas, je n'aurai pas envie de connaître la misère pour  lui donner à manger (et il s'est avéré que je me suis retrouvée plus d'une fois sans source de chaleur pour réchauffer son repas). Elle prend tout à température ambiante son lait et ses repas, sans soucis, ça ne l'a jamais dérangé (aujourd'hui elle a presque 11 mois, en général ses plats sont chauds mais qu'ils soient chauds ou à température ambiante elle s'en fiche, ça ne lui change pas sa faim)

J'ai donc passé une semaine à mettre en place le repas solide de ma fille. Quand elle a commencé à prendre le coup de main, j'ai instauré un goûter. Pour le goûter, j'ai fait des compotes maisons de pommes et de poires. J'ai laissé ça se mettre en place pendant un bon mois. 
A partir de 6/7 mois, j'ai varié les goûts et les couleurs. Je lui ai acheté des petits pots  de toutes les sortes (adaptés à son âge) et hop c'était parti mon kiki. (j'ai ajouté les repas du soir composés principalement de légumes ou féculents mais pas de viandes ou poissons). J'ai rencontré une première difficulté, elle s'est mise à refuser son lait le midi et le soir, j'ai donc remplacé sont lait par des yaourts natures (normaux, les mêmes que nous, adultes, mangeons et des petits suisses natures) jusqu'à ses 9 mois où je me suis rendue compte en fait que si je prenais la taille 3 de la tétine du biberon, ça marchait mieux (dingue) et puis naturellement les périodes changent et s'arrêtent.
La diversification roulait comme sur des roulettes et les biberons aussi. Mais un nouveau problème est venu jusqu'à moi. A partir de 8 mois et demi, ma fille, ne voulait plus manger de ses petits pots. Elle prenait 3 cuillères et tournait la tête jusqu'à se faire mal pour te faire comprendre, que "c'est mort elle ne mangera pas de ton petit pot bio tout beau". 
J'ai donc découvert les crises de nerfs (pour ma part) avec une angoisse : Comment faire quand ton bébé ne veut pas manger ? Un midi où je n'en pouvais plus et et je n'avais pas envie que les repas deviennent un rapport de force et un conflit permanent. J'ai balancé, de rage, son petit pot à la poubelle, je l'ai installé sur sa chaise en lui donnant des lasagnes au saumon de chez Picard.

Mais, c'est pas adapté pour elle?! peut être, j'en sais rien et je m'en fiche, quand ta patience a dépassé les bornes, tu fais comme tu peux et c'est tout !

Et là ! magie ! Elle s'est régalée et a dévoré, toute seule, tous ses petits morceaux avec plaisir. Quel bonheur de voir ma fille heureuse de manger (et de me sentir enfin soulagée). Pendant deux semaines j'ai alterné un petit pot en début de repas et ensuite repas comme nous. Jusqu'à ses 9 mois bien tassé, où là, elle m'a bien fait comprendre que l'époque des petits pots c'était terminado. Donc plus de purées ou autres trucs lisses, que du morceau ! Vive le morceau !

Du coup maintenant, ça se passe comment?

Je lui prépare un repas (comme nous) le midi et le soir. Il est composé de viande bien cuite (mais pas de porc sauf en jambon blanc), de poisson, de jambons, de légumes (de toutes sortes). Je fais cuire à la vapeur, à l'eau ou à la sauteuse, ça dépend. Ca nous arrive (souvent) d'être au restaurant, dans ce cas là je commande soit un plat enfant, soit un supplément légume et je partage ce que j'ai dans mon assiette. Et il arrive, même, qu'elle mange des aliments pas adaptés pour elle, comme des frites, des glaces et même des gâteaux à la crème. Ca reste exceptionnel et ce n'est certainement pas recommandé, mais c'est comme ça, je ne veux plus de conflit pour la nourriture. Donc si elle réclame (et elle sait très bien le faire) de goûter quelque chose (qui reste dans la limite du possible) je lui fait goûter avec plaisir. Elle mange toute seule, avec ses doigts, et on n'a pas intérêt à lui donner à la cuillère. Elle boit aussi toute seule dans une espèce de timbale avec une paille, ça lui plaît bien. Et je lui ai en plus, pour me faciliter la vie, appris à manger ses compotes toutes seules. Pour ça j'utilise des Pom pote (sans sucre ajouté et y'en a même des bio) je fais bien gaffe de retirer le bouchon avant (pour éviter qu'elle mette le bouchon à la bouche et ne s'étouffe)


Voilà M'ssieurdames c'était la diversification en mode Aubergine.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas, je répondrai dans la limite des stocks disponibles.

Bisous

Aubergine

PS/ Elle mange aussi du pain nature ou avec de la confiture ou du miel, des biscuits Hipp, des boudoirs babybio... Mais elle lèche aussi la poubelle de couches, elle se nourrit aussi de poils de chats et même de clés en métal