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mardi 28 janvier 2014

Interrogation partielle

Interrogation partielle : à la différence de l'interrogation totale

Mantes-Station. Avant dernier arrêt.
J'ai toujours entendu que Mantes-la-Jolie c'était la grande banlieue qui fait peur.
Mais comme j'aime bien me faire l'idée des choses moi-même, j'ai décidé d'aller voir ça de mes yeux.
Non je ne vais pas à Mantes-la-Jolie pour me balader, j'y vais pour travailler, parfois.
Il faut presque 2h porte à porte pour y aller, et beaucoup de minutes à courir pour attraper le train. Oui il faut prendre un train.

La première fois que j'ai pris ce train j'avais les chocottes. Je pensais que j'allais me faire violer et découper en morceaux, puis qu'on donnerait mon corps à manger à des caniches. Je vous ai déjà dit que j'aime pas beaucoup les chiens et que je déteste particulièrement les Caniches ? Enfin je crois que ce que je déteste le plus ce sont les Yorkshires.
Quand j'en vois dans la rue, j'ai envie de l'écraser, c'est viscéral.
Bon, j'ai survécu, personne ne m'a découpée en morceaux. Ni même parlé. Ni même regardée.

Je descends à Mantes-Station quand je viens de Paris. Quand je fais le retour je pars de Mantes-la-Jolie. La différence s'explique par le terme "train direct".
Il faut bien marcher 10 minutes pour arriver à destination. Je dois traverser un carrefour et marcher sur le même trottoir presque tout le long. À chaque fois que je suis sur ce trottoir je longe plusieurs commerces. la plupart de ces commerces sont des pompes funèbres.

À chaque fois je m'arrête devant pour regarder les vitrines. Je trouve les tombes très cheap. La dernière fois que je suis passée y'avait une tombe en marbre avec un banc minuscule sculpté dessus. Je me suis demandée qui pourrait bien s'assoir sur un tout petit banc, sur une tombe. Personnellement, quand j'étais petite et que j'allais au cimetière, je faisais très attention de ne pas marcher sur les tombes des gens morts. J'étais terrorisée à l'idée de les écraser et de les tuer une seconde fois.
Du coup je faisais très attention où je mettais mes pieds, alors je m'imagine pas une seconde marcher sur tombe pour m'assoir sur un tout petit banc.

En fait les pompes funèbres c'est comme les fleuristes. C'est lugubres, gris, tristes et ça ne donne pas envie de voir à l'intérieur. Notez que je peux comprendre la raison pour les pompes funèbres.
La dernière fois que je suis passée devant, j'ai eu envie de rentrer à l'intérieur. Parler de ma propre mort avec un expert dans le domaine.
J'ai d'ailleurs repensé à cette série si parfaite : Six Fee Under. Mais j'ai abandonné l'idée, je n'arrive pas à savoir si je voudrais qu'on m'enterre ou qu'on me brûle.
Je me sens pas prête à me faire bouffer pas les vers, et j'ai pas envie d'être brûlée non plus. L'idée qu'on disperse mes cendres avec plein d'inconnus ça me fait le même effet que rester une heure dans le métro collé serré avec des inconnus qui puent.
Du coup je suis pas très avancée sur la façon dont j'aimerais qu'on s'occupe de moi après ma vie. En même temps je trouve ça affreux de laisser cette lourde tâche aux vivants.

En attendant de prendre une décision : les vers, les inconnus ou les Caniches. J'ai passé un accord avec moi-même. Ne pas mourir tout de suite et revenir plus souvent à Mantes-la-Jolie.




mardi 29 janvier 2013

Sans

Sans : Préposition, en l'absence de.






Sans rire
Sans sucre
Sans gras
Sans gluten
Sans bruit
Sans ride
Sans crier
Sans respirer
Sans hésiter
Sans espoir
Sans rien
Sans doute
Sans attendre
Sans foutre
Sans retour
Sans réfléchir
Sans nuages
Sans cesse
Sans fatigue
Sans payer
Sans retenue
Sans péril
Sans mot dire
Sans pitié
Sans regard
Sans ardeur
Sans elle
Sans repentance
Sans soif
Sans devenir
Sans ailes
Sans sou
Sans lutter
Sans peine
Sans agir
Sans effroi
Sans absence
Sans fin

Avec mon amour.




lundi 24 septembre 2012

3 minutes

3 minutes : C'est le temps que dure une audition de conservatoire d'art dramatique.




ça ressemble un peu à ça une audition d'art dramatique 



Sortir la poubelle
S'habiller
Lacer ses chaussures quand on débute
Faire l'amour quand on très pressé (ou très excité)
Se brosser les dents
Se mettre du vernis
S'enlever son vernis
Faire un oeuf dur
Faire pipi, caca et changer son tampon (en tout cas pour moi)
Attendre le bus
S'embrasser (au tout début en tout cas)
Faire des pâtes pas assez cuites
Tomber amoureux
Lire la dernière page d'un bon livre
Se fâcher
Mettre la table
Poser un trait de eye lyner
Séduire une femme
Comprendre une blague carambar
Faire 4 stations et demi de métro quand y'a pas d'accident voyageur
Se faire une tresse égyptienne
Permettre à une association de peut être gagner 1000euros et ainsi aider à la reforestation du Sahel
Faire un test de grossesse
Faire bonne ou mauvaise impression à un entretien d'embauche
Réciter deux Ave Maria quand on prend bien son temps
Attendre la prochaine contraction (ça c'est après le test de grossesse)
Danser en culotte devant sa glace
Mettre à bouillir des épluchures d'oignon en cas de rhume
Attendre que son ordinateur s'allume (tu n'avais qu'à avoir un MAC)
Mourir
Entretenir son corps en faisant des abdos
Repousser le réveil et avoir quelques minutes en rab
Manger un pot de Nutella en entier quand on a un très gros chagrin
Marquer un but
Attendre la fin du générique de fin sur un siège dans un cinéma
Se mettre d'accord avec quelqu'un
Faire plusieurs fautes d'orthographes
Dévorer une glace en plein été
Attendre que son thé brûlant refroidisse
Faire une prise de sang
Chantonner une chanson

Terminer une phrase...

Liste non exhaustive

vendredi 14 septembre 2012

Chat-tôt

Chat-tôt : J'ai d'abord reçu le mot Tôt. Le titre était donc (Trop)tôt. Et quand j'ai mis le point. J'ai vu passer une chatte.


Je ne sais pas ce qu'il m'a pris le jour où je me suis connectée sur le site de la mairie de Paris.
J'ai bien pris le temps de rentrer mes 3 choix. J'ai d'abord effacé. Puis j'ai recommencé.

Un mois plus tard je recevais ma première convocation.

J'ai eu un petit coup d'électricité dans le corps (mais pas aussi violent que celui de Cloclo je vous rassure) j'ai réfléchi à trouver une réplique. Et puis je suis partie avec mon copain Déni boire quelques canons.

Je sais pas bien pourquoi, j'ai peut être du faire ou dire un truc de travers, mais y'a un moment, sans que je m'en rende compte, Déni s'est barré.

Alors forcément j'ai eu des envies folles d'appeler mon amant Xanax pour tirer quelques coups. J'ai laissé tombé. Je me suis mise au boulot.

J'ai passé des semaines pourries, et j'ai vraiment eu envie de tout laissé tomber. J'ai pas joué ma vie non plus, faut pas déconner. On va dire que je suis sortie de ma routine, que j'ai laissé mon orgueil se prendre des baffes bien tranquillement.

(ça fait pas du bien)

Je me suis terrée sous ma couette. J'ai un peu pleuré. Et finalement y'a Courage qui m'a botté le cul.

J'y suis retournée, parce que je crois qu'on a droit de le dire, le théâtre c'est vraiment un truc de maso. Tu te fais putain de mal, et si tu t'es bien fait mal, après, tu peux vivre un truc sensationnel. Qui te donne le vertige. Je te cache pas que des fois tu te fais bien mal, et c'est tout. Y'a rien en échange. C'est donc ce qu'on appelle un gros foirage (et ça c'était mardi)

Hier je suis sortie de cette salle avec l'impression d'être amoureuse. J'ai vu Déni, Xanax et Courage se taper des barres pendant qu'Orgueil faisait un grand fuck avec ses doigts boudinés.

Hier, j'étais là, là où je devais être. A l'heure. J'avais rendez-vous avec moi même. Je suis une rebelle iconoclaste autodidacte. Je suis maso aussi. Mégalomane.



(La vie, parfois, c'est comme la séparation du blanc et du jaune, pas évident quoi)

Un jour j'aurais un Chat-tôt rien qu'à moi.

Bisou

Aubergine

PS1 : Merci Sasa et Hisaux pour le titre de mon billet. Vous êtes formidables.
PS2 : J'espère bien que ton volume était à fond. Et que tu me détestes maintenant.








lundi 20 août 2012

PETA , Bobbi Brown et tests sur les animaux.

Je fais un petit (gros) edit du billet que j'avais publié sur Bobbi Brown.
Tout simplement parce que j'aime bien les choses quand elles sont faites jusqu'au bout. Surtout quand je parle sérieux. Et pas de bite. Quoique.
La semaine dernière, lors de mon passage entre les mains de Bobbi, j'ai découvert le lendemain de la publication de mon billet, sur le groupe du MillFeuille de Sonia, que la marque Estée Lauder ( et d'autres) re-faisaient un retour en arrière en ce qui concerne les tests sur les animaux. Quand je vous parle de tests sur les animaux, je parle pas d'une caresse avec du savon qui sent bon les pissenlits. NON.
Les tests sur les animaux c'est un peu comme ça  (ça donne la nausée, y'a pas d'autres mots)


Faut pas compter sur moi pour manger que de la salade par conte


Je vous parle d'Estée Lauder, parce que Bobbi Brown appartient à cette world compagnie. Je n'ai pas trouvé de réponse clair sur le site de PETA en ce qui concerne Bobbi Brown et les tests sur les animaux. (si quelqu'un sait je veux bien)
Mais ça me chagrine de savoir que j'ai contribué en quelques sortes à ces agissements. Bien entendu c'est impossible, aujourd'hui, d'acheter des produits (ou presque) sans ébranler l'état du monde. C'est ce qu'on appelle le fameux capitaliste.
D'autres part, j'ai du mal avec l'infantilisation des marques, je ne trouve pas ça criminelle d'acheter un maquillage qui a été testé sur les animaux, mais je trouve ça criminelle que les marques n'informent pas le consommateur. BORDEL. Responsabilisé le consommateur. C'est si compliqué ?

Mais, alors, pourquoi Estée Lauder nous fait un revirement soudain ? La réponse : La Chine.
Estée Lauder va ouvrir son commerce à la Chine. La Chine oblige les tests sur les animaux si les marques veulent commercialiser leurs produits.
Chacun son tour. On va pas aller taper la gueule des chinois, hein. On fait bien pareil.
Si tu veux une bonne nouvelle : Urban Decay a refusé de commercialiser en Chine parce que la marque refuse les tests sur les animaux. Comme quoi c'est possible... mais jusqu’à quand.

Alors ne pleure pas quand tu vas dans ta salle de bain, parce que la liste des produits testés sur les animaux est aussi longue que le temps que je mets pour m'habiller le matin.
Soyons informés. Agissons en tant que consommateurs responsables. Comme quand on va au McDo, on sait que c'est de la merde mais on y va quand même. Y'a d'autres alternatives, mais après ça nous regarde. C'est le jeu. C'est tout.

La liste des marques qui testent sur les animaux est ici :http://www.mediapeta.com/peta/PDF/companiesdotest.pdf

En une semaine j'ai posté deux billets sur le maquillage et les bijoux. La canicule ça me réussit pas.
Mais où sont les bites ?

Bisou

Aubergine


mardi 3 avril 2012

Hema

Hema : La super boutique trop bien où tu n'iras jamais. (source : mon humble avis)


Promenons-nous dans l'ozone


Je dois être maraboutée avec cette histoire d'HEMA.
J'y suis allée dimanche, c'était fermé, je l'entends venir de loin ton : "normal c'est dimanche" et là je te dis  : "Non sur le site ils disent que celui de rambuteau qui n'est pas à côté du centre Pompidou est ouvert".
De toute façon on s'en cogne, c'est pas d'HEMA dont je veux parler (enfin pas tout à fait).
Aujourd'hui, j'ai voulu re-tenter une expédition chez HEMA, j'ai donc regardé par la fenêtre de mon manoir très haut pour me renseigner sur la météo du jour. J'ai regardé le chat, qui regardait lui aussi par la fenêtre et on a dû se dire un semblant de même chose qui ressemblait à ça :
"Bordel ! c'est quoi toute cette couleur orange ?! " (oui mon chat parle, c'était un de mes souhaits pour 2012)
Tu te doutes bien, la couleur orange c'était pas les nuages qui avaient la chiasse mais c'était bien un pic de pollution.
A cet instant j'ai ressenti une immense lassitude, (je suis désolée mais là tout de suite je vais manquer d'humour et de courbes, mais tu peux partir si tu veux hein ! )
Une lassitude parce que ma fille de bientôt 18 mois a commencé à faire un crise d'asthme hier, j'ai cru qu'elle allait mourir dans mes bras, je me suis mise à lui hurler de respirer !
Oui ma fille tousse depuis 1 mois et demi et se tape des allergies au printemps, à la pollution, à ses parents.
Hier j'ai dû jouer de subtilité et d'inventivité pour qu'elle trouve ça marrant de se taper de la ventoline et des corticoïdes avec un énorme truc que même Dark Vador il aurait peur.
Hier j'ai vraiment cru que ma fille allait mourir dans mes bras et que j'allais perdre mon coeur, elle s'est mise à cracher un truc blanc et s'étouffer comme une fumeuse en fin de vie.
Du coup j'ai fait des recherches rapides sur la pollution de l'air et les enfants, j'ai trouvé un dossier de l'Organisme Mondiale de la Santé et c'est pas franchement glorieux, c'est même terrorisant : ici
J'ai également trouvé un dossier plus général : ici

Je suis lasse et découragée par l'ampleur du désastre, on pourrait bien se dire que l'asthme c'est pas la fin du monde, bien sûr, y'a pire dans la vie (comme des courbes par exemple, oui les gens ont de grandes occupations). Mais ce qui me préoccupe c'est que ça va s'empirer et s'aggraver, quand tous les pays en voie de développements auront atteints le même mode de vie et de consommation que les pays riches, qu'est ce qu'il va se passer ?
Comment ça va se passer quand prendre l'air dans un parc en ville sera synonyme de danger pour la santé (ce qui, entre nous, est déjà le cas).
Je suis bien consciente que je révolutionne pas le monde et qu'à priori on est déjà tous, plus au moins, au courant du constat écologique de notre planète, mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi il ne se passe rien ? pourquoi on ne change pas, pourquoi je ne change pas ?
Oui c'est formidable, on pisse dans sa douche, on utilise des couches lavables, des mooncups, des serviettes lavables, des cotons en tissus, des voitures avec de l'huile de golza, des enseignes qui vont enfin éteindre leurs lumières la nuit oui c'est formidable, mais qu'en- est- il de ces grandes industries qui polluent en silence ? de ce gaspillage quotidien que je fais, que nous faisons, qu'en est-il de ces centres villes qui débordent de voitures, de ces kilomètres d'embouteillages que je vois matin et soir en bas de mon immeuble ?  Où va-t-on ?

Je sais pas où on va. Vraiment, je me demande ce qu'on laissera à nos gamins, en attendant, aujourd'hui, je sais à qui je donnerais mon vote. Point barre. (comme dit quelqu'un que j'aime bien !)


Aubergine

lundi 5 mars 2012

Triptyque

Triptyque : Du grec, plier en trois (source : Wikipédia)


Tu vois même les ptits suisses sont triptyques dans leur genre



Va savoir pourquoi j'ai eu envie de titrer ce billet Triptyque. Mais en fait je crois bien que je sais.
Tout a commencé autour d'un tigre qui pleure et d'un polaroïd venu tout droit du japon par avion en première classe.
On a eu un échange sur la Grèce et il m'a dit que des enfants tombaient dans les pommes à l'école parce que leurs parents n'avaient pas de quoi les nourrir.
J'ai terminé mon tigre qui pleurait, je crois pas qu'il était au courant pour la Grèce lui, n'empêche qu'il pleurait quand même.
J'ai fait quelques clichés avec mon joli cadeau. La journée s'est finie.
Et lundi, ça a recommencé, la Grèce est revenue dans mes pensées, j'ai regardé tous ces gamins autour de moi, j'ai pensé très fort à ma fille. Je me suis demandée si notre tour allait venir et si ces gamins allaient tous tomber dans les pommes. Je me suis demandée aussi si c'était pas n'importe quoi de coller des restrictions alimentaires à des gamins pour des causes religieuses ou autres, surtout quand on sait ce qu'il se passe en Grèce. Je vous épargne l'Afrique.
Par un acte manqué, j'ai oublié les restrictions alimentaires, ils ont mangé de la viande à ma table. C'est la faute à la graisse.
Je me suis dit que je pouvais perdre mon boulot pour ça. Alors je me suis marée, j'ai trouvé ça drôle quand même. J'ai trouvé que le monde tournait à l'envers, perdre son boulot parce que tu as nourri un gamin.
On a tous bien digéré. La journée s'est finie.
Et lundi ça a recommencé. Je me suis demandée comment c'était quand j'étais petite. Je me suis souvenue d'un gâteau en forme de poisson pour le 1er Avril. Si ça se trouve ça n'était même pas à l'occasion du 1er Avril.
Finalement, j'ai allumé mon objet hi-tech et j'ai regardé un film : We need to talk about Kevin.
J'ai eu envie d'en parler et puis finalement plus.
N'empêche, que j'ai envie de conclure ce billet tout simplement : Si il y a un Dieu, il fait bien de ne pas exister. Et les poissons ont bien raison de faire des blagues les 1ers Avril.

Je vous laisse du clavier mais pas du coeur, et allez donc causer de Kevin, mais pas celui qui a raté l'avion, l'autre, celui qui n'a pas raté ses copains !

Bisous.

Aubergine

lundi 16 janvier 2012

Post-Partum

Post-Partum : La période du post-partum s'étend de la fin de l'accouchement jusqu'au retour de couches, c’est-à-dire les premières règles après la grossesse. C'est une période de nouveaux bouleversements à la fois psychiques et familiaux (période clef pour la mise en place de la relation mère-enfant, de la découverte du nouveau-né, de mutations familiales), mais aussi physique avec la perte brutale des repères physiologiques et anatomiques liés à la grossesse. Le post-partum est donc une période à risque de difficultés, parfois de complications, liées aux bouleversements de tous les repères d'une femme en particulier lorsqu'il s'agit d'un premier enfant, et qui mérite pour ces raisons un suivi et une attention particulière. (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Post-partum)






Dans mes lectures d'articles qui abordent le sujet de la maternité, il y a un sujet qui est passé à la trappe, hélas. C'est un sujet dont on parle très peu, on l'aborde vaguement avec le "baby-blues" : L'angoisse de la mort après la naissance de l'enfant. 
Je ne parle pas de l'angoisse de perdre son enfant, non, mais de l'angoisse de sa propre mort. La prise de conscience de sa finitude, de sa nouvelle place dans son arbre.
L'autre jour, j'ai donc fait une recherche google dans ce sens. Je suis tombée sur des forums où les jeunes mamans s'inquiètent de ressentir une peur aussi violente. J'en ai parlé autour de moi et j'ai lu ça , encore une fois on en parle rapidement et ce n'est même pas tout à fait le sujet. Mais le dossier est assez complet et plutôt clair.
Aujourd'hui j'en fait un billet, car cette angoisse m'est arrivée peu après la naissance de ma fille, c'était une obsession, j'avais pas envie de sauter par la fenêtre et en finir avec la vie (quoique) non j'avais simplement une peur démesurée de mourir. C'était à tel point que parfois ça m'empêchait d'être présente et disponible, de passer des bons moments.
J'en ai très peu parlé, je me disais que je devais être folle à liée et que j'allais finir tout droit chez un psy (encore une fois) et pourtant ! Cette angoisse violente a fini par passer toute seule.
En parlant autour de moi, j'ai pris conscience que j'étais loin d'être folle, et que j'étais loin d'être la seule à avoir vécu ça.
Je pense, a posteriori, que c'est une forme de dépression post-partum, je ne dirais pas "baby-blues" car je ne supporte vraiment pas ce terme. Il est réducteur et ne décrit absolument pas l'état émotionnel d'une jeune maman.
La première semaine qui a suivi la naissance de ma fille, j'étais complètement excitée, je ne dormais pas, je mangeais peu j'étais dans une euphorie totale. C'est également une forme de dépression post-partum. Ca s'appelle le "baby-pink" (si avec ça on a pas l'impression d'être au pays des bisounours) ou l'euphorie post-partum tout simplement.
Toutes ces émotions violentes que vit une jeune mère sont en fait courantes et normales. Elles deviennent inquiétantes et il est nécessaire de se faire aider quand elles persistent dans la durée et que la jeune mère se retrouve dans un état émotionnel si fort qu'elle ne pourra parvenir à se retrouver, sans une aide professionnelle.
Alors vraiment je vous invite à lire ce dossier il est très bien fait, c'est un dossier sérieux, bien expliqué. Je vous invite aussi à en parler autour de vous, si ça peut rassurer des jeunes mères c'est toujours ça de pris !
Je regrette d'avoir eu peur d'en parler. D'avoir eu peur qu'on me prenne pour une mauvaise mère. Qu'on me juge. Il faut en parler car il est nécessaire d'arrêter de voir la maternité comme un accomplissement magnifique et une perfection dont toutes les femmes se réjouissent. Non ! la maternité c'est aussi un gros raz de marée dans la gueule qui renvoie à son propre vécu inconscient, un inconscient qui nous a pas toujours préparé à tout ce bordel interieur !

Bonne lecture quand même et gardez le sourire !

Aubergine

jeudi 25 août 2011

Axiome

(un) Axiome :  Proposition évidente dont la vérité est reconnue sans démonstration. (source: linternaute.com)

Suite à un très bon article d' Annouchka sur le numéro spécial de Books : Tout sur la mère, les bonnes, les mauvaises et les autres. J'ai eu envie de me le procurer pour assouvir ma curiosité. C'est chose faite et je ne le regrette pas. Je ne vais, cependant, pas vous faire un résumé  (Annouchka le fait très bien). Je souhaite simplement mettre en lumière un article assez complet sur l'infanticide. Le meurtre d'un un enfant par sa mère.
C'est un article de Books (numéro spécial n°24 Juillet/Aout 2011) tiré du livre "Maternal effects in Mammals" un ouvrage collectif dirigé par Dario Maestripieri professeur de développement humain et Jill Mateo maître de conférence

Voici quelques extraits de l'article :

"Le meurtre d'un enfant par sa mère défie notre entendement et fait violence à nos émotions. Les cas d'infanticide maternel sont captivants, explique la chercheuse Rebbecca Hyman, parce qu'ils semblent violer une loi essentielle de la nature. L'affection d'une mère pour son bébé est considérée comme absolue, un produit de l'évolution grâce auquel les femmes sont dotées d'un instinct maternel nourricier.(...)"

" Dario Maestripieri a consacré l'essentiel de sa carrière au comportement maternel chez les primates. Il s'est plus précisément intéressé aux facteurs qui influencent les motivations d'une mère à l'égard de ses petits (...) La menace la plus  grave pesant sur le comportement maternel, aux conséquences potentiellement fatales, est un mal si répandu dans la société qu'il passe presque inaperçu: Le stress.(...)

Cette hormone (le cortisol) accroît la production de glucose et contribue à la métabolisation des graisses, des protéines et des glucides pour augmenter encore la glycémie. En quelque instant nous avons accumulé assez d'énergie pour attaquer ou fuir (...) Le stress prépare le corps à l'adversité.
Durant la grossesse et après l'accouchement, le taux de cortisol augmente de manière substantielle (...) Cette réaction est directement lié aux comportements qui visent à tenir l'enfant à l'abri du danger. (...)
Mais les périodes de stress prolongé ou excessif peuvent causer de graves dommages physiologiques (...) Elle peuvent aussi engendrer une mauvaise régulation de l'émotion (...) Les nombreuses études conduites par Maestripieri établissent corrélation entre fort niveau de stress et mauvais traitement chez l'enfant.

Pendant deux ans Maestripieri (...) ont mesuré la sécrétion de cortisol chez soixante-dix femelles (macaques rhésus) qui avaient toutes déjà étaient mères, et prélevé régulièrement sur chacune des échantillons sanguins. Ils ont également étudié leur comportement pour déterminer leur place dans la hiérarchie  L'étude a confirmé des résultats plus anciens faisant état d'une plus forte réaction au stress chez l'ensemble des mères, du moment de la conception jusqu'au sevrage. Toutefois, les plus fortes variations se produisaient chez les femelles de rangs inférieur, dont le taux de cortisol étaient quatre fois plus élevé. (...) Les enfants nés de mères subalternes risquent davantage  que les autres de mourir avant l'âge de 1ans."

"C'est découvertes sont-elles applicables à notre espèce? (...) La réponse ne saurait être plue claire : Les être humains sont en effet très différents des macaques. Ils sont bien pires. L'anxiété qu'engendrent les inégalités sociales parmi les hommes dépasse tout ce qu'on observe dans la nature. (...) Un rapport sur la violence et la santé de l'OMS révèle une forte corrélation, à l'échelle mondiale, entre inégalités et maltraitance.
DeAnn Gauthier et ses collègues de l'université de Louisiane, à Lafayette, ont conclu (...) Une pauvreté extrême côtoyant une richesse extrême est un facteur de stress, et donc de violence. Cela explique pourquoi le taux d'infanticide les plus élevés se rencontrent non pas dans les Etats les plus pauvres, mais dans les plus inégalitaires, comme le Colorado, l'Oklahoma et l'Etat de New-York, où ces taux sont trois à cinq fois supérieurs à la moyenne nationale. D'après ces chercheurs, les disparités tuent nos enfants au sens propre du terme."

Bien que cette étude sérieuse est vraiment intéressante et enrichissante, je me pose toujours cette question: Pourquoi faut-il de grandes recherches scientifiques, pour affirmer des choses qui  paraissent tomber sous le sens?
Est-il vraiment nécessaire d'aller étudier les macaques pendant deux années et encore plus pour mettre en lumière ce qu'une femme est capable de faire quand elle vit un grand stress?
N'est-il pas logique, qu'une femme se battant chaque jour pour se nourrir et nourrir son enfant soit en proie à un grand stress et une grande fragilité émotionnelle? N'est-il pas logique qu'en subissant une si grande pression elle commette l'irréparable?
Ne suffit-il pas simplement de questionner toutes ces femmes et de s'intéresser de plus prés à leur vie plutôt que d'aller s'occuper des macaques  ?


En tant que mère, je n'ai jamais manqué de rien. J'ai la chance de ne pas être au plus mal  le 15 du mois pour savoir si j'aurai assez pour payer les réparations de la voiture, les fournitures scolaires de mes enfants ou pour faire les courses et remplir le frigo. Je ne stress pas à chaque fois que je paye avec ma carte bleue en me demandant si elle va être refusée. A croire nôtre mode de vie j'ai beaucoup de chance. Et c'est bien scandaleux que ce soit une chance de vivre ainsi et non un dû. (Surtout quand je sais ce qui me met La Gerbe.)
J'ai pourtant vu, avec mes yeux d'enfants, ce que c'est pour une mère d'avoir peur pour ses enfants et de se savoir dans l'incapacité de subvenir à un besoin. Même en se sacrifiant toute entière. J'ai vu avec mes yeux d'enfants ce que l'inquiétude économique et une carte bleue refusée peut apporter comme angoisse  et engendrer bien plus qu'un stress. Je sais aujourd'hui, que c'est quelque chose qui me terrorise.

Je sais aussi que je participe, quelque part, à ce monde à deux vitesses. Je sais aussi, que je suis indirectement responsable du désarroi économique et social dans lequel se trouvent certaines femmes. Je ne vais pas faire une révolution et ce billet ne va pas changer la face du monde. Il n'a pas la prétention de s'ériger comme porte parole de quoi que ce soit.
Ce billet à simplement vocation, me semble-il, de mettre en lumière ce qui pour moi peut-être synonyme d'acte d'amour.

Macaques Rhésus
Photos ©Jonas http://www.leszoosdanslemonde.com/
PS/ Ceci est ma contribution pour les Vendredis Intello de MmeDéjantée.

Bisou

Aubergine