Affichage des articles dont le libellé est Mot caché. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mot caché. Afficher tous les articles

mardi 28 janvier 2014

Interrogation partielle

Interrogation partielle : à la différence de l'interrogation totale

Mantes-Station. Avant dernier arrêt.
J'ai toujours entendu que Mantes-la-Jolie c'était la grande banlieue qui fait peur.
Mais comme j'aime bien me faire l'idée des choses moi-même, j'ai décidé d'aller voir ça de mes yeux.
Non je ne vais pas à Mantes-la-Jolie pour me balader, j'y vais pour travailler, parfois.
Il faut presque 2h porte à porte pour y aller, et beaucoup de minutes à courir pour attraper le train. Oui il faut prendre un train.

La première fois que j'ai pris ce train j'avais les chocottes. Je pensais que j'allais me faire violer et découper en morceaux, puis qu'on donnerait mon corps à manger à des caniches. Je vous ai déjà dit que j'aime pas beaucoup les chiens et que je déteste particulièrement les Caniches ? Enfin je crois que ce que je déteste le plus ce sont les Yorkshires.
Quand j'en vois dans la rue, j'ai envie de l'écraser, c'est viscéral.
Bon, j'ai survécu, personne ne m'a découpée en morceaux. Ni même parlé. Ni même regardée.

Je descends à Mantes-Station quand je viens de Paris. Quand je fais le retour je pars de Mantes-la-Jolie. La différence s'explique par le terme "train direct".
Il faut bien marcher 10 minutes pour arriver à destination. Je dois traverser un carrefour et marcher sur le même trottoir presque tout le long. À chaque fois que je suis sur ce trottoir je longe plusieurs commerces. la plupart de ces commerces sont des pompes funèbres.

À chaque fois je m'arrête devant pour regarder les vitrines. Je trouve les tombes très cheap. La dernière fois que je suis passée y'avait une tombe en marbre avec un banc minuscule sculpté dessus. Je me suis demandée qui pourrait bien s'assoir sur un tout petit banc, sur une tombe. Personnellement, quand j'étais petite et que j'allais au cimetière, je faisais très attention de ne pas marcher sur les tombes des gens morts. J'étais terrorisée à l'idée de les écraser et de les tuer une seconde fois.
Du coup je faisais très attention où je mettais mes pieds, alors je m'imagine pas une seconde marcher sur tombe pour m'assoir sur un tout petit banc.

En fait les pompes funèbres c'est comme les fleuristes. C'est lugubres, gris, tristes et ça ne donne pas envie de voir à l'intérieur. Notez que je peux comprendre la raison pour les pompes funèbres.
La dernière fois que je suis passée devant, j'ai eu envie de rentrer à l'intérieur. Parler de ma propre mort avec un expert dans le domaine.
J'ai d'ailleurs repensé à cette série si parfaite : Six Fee Under. Mais j'ai abandonné l'idée, je n'arrive pas à savoir si je voudrais qu'on m'enterre ou qu'on me brûle.
Je me sens pas prête à me faire bouffer pas les vers, et j'ai pas envie d'être brûlée non plus. L'idée qu'on disperse mes cendres avec plein d'inconnus ça me fait le même effet que rester une heure dans le métro collé serré avec des inconnus qui puent.
Du coup je suis pas très avancée sur la façon dont j'aimerais qu'on s'occupe de moi après ma vie. En même temps je trouve ça affreux de laisser cette lourde tâche aux vivants.

En attendant de prendre une décision : les vers, les inconnus ou les Caniches. J'ai passé un accord avec moi-même. Ne pas mourir tout de suite et revenir plus souvent à Mantes-la-Jolie.




samedi 30 novembre 2013

Exercice d'écriture #1

Exercice d'écriture #1

Consigne trouvée sur ce site :
François Bon, Tous les mots sont adultes, p.27
Choisir une chambre parmi toutes celles qu’on a eues. Celle que les élèves ont maintenant, ou, de préférence, « celle où une fois ils ont eu plus de bonheur », ou une chambre inventée.
Inventorier « toutes les différentes manières qu’on peut avoir d’en parler. Ce qu’on voit de la fenêtre, quand on s’y est perdu au milieu de la nuit. Les cachettes qu’on s’y faisait. Les saisons. Les bruits, bruits de la journée quand on y est mais qu’on ne devrait pas y être, les bruits du dimanche, les bruits de la nuit. » (p.28)


La chambre où j'ai eue le plus de bonheur. 
En voilà un drôle de sujet d'écriture.

Parler de cette toute petite chambre, aux couleurs automnales, peinte au gant de toilette et au pinceau, avec tous les restes de peinture trouvaient dans la cave de la maison ?
Je me souviens que j'y trainais bien avant qu'elle soit désignée officiellement comme ma chambre. Elle était toute petite, c'était une ancienne cuisine provençale avec seulement deux petites fenêtres. Une qui donnait sur un toit. L'autre qui donnait sur la pièce noire et rouge.
On ne pouvait y voir qu'un petit bout de ciel et l'ombre des arbres bougeait quand il faisait nuit. Si jamais le mistral hurlait par la la cheminée, que j'avais pris soin de bloquer avec une planche en bois, on pouvait croire que des fantômes venaient me rendre visite. Parfois la planche se soulevait, me sortant de mon sommeil et m'obligeant à la replacer. 
C'était la seule chambre à coucher du bas. La chambre où on entend tous les bruits de la rue, la porte qui s'ouvre, la vie d'en haut, les pieds de mes soeurs qui tapent sur les tomettes provençales. Le bruit de la TV qui vient de la pièce noire et rouge. 
Dans cette chambre je pouvais entendre tous les bruits de ma vielle maison. Les bruits rassurants de la vie. Je ne suis pas seule.
Peut être que c'est pour cette raison que j'aime les immeubles aujourd'hui. Le bruit de la clé de la serrure de la voisine. Le bruit de l'ascenseur. Le bruit des voix de mes voisines, qui me rappelle qu'il est presque 18h30. 
Dans cette chambre minuscule, je me sentais comme dans l'eau. Flottante et bienheureuse. La tête de cheval en osier appartenant à ma mère, accrochée à l'autre fenêtre qui donnait dans la pièce noire et rouge. La pièce noire et rouge où s'échappait le bruit de la TV et les réactions des spectateurs. 
Je dormais sur un minuscule lit en futon, chargé d'histoire. J'avais une lumière tamisée. J'y passais des heures dans cette chambre, regardant le plafond et toutes les couleurs peintes par chacun de nous. Celle que j'aimais le plus c'était la couleur verte foncée peinte sur les petits carreaux du mur où un évier sans eau vomissait un nombre incalculable de choses que j'entassais. 
Dans mes souvenirs c'était un évier en terre cuite. 
Au dessus de ma cheminée à fantômes, je mettais les cartes reçues pour mes anniversaires. Je me souviens d'une en particulier, envoyée par mon père. Quand on l'ouvrait elle faisait un bruit d'alarme de voiture. Sur la carte, une Betty Boop faisait la moue, comme à son habitude, et touchait une voiture avec sont doigt. On pouvait lire dans la bulle de bande dessinée, au dessus de l'icône de mode : "Tu es ma star". À force d'ouvrir cette carte qui trônait sur cette cheminée, j'avais usé la pile. L'alarme de la carte suffoquait on sentait qu'elle arrivait au bout, et je l'obligeais à sonner encore, juste pour le plaisir de la voir s'éteindre petit à petit. 

Un matin d'été, aux aurores, je me suis faite réveillée par mon grand frère qui était passé par le toit pour toquer à ma fenêtre. 
Ma mère ayant oubliait de laisser la porte ouverte. 
Mon frère adorait faire des expéditions dans la garrigue la nuit. Bien souvent il était accompagné d'un régiment, c'est à dire nous.
On faisait des campements et nous y passions la nuit. Le plaisir de se faire peur avec les sangliers et autres bêtes qui rodaient autour de nos tentes. Plus tard, après de nombreux campements d'infortunes, on a construit une véritable cabane en bois. Mon frère avait même pris soin d'y faire un petit jardin. On avait également construit un pont pour s'y rendre plus facilement. Il me semble bien que mon frère avait installé une balançoire aussi. C'était notre maison de vacances perdue au milieu de la garrigue. Notre maison d'enfants. On avait toujours des idées incroyables, surtout mon frère. Il avait le don de nous entrainer dans ses folles aventures.
Bien entendu, c'était totalement interdit de faire quoi que ce soit de ce genre, en plein milieu de la garrigue. Mais nous étions réputés dans le village pour faire que des choses interdites, ou des choses qui dérangeaient particulièrement les vieux provençaux aux mentalités étroites. Ma mère passait un nombre d'heures incroyables à s'engueuler avec les voisins. 
Entre notre péage dans la rue, nos inventions bruyantes, nos jeux infinis qui nous poussaient à crier ou encore le bruit des moteurs de nos petites motos. Tout était prétexte pour qu'un voisin sonne à notre cloche de bateau et rappelle à ma mère à quel point nous étions bruyants. J'avais d'ailleurs un plaisir infini à voir la façon dont ma mère envoyait paître le voisin qui osait s'aventurer au-delà de la cloche à bateau. Une répartie cinglante. Aucune diplomatie. Pourtant après notre départ, j'ai su que nous avions laissé un grand vide dans ce village.

Ce matin là, je ne sais plus pour quelle raison je n'avais pas participé à l'expédition nocturne, toujours est-il que mon frère tambourinait à ma fenêtre. Heureusement, il avait le bras fin, car en plus d'être toute petite, ma fenêtre avait des barreaux. Cette fenêtre n'avait rien pour elle. Je m'étais levée pour voir qui osait me réveiller si tôt. Apercevant mon frère et pensant qu'il me faisait une blague, j'avais grogné des mots en retournant me coucher. Mon frère avait redoublé d'effort avec la fenêtre. J'avais fini par céder et sortir de mon sommeil pour leur ouvrir la porte d'entrée. 
Mes soeurs s'étaient précipitées les premières dans la maison, enroulées dans leurs couvertures, et mon frère avait suivi.

Dans cette chambre j'étais la gardienne de la maison. Quand nous sommes partis, j'ai été incapable de revenir dans ce village. Ni même dans cette maison, chargée de nos exploits d'enfants.

***

Comme j'ai du temps, j'avais envie de me mettre à l'exercice d'écriture, si vous avez envie de participer c'est avec plaisir. C'est plus sympa à plusieurs hein, comme la partouze. Alors vous pouvez reprendre la consigne et faire sur votre blog, en commentaire, par mail me faire lire ou pas. C'est libre, c'est pour le plaisir.

Bisous

Aubergine







vendredi 22 juin 2012

Noir

Noir : Absence de couleur.

C'était il y a deux ans. Shootée à l'adrénaline. Nageant dans un flot d'excitation et de bonheur.  Plongée à corps perdu dans cette aventure. Accompagnée de ma petite fille, dont je ne connaissais, que les coups de pieds et les hoquets intempestifs. J'étais devenue jeune mariée et demoiselle d'honneur. J'étais une jeune mariée salie, me retrouvant dans un mariage potache et ridicule. J'étais prisonnière, pour mon plus grand plaisir, des mots de Brecht et de Lagarce.
J'attendais que La Noce me sépare de cette folie des planches.

Aujourd'hui, j'y retourne, je suis cet homme qui a crée ce jouet, je suis cette homme qui a rendu poussière des villes entières.
Cette fois-ci personne ne m'accompagne, je suis seule sur ces planches. Je vais être ces gens, je vais être ces autres qui te donnent du plaisir (coucou Céline). Je vais jouir de vivre la vie de quelqu'un d'autre.

Une schizophrénie que beaucoup de comédiens connaissent.

Encore une fois je ressortirais de cette démence, grandi, plus solide, plus réelle. J'attendrais. Un peu. Et quand le manque sera trop lourd. J'y retournerais. Je ne m'arrêterais plus jamais. JAMAIS.

Ce que nous voulons, c'est retourner à nos tâches réelles. 

C'est maintenant que ça commence.

L'homme de sciences a franchi ces dernières années les limites de l'orgueil, il a fait connaissance avec le péché.

Rideau


jeudi 7 juin 2012

Autisme

Autisme : Etre dans notre monde à sa façon.

Vous devez me prendre pour une dingue (enfin si ce n'est pas déjà le cas) avec mes billets qui vont dans tous les sens, et mon blog toujours plus bordélique.
Je ne ferais donc pas défaut aujourd'hui (encore une fois) au bordel dans ce blog. On va parler sérieux.

J'ai envie de vous causer de l'autisme. Que les choses soient clairs : Je n'y connais rien. (juste quelques trucs que j'ai pu lire jusqu'à présent)



Dans mon travail, je suis entourée d'enfant. Je m'occupe avec toute une équipe, d'accueillir les enfants pendant les temps de loisir (c'est bon vous avez compris c'est quoi mon travail ?)
Je ne suis pas rattachée à une seule école, chaque semaine, on m'appelle pour m'indiquer dans quelle école  de ma commune je travaillerai . Et chaque semaine ça change, même si je finis par retourner dans les mêmes écoles.
Pour le suivi des enfants et de l'équipe c'est pas évident. Chaque école à son propre fonctionnement, ainsi que les équipes. L'avantage, quand même, de travailler de cette façon, c'est que tu as une vision extérieure sur la manière de fonctionner d'une équipe. Tu es en observation permanente. Tu n'es pas parasité par les problèmes internes d'une équipe d'animation (et que toutes équipes dans n'importe quel boulot peuvent rencontrer). C'est très formateur.
Bref, y'a quelques temps, on m'a parachutée dans une école dont je commence à plutôt bien piger le fonctionnement. Dans cette école il y a une petite fille autiste.
On m'en avait vaguement fait part la première fois que j'ai atterri par ici. Mais sans rentrer dans les détails. Et sans même me dire qui elle était. J'ai compris toute seule, assez rapidement, qui était cette petite fille différente de moi. Je l'ai beaucoup observée, c'est une petite fille très attachante, qui vit dans son propre monde, elle tourne sur elle-même pendant des heures, et frappe dans ses mains. Il lui arrive de pousser des petits cris. Elle suit le mouvement mais ne participe à aucune activité. Elle ne parle pas. Elle baragouine, dans son propre langage, des sons. Elle observe beaucoup les gens autour d'elle. La première fois qu'on s'est rencontrées, elle est restée assez distante vis à vis de moi.

Lors de notre deuxième rencontre, elle a pris mon visage dans ses petites mains froides et m'a souri. J'étais assise sur un petit siège d'enfant. J'avais les mains croisées, elle les a prises, les a détachées, et s'est assise sur moi. S'en est suivi d'une inspection très minutieuse de mon visage et enfin d'un câlin, comme pour me remercier de lui avoir, ouvert un peu de moi. Et la journée a continué normalement.
Pourtant, la dernière fois que je suis venue travailler dans cette école, la petite fille n'avait pas la forme. Elle a pleuré plusieurs fois dans la journée, comme ça d'un seul coup. Sans que je puisse en comprendre la raison. Elle paraissait pas dans son assiette. Aux dires de mes collègues ça fait quelques temps qu'elle est comme ça. Faudrait le dire à ses parents. Elle n'est plus bien avec nous.
J'étais pas vraiment d'accord avec eux. Si pour chaque enfant qui rencontre des difficultés, on doit en avertir les parents pour qu'ils retirent l'enfant en question, on n'aurait plus beaucoup d'enfants à s'occuper.
J'ai beau eu dire, qu'elle vivait peut être une période difficile chez elle, personne n'a entendu ma proposition. Y'a toujours un brouhaha incessant dans cette équipe. Un sérieux manque d'écoute et beaucoup de décibels.
J'en ai discuté avec la directrice en lui disant qu'elle avait peut être mal quelque part, elle se sentait peut être patraque. Mais même ça, c'était irrecevable parce qu'on ne pouvait pas savoir où elle avait mal, vu qu'elle ne parlait pas.
La discussion avec ma directrice a continué sur l'accueil des enfants handicapés. Depuis 2005 le gouvernement a mis en place une loi pour l'accueil des enfants handicapés dans les milieux scolaires ordinaires et au plus près de leur domicile. Sur le papier je trouve ça formidable. Mais dans la pratique c'est vraiment pas ça. Et pourquoi ?
Et bien tout simplement parce qu'aucune formation n'est proposée pour accueillir ces enfants dans les meilleures conditions. Personne ne m'a appris comment être et comment faire avec un enfant autiste. Alors bien entendu on fait marcher sa jugeote et on essaye. Mais si je faisais quelque chose de mal ? si ma façon d'être et de faire n'était pas la bonne ? et bien personne ne pourrait venir me le dire. Parce que personne n'a reçu de formations à ce niveau là sur mon lieu de travail.
Aucun professionnel n'est venu dans cette école pour proposer un meilleur accueil avec l'enfant, que ce soit dans les activités où dans la vie quotidienne. Je ne vous parle même pas des moyens financiers qu'on a pas.
Alors pour toutes ces raisons, je trouve qu'encore une fois c'est une loi pour faire bien dans les livres. Et encore une fois on laisse les professionnels de l'enfance se démerder avec la pratique et toujours au détriment de l'enfant.

En fin de mâtiné, la petite fille a eu un gros chagrin, pleine de frustration elle s'est assise pour déverser toute sa tristesse. Que faire ? comment réagir ?
La salle était bruyante. Elle devait s'ennuyer et la directrice s'était fâchée contre elle, parce qu'elle voulait mettre le bazar sur son bureau. Peut-être qu'elle était fatiguée ? Qu'elle avait faim ?
J'ai alors arrêté mon activité. J'ai laissé une vingtaine de gamins à ma directrice. J'ai pris la petite fille par la main et on est allées se promener. Elle a toute suite arrêté de pleurer. On s'est amusées toutes les deux dans la cours. Elle a regardé les oiseaux chanter. Elle a éclaté de rire toute seule. C'est alors que je me suis mise à sa hauteur, je l'ai regardé droit dans les yeux et je lui ai dit : Je te demande pardon, parce que je ne te comprends pas et ça doit être dur pour toi. Mais je te promets que j'essaye de faire le maximum pour que tu te sentes bien ici.
Je ne sais pas si elle m'a entendue, ou si elle a compris. Mais je sais que pendant quelque minutes elle se sentait mieux cette petite fille.




dimanche 20 mai 2012

Tout un monde

Tout un monde : En tout cas celui d'Hélène Ventoura.

Il y a des quartiers de Paris qui me rappellent avec beaucoup d'émotions, mes premières fois. C'est toujours avec une nostalgie et une pointe d'amertume que j'y retourne. Toute cette vie d'avant. Toutes ces traces de pieds qui se sont effacées depuis la dernière fois.
Souvent, quand je me promène seule dans Paris, je m'efforce, de me rappeler la sensation qui me parcourait à cette époque : Ce tourbillon, cette effervescence. C'était mon opium à moi. Une incommensurable joie d'être à cette ville.

Parfois, je retourne dans ces lieux, plus pour les mêmes raisons mais toujours, avec, l'infime espoir, de revivre ces souvenirs et cet opium. Un peu comme une vieille amoureuse.
Et parfois ça fonctionne. C'est grâce à une jolie fille qui fait des bulles, elle m'a soufflé une goutte de savon et m'a embarquée pour Tout un monde.

Tout un monde, c'est le dernier spectacle d'Hélène Ventoura, un monologue clownesque. Mais sans perruque et sans sourire, enfin si, le sien. Et le nôtre.
C'est un clown lunaire et désarticulé qui vient dans sa lumière, nous raconter une histoire, celle de Cendrillon. Mais ce n'est pas une simple histoire de Cendrillon, c'est LA véritable histoire de Cendrillon. Celle où elle n'a pas écouté sa marraine la fée, où elle a fuit son pays, prête à trouver le véritable amour, celui qui la fera vibrer. Non, ce n'est pas l'amour qui lui était promis comme sous la plume de Perrault et des Frères Grimm. Ce sera le sien.



En chemin, elle rencontrera beaucoup de monde cette Cendrillon, son conteur ne doit surtout pas perdre le fil de cette aventure cocasse. Beaucoup de monde va mourir dans son histoire, tout autant qu'il en ressuscitera. Cendrillon va être à l'origine de grands bouleversements, elle va créer un raz-de-marée, se transformer en nain, mais aussi en géant. Elle deviendra sirène et aussi lapin blanc. Elle aimera tout un tas de personnes. Pourtant, un seul amour vivra avec elle dans sa maison en forme de coeur.
Notre conteur clownesque nous fera hurler de rire, même en nous parlant du pays de la solitude et celui des regrets.
Et tous ces mots infinis qui vont se dérouler sur ce fil hilarant. Dans ce monologue, on va rire, beaucoup, et pleurer un peu. Parce que, sous toute cette folle histoire, un clown nous raconte à demi-mots, à quel point il est dur de mener sa vie, d'être une femme, de faire ses propres choix et surtout de se tromper.

Evidemment, je ne peux que vous conseiller d'aller écouter ce que dit ce clown si attachant. Et je peux vous assurer que vous n'aurez plus jamais peur des clowns après ça !
On vous emmènera au Paradis et vous passerez un chouette moment. D'ailleurs, vous venez avec moi ? j'y retourne !

Informations : Tout un monde au Théâtre du Lucernaire jusqu'au 23 juin 2012, tous les soir à 21h du mardi au samedi. Réservation : 01-45-44-57-34

mercredi 25 avril 2012

Ménage

Ménage : De manière générale, un ménage, au sens statistique du terme, désigne l'ensemble des occupants d'un même logement sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté (en cas de cohabitation, par exemple). Un ménage peut être composé d'une seule personne. (source : L'Insee)

Quand les semaines, les journées et les heures me paraissent interminables, asservissantes je fais du ménage. Mais par n'importe quel ménage, je fais le ménage qui soulage, le ménage improbable. Par exemple, je ne récure pas les chiottes, je ne passe pas la serpillière ou ne fait pas du repassage.
Non, je fais un ménage du détail, je prends le temps, j'observe les pièces de mon appartement et je trouve quelque chose de sale, laissé là, au milieu. La dernière fois j'ai commencé par la glace de ma porte d'entrée. Elle était envahie d'empreintes de doigts.
Il devait être 21h j'étais épuisée. Pourtant, quand, mon index, a écrasé le bidule blanc qui sert de pshit à mon lave vitre, j'ai ressenti du bien être et ma fatigue s'est envolée.
J'ai nettoyé ma glace dans le détail, j'ai déposé mes yeux sur les moindres recoins aux alentours, j'ai remarqué que ma porte d'entrée était moche. J'ai ressenti la nostalgie des clichés de Polaroïds. J'ai souri bêtement de nos photos d'identités découpées grossièrement avec nos têtes d'enfants. 
Quand je choisis un endroit, je ne sais pas d'avance où je vais continuer, je me laisse porter, mais le seul mot d'ordre qui me vient  : Soulagement.
Toujours le même soir, j'ai nettoyé mes interrupteurs, c'est petit, c'est jouissif à nettoyer. Toujours avec mon pshit à vitre j'ai nettoyé ces petits carrés beiges qui régentent la lumière. J'ai, alors, vu nos casques de vélo, j'ai eu envie de soleil et de balades. J'ai été happé par la poussière de ma bibliothèque et là c'était comme un manège à sensation. Retirer la moindre poussière tout en observant les moindres objets, les moindres détails. C'est violent.
Tout m'est revenu dans la figure, nos cinquante ans, nos vacances, mes livres, mon théâtre, nos photos. Cette après-midi dégueulasse et grisante où on a dépensé 30 euros pour un photomaton.
Puis j'ai fini dans les toilettes, j'ai  seulement nettoyé le bouton de la chasse d'eau, je me suis dit que ça devait être plein de microbes, avec toutes les personnes qui sont passées dans ces toilettes. Et même qu'elles devaient avoir des restes de merde et de pisse de pleins d'autres inconnus grâce au bouton de la chasse d'eau. C'est avec frénésie que je suis passée aux poignets de portes, et j'ai imaginé toutes les mains qui se sont posées sur ces poignets, des mains par forcément amicales d'ailleurs. C'est horrible en fait, on ne pense jamais à nettoyer des poignets de portes. 
Du coup tout en réfléchissant aux personnes qui sont entrées, un jour, dans mon appartement, je suis allée astiquer les portes des placards de cuisine. Mais là, j'ai été arrêté par de l'eau bouillante. J'ai du me déshabiller et m'enfuir dans un bain en mangeant des chips.
Parfois, je passe juste un coup de balais, ça suffit à me rappeler que mes journées, certes, peuvent être épouvantables mais pas ma vie.



Oui je me sens souvent comme cette petite souris qui galère dans sa roue. 

Aubergine

mardi 14 février 2012

Charaton the Bridge

Charaton the Bridge : La ville de l'amour 2.0


Quand j'ai ouvert ce blog, j'étais loin de me dire que j'allais faire un fucking billet de guimauve qui pue la rose. Surtout le jour de la Saint-Valentin, mais que voulez-vous, je suis rien qu'une fille à la praline.

J'ai jamais eu de surprises extraordinaires pour le jour de la Saint-Valentin (j'en ai jamais faites non plus, hein).
Je me souviens d'une après midi de Saint-Valentin où j'étais allée chez une amie et quand nous avions ouvert la porte de sa chambre, laisse moi te dire que j'avais faillit gerber : Des roses partout, deux belles robes posées sur sont lit, un bouquet de roses rouges avec une bague à l'intérieur. (NB: Je venais de me faire larguer, par un mec dont j'étais folle amoureuse).
Je ne sais pas par quel miracle j'avais réussir à garder une espèce de contenance, j'étais restée souriante, ravie pour elle, pas du tout jalouse (non évidemment).

En fait au fond de moi, je suis une vrai midinette hystérique, surtout en ce qui concerne la relation de couple. Bien évidemment je rote et je pète à la tronche de mon mec, mais bon, à côté de ça j'adore me faire les ongles et me mettre des crèmes sur mes longs poils de jambes.
C'est là que le bas blesse, mon mec c'est pas le plus fortiche pour les surprises de midinettes, c'est le genre à m'offrir un vélo, un chat, un livre sur l'économie histoire que j'aie une culture autre que le nail art ou même un jeu de tarot, ou un pot de fleurs que j'ai laissé crevé d'ailleurs.
Non mon mec il ne m'offre pas de bagues, pas de bijoux, de robes, de WE, de restaurants. A chaque fois c'est moi qui lui offre ou lui fait une demande.
Par exemple, pour nos 1 an de vie amoureuse, je l'ai supplié de m'emmener manger sur une péniche, oui oui tu as bien lu, sur une péniche. Je voulais un truc kitshissime et surtout je voulais avoir fait ça une fois dans ma vie. C'était très sympa, surtout si tu aimes les ambiances maisons de retraites.

Bref, tu l'auras compris, mon mec il est extraordinairement pas midinette, même si souvent je me dis que c'est une fille avec une paire de couilles tellement qu'il est sensible ce garçon, d'ailleurs c'est moi qui l'ai demandé en mariage, pour tout te dire, avec le genoux à terre et la bague dans son écrin. Bien sûr il a dit oui. Mais c'est tout. Il ne m'a jamais dit clairement qu'il voulait qu'ont s'épousailles.
Et ce matin il m'a bluffé, il m'avait dit que sa surprise n'avait pas marché, il avait l'air super déçu, il m'a envoyé son message d'amour via SMS, et pourtant quand j'ai vérifié, elle était bien là, sa surprise.

Avec toi, j'irai vers l'infini et au-delà.
Marions-nous !
Hisaux pour l'Aubergine

J'ai pleuré évidemment, et au fond de mon coeur je l'ai aimé encore plus fort. Ce sont nos matins enchantés qui puent les prouts et nos haleines fétides qui se mélangent à nos "bonjour", ce sont nos jeux de mots inventés, nos fous rires quotidiens, nos blagues pourries inventées qui ne font hurler de rire que nous, c'est lui, notre histoire depuis bientôt 3 ans. Mais surtout ce sont ses surprises, les moins midinettes, mais les plus surprenantes !

Je t'aime, ton Aubergine.

vendredi 23 décembre 2011

Jeunesse

Jeunesse : Cet instant qui s'échappe sans qu'on ait pu le saisir.



Je me souviens, de nos jeux sans fins, de nos constructions en kapla, de nos cabanes dans toute la maison, de nos jeux dans la garrigue, dans la cabane en bois que nous avions nous-même construite, de nos constructions de ponts-levis.

Je me souviens, de nos étés pieds-nus et du goudron qui nous brûlait la plante des pieds quand on partait en courant sur le chemin de la plage.

Je me souviens, de nos étés avec plein de glaces, du marché du jeudi. Des balades en carriole, des amis qui venaient de partout.

Je me souviens, de nos premières réalisation de films et de nos parodies d'émissions de télés. Je me souviens aussi de notre téléphérique où l'on y mettait nos chats et aussi M. Je me souviens de nos bains de minuit.

Je me souviens, de nos batailles d'eau. De nos anniversaires.

Je me souviens, de nos nuits blanches à partir en expéditions dans le village et finir par s'endormir sur le hamac du jardin. Je me souviens de nos spectacles, de nos déguisements. Je me souviens de nos courses dans l'escalier mortel. Je me souviens de nos jeux sur l'ordinateur. Je me souviens de nos balades en motos dans la garrigue. Je me souviens de nos piques-niques dans cette garrigue.

Je me souviens, de nos colères, de nos disputes et de nos claquements de portes.

Je me souviens de notre péage, je me souviens de nos courses à vélos, de nos expériences avec nos hamsters. Je me souviens de tous ces bébés chats qu'on a eu. Je me souviens de ces soirées sans fin à jouer aux cartes. Parfois sous la vigne. Parfois dans le jardin entouré de la glycine.
Je me souviens de nos séances télés, je me souviens de nos jeux de coiffeur. Je me souviens de nos fous-rire.

Je me souviens, de ce bruit de bonheur qui nourrit mon coeur, beaucoup plus que celui des chagrins.

Oui je me souviens aussi de nos chagrins. De ces casseroles que la vie nous a envoyé dans la figure. Mais je me souviens aussi de notre amour qui a su faire des pieds de nez à ces casseroles.

Aujourd'hui le temps à galoper plus vite que nos rires d'enfants. Aujourd'hui ces souvenirs sont avec nous. Alors un Joyeux Noël, à celui qui nous a quitté trop vite, à ceux qui ont suivi d'autres chemins, et à vous qui êtes à prés de moi aujourd'hui. Ma fratrie F. V. J. A. M. T. mais aussi B. Je vous garde au creux de ma main.

Aubergine sur les platines des doux souvenirs.

mardi 18 octobre 2011

Soufflons

Soufflons : Verbe du premier groupe qui se veut pluriel (source : mon humble avis)

Merci à toi Zelda,  pour très touchant présent !


Hier c'était mon passage dans la vingt troisième année. Je n'ai pas soufflé ces vingt deux bougies je n'ai pas mangé de gâteau, j'ai bu de la bière et picoré des chips. Puis, fatiguée de cette journée, je suis allée, seule, me coucher dans un lit froid.
Sans m'en rendre compte, le sommeil m'a attrapé et j'ai rêvé de mes amis du collège, de ma vie du lycée, et de cette vie que j'avais, dans cette maison faite de pierres et de sable.
J'étais sur ma mobylette bleue, ce drôle d'engin qui pouvait me transporter où je voulais. J'étais sur ma mopette bleue, c'est comme ça que je l'appelais, et j'allais rendre visite à toute cette vie d'avant, en sentant que les choses n'étaient plus.
Pressentant, que ce rêve devenait une réalité bien trop affreuse, je me suis réveillée en sursaut. Suffoquant, j'ai regardé l'heure, il était déjà le lendemain. J'ai, alors, senti une chaleur prés de moi, une chaleur qui ne m'avait pas effleuré pendant mon rêve, je me suis blottie contre. Et cet étrange rêve a repris là où il s'était arrêté. Quand, enfin, cette visite onirique a cessé, je me suis réveillée en comprenant.
Je n'aime pas les débuts et encore moins les fins. Je suis devenue bien trop sensible au temps qui passe et quand ce fameux temps qui passe est marqué par la réalité, je crois que l'émotion est trop vive.
Peut être que je ferais mieux l'année suivante, en attendant, je te demande encore pardon, toi qui ne sais pas toujours ce qui cloche au fond de moi et qui, malgré les secousses, compose quand même avec.
En attendons soufflons et tournons la page.

Aubergine

jeudi 6 octobre 2011

Désir

Y'a quelques jour, voir quelques semaines, c'était bien un jour ça c'est sûr,  j'ai reçu un drôle de courrier dans ma boite au lettre virtuelle. Un courrier Anonyme en plus !
J'ai eu les larmes au yeux et je me suis souvenue, moi aussi, dans cette étrange période qu'est la grossesse, que j'ai abrité ce mot dans ma caboche.

Chère Aubergine,

J'ai lu que tu recueillais des mots dont plus personne ne voulait, mais est-ce que tu me garderais quelques temps un mot qui ne veut plus de moi ? Genre tu le mets en garderie, tu lui donnes des compotes et tout, mais il garde la petite étiquette avec mon nom dessus, et je peux venir le rechercher ?

Ce mot-là c'est désir. Et j'imaginais pas le lâcher un jour.

Désir, nom masculin (Dictionnaire de la langue française)
Sens 1 Envie, fait de vouloir quelque chose. 
Sens 2 Chose désirée.
Sens 3 Attirance, appétit sexuel.

Je suis enceinte de 8 mois et ça fait 8 mois que ma vie sexuelle a l'encéphalogramme plat.
Je suis complètement perdue en fait.

Au premier trimestre j'avais pas envie. J'avais peur de dégueuler sur mon partenaire. Je ne juge pas ceux que ça excite, note bien, mais nous, non.
Ensuite j'ai pris beaucoup de poids. Mon ventre est devenu proéminent, magnifique. Mon compagnon et moi on peut le regarder des heures, le caresser, s'émerveiller. Encore plus depuis que le petit gars dedans le fait bouger.
C'est sensuel, si on veut. Mais alors pas libidineux pour un sou.

Tu me diras, et l'homme ? Lui est bouleversé par mes nouvelles formes. Enfin par mon ventre surtout. Il remarque à peine mes seins qui ont triplé de volume. 
Lui non plus n'a pas envie.

Tu me diras, hé bien voilà, il n'a pas envie, tu n'as pas envie, personne n'est frustré. C’est une période sans et puis c'est tout, c'est pas grave, vous retrouverez le chemin de la baise joyeuse dans six mois ou un an (Oui je doute que les affaires reprennent juste après l'expulsion de la crevette), personne ne souffre donc ne te prends pas tête. C'est normal, ça arrive, période de grands bouleversements, émotionnels, hormonaux.

Sauf que si, j'en souffre. Je ne suis pas vraiment frustrée sexuellement (vu que je n'ai pas envie de sexe) mais je suis frustrée de désir (j'ai envie d'avoir envie, comme dit le poète).
Ça a vachement d'importance le sexe pour moi. Et puis j'ai peur que ça revienne jamais.
Si ça se trouve j'aurai plus jamais envie, lui non plus. Alors que misère, on adore faire l'amour ensemble, c'est quand même trop con.

En fait j'étais persuadée que j'allais être une furie du sexe pendant la grossesse. Que j'allais me trouver belle, que j'allais être sensuelle et bourrée d'hormones. En fait je me trouve belle, mais lourde, pas du tout libre de mes mouvements. Pour la sensualité ok aussi, mais là encore c'est une sensualité pas vraiment sexuelle, concentrée sur la tendresse. Mon homme et moi on regarde mon bide les larmes aux yeux, bizarrement on n'a pas envie de se sauter dessus pour tenter la toupie sénégalaise. Et les hormones, à part me rendre encore plus hypersensible que d'habitude ...

Hier soir j'en ai pleuré. C'était pas seulement les hormones. 
Le truc c'est que je m'étais jetée sur mon homme, ouais, youpi, j'avais eu envie, première fois depuis plusieurs semaines ou mois, et ... je l'ai chatouillé. Sans faire exprès, je veux dire.
D'habitude ça m'aurait fait marrer aussi (je rigole beaucoup pendant l'amour, ben ouais, c'est quand même pas tragique comme activité) et je serais repartie derechef à l'assaut.
Là ça m'a tout coupé, je me suis dit que j'étais nulle décidément, et j'ai fondu en larmes devant le pauvre homme qui n'y comprenait mais (et qui a dû se la mettre sur l'oreille) en disant "chuis fatiguée, chuis fatiguée, c'est rien, c'est pasque chuis fatiguée". Et puis je me suis endormie dans la foulée (comme quoi j'étais fatiguée).

Alors voilà, je te laisse mon mot adoré. J'espère passer le chercher dans pas trop longtemps, mais là, je sais plus quoi en faire. Je suis à peu près sûre que chialer dans mon oreiller va pas nous aider à être en meilleurs termes, tu vois. Donc je te le confie, pour quelques temps. 
Tu en prends soin.
Tu découds pas l'étiquette.



©AubergineDivine


Bisou


Aubergine